Publié le 21 août 2026 à 15:10

Benjamin André, milieu de terrain et capitaine du LOSC.

Crédit Photo : Le Petit Lillois / Quentin Delcourt

Par - Catégories : Football, LOSC-

À quelques jours du premier déplacement de la saison à Angers, Benjamin André est revenu sur les nouvelles règles arbitrales de cette saison 2026-2027, mais aussi, plus largement, sur sa relation avec le corps arbitral au fil de sa carrière. Le capitaine du LOSC n’a pas mâché ses mots.

Un nouveau règlement qui « perturbe plus qu’autre chose »

Cette saison, après un Mondial 2026 marqué par des nouveautés, plusieurs ajustements font leur apparition : champ d’action élargi pour l’assistance vidéo, mise en place de compte à rebours, plus de responsabilités données aux capitaines… Une réunion avec Stéphanie Frappart a permis aux joueurs de se familiariser avec ces changements, dont l’objectif affiché est de fluidifier le jeu et de limiter les pertes de temps. Benjamin André en comprend la logique, mais ne cache pas ses réserves : « Je suis plutôt traditionaliste. Je comprends leur logique, c’est d’essayer de fluidifier, d’éviter qu’on gagne du temps. Ce sont des petites choses qui perturbent plus qu’autre chose, c’est mon avis personnel. »

Le milieu lillois insiste surtout sur la nécessité pour l’ensemble du groupe d’être informé de ses changements, tant l’impact peut être important sur le cours d’un match : une seconde de trop prise par le gardien sur une remise en jeu peut désormais coûter un corner à l’équipe adverse. « Il faut
que tout le monde soit au courant pour qu’on évite le maximum les petites bêtises. Parce
qu’elles peuvent avoir une grosse influence. »

Le rôle de capitaine

Interrogé sur une éventuelle responsabilité accrue en tant que capitaine avec l’instauration de ces nouvelles règles, Benjamin André tempère : les changements liés aux touches, corners ou au gardien restent très individuels et ne concernent pas directement son rôle. En revanche, il rappelle une évolution plus ancienne, celle de l’interdiction faite aux arbitres de dialoguer avec d’autres joueurs que le capitaine, un changement qu’il regrette ouvertement : « D’ailleurs, je trouve ça dommage aussi. On se coupe dans la communication, ce qui est pour moi le plus important. »

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« Une troisième équipe » sur le terrain

C’est sur ce dernier point que le capitaine lillois se montre le plus disert. Sans remettre en cause la difficulté du métier d’arbitre, ni même leurs décisions sur le terrain, qu’il met sur le compte de l’erreur humaine, Benjamin André pointe surtout un problème de communication. Le fait de couper le dialogue avec l’ensemble des joueurs pour ne s’adresser qu’au capitaine a, selon lui, dénaturé la fonction même de l’arbitrage : « Je trouve qu’au lieu d’être le garant du jeu et de fluidifier un petit peu ce qui se passe entre les deux équipes, on a l’impression qu’il y a une troisième équipe et celles des arbitres. Moi, je le ressens comme ça. Et pour en avoir discuté avec beaucoup de joueurs, ce ressenti est partagé. »

Il nuance toutefois son propos en reconnaissant la pression propre aux deux camps, joueurs comme arbitres, et les réactions parfois incontrôlées que cela peut engendrer sous le coup de l’émotion. Mais la comparaison avec ses expériences européennes ne joue pas en faveur du corps arbitral français, jugé plus fermé que ses homologues étrangers, notamment anglais : « En comparaison avec l’Europe, où on rencontre beaucoup d’arbitres anglais qui sont plus ouverts au dialogue, qui sont plus ouverts à l’échange, en France, c’est quand même assez fermé. Comme je dis, c’est une entité à part. C’est comme s’il y avait une troisième équipe dans le match. »

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En attendant, Benjamin André ne se frottera pas encore à cette nouvelle règlementation. Suspendu, il ne disputera pas l’opposition à venir entre le LOSC et Angers (dimanche, 15h) dans l’enceinte du Stade Raymond-Kopa.

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