Publié le 4 octobre 2025 à 14:51

Crédit Photo : LOSC Médias

Par - Catégories : Football, LOSC-

La fête était belle jeudi, suite à la victoire empochée par le LOSC sur l’AS Rome (0-1). Tout ne s’est néanmoins pas déroulé comme prévu pour la section Linselles, dont le bus et ses occupants ont été parqués dans un espace réduit pendant toute une journée. Témoignage.

Entre 700 et 800 supporters présents, le parcage lillois a su se faire entendre dans l’enceinte du Stadio Olimpico, lors de la victoire du LOSC (0-1) sur l’AS Rome en Ligue Europa. Tout n’a cependant pas été un jeu d’enfants en ce qui les concerne, notamment pour la Section Linselles. Cette dernière avait été la seule à organiser un voyage en bus pour soutenir les Dogues, et son périple ne s’est pas déroulé comme prévu.

« Sans explication ni motif valable, nous avons été conduits et enfermés dans un espace clos, privés de toute liberté de circulation au sein même de l’Union européenne », pointe du doigt la Section Linselles au travers d’un communiqué publié vendredi. Elle dénonce « une atteinte aux libertés fondamentales », ainsi que les « agressions verbales et l’intimidation » dont ils ont pu faire l’objet, notamment leurs chauffeurs.

Suite à la publication de ce communiqué, Fabien, président de la Section Linselles, a bien voulu témoigner à notre micro. Il a notamment expliqué que ce communiqué avait pour but « d’alerter tous les supporters en France, les prévenir que les conditions d’accueil sont déplorables en Italie », nous a-t-il expliqué. Ils ne savent pas organiser de déplacement. L’UEFA souhaite que les stades soient pleins, mais les autorités locales font tout pour dégoûter les supporters de faire les déplacements. »

Le témoignage de Fabien

Président de la Section Linselles, la seule qui avait organisé un déplacement en bus jusqu’à Rome afin de soutenir le LOSC dans sa quête de succès européens, Fabien nous a expliqué le déroulé de son périple de la semaine en Italie. Ce dernier partage quelques similitudes avec celui qui avait été organisé à Bologne un an plus tôt, en Ligue des Champions cette fois.

Le déroulé du voyage

« Ce qui était initialement prévu (entre les clubs, l’UEFA et les forces de l’ordre), c’était de déposer tout le monde dans le centre-ville et le bus proche du stade pour être repris tout de suite après le match et pouvoir repartir. Sauf que quand on arrive au dernier péage avant Rome, à une trentaine de kilomètres, on voit une voiture de police arriver avec le gyrophare et le signe qu’il faut les suivre, nous raconte Fabien. On s’imaginait un cortège jusqu’à Rome, mais ce n’était pas ça.

« Le commandant de la police de Rome leur avait dit que vu que l’on était venu en bus, on était les éléments les plus dangereux »

On doit s’arrêter sur le côté. Il y a la fouille du bus, un contrôle d’identité pour tout le monde et on nous fait comprendre que l’on ne pourra pas se rendre au centre-ville comme c’était attendu, nous explique-t-il. On doit d’abord attendre une deuxième voiture, puis après une heure d’attente, on finit par partir. Ils nous ont déposés au point de rendez-vous de tous les supporters, là où il fallait récupérer les tickets et là où à une certaine heure on était emmenés jusqu’au stade avec des navettes. Ils nous ont clairement fait comprendre que l’on ne pourrait pas bouger de cet endroit-là. On est donc resté sur un demi-rond-point toute la journée. La visite de Rome a été très, très rapide… », avoue Fabien. Un déplacement est pourtant l’occasion de découvrir toute une nouvelle, et sa culture.

« On était considérés comme des fanatiques hooligans, s’exclame-t-il. Le commandant de la police de Rome leur avait dit que vu que l’on était venu en bus, on était les éléments les plus dangereux. L’escorteur français a essayé d’arranger la situation, le club aussi, mais ils n’ont rien pu faire, rien du tout. Tous ceux qui sont venus en indépendants ont pu se balader tranquillement à Rome, pas nous. »

Le régime était identique pour les accompagnants : « La police italienne était tellement énervée, qu’elle a même agressé verbalement nos chauffeurs, nous explique-t-il encore. Ils étaient crevés. Ils voulaient simplement aller se coucher parce qu’ils devaient nous reprendre après le match. Ça a rendu les choses encore plus compliquées. C’était la même chose au retour. Les forces de l’ordre n’ont pas voulu que l’on respecte le temps de coupure et ils ont bousculé les chauffeurs pour qu’ils rentrent dans le bus et que l’on s’en aille. »

Le trajet retour

Malgré ces déboires, les supporters lillois sont déjà prêts à récidiver : « Mais ça ne nous freine pas du tout, nous a assuré Fabien, président de la Section Linselles. Sur le chemin du retour, ça se chauffait pour préparer le déplacement à Vigo (22 janvier 2026). On a eu des problèmes à Rome, mais le trajet retour, c’était la fête, ça chantait. Le moral était revenu. La victoire a sans doute un peu aidé », a-t-il ainsi conclu à notre micro, histoire de boucler la boucle.