Publié le 26 février 2024 à 08:50

Crédit Photo : Le Petit Lillois
En quête de confiance, Hákon Haraldsson a été l’une des seules satisfactions ce dimanche lors d’un déplacement à l’issue douloureuse pour le LOSC à Toulouse.
Boussole runique, le compas Vegvisir est un symbole viking qu’il était possible d’apercevoir dans les vieux grimoires islandais. Considéré comme l’un des plus anciens, ce signe représente la protection, l’orientation et est assimilé au guide, ce que vient de trouver Hákon Haraldsson (20 ans) ces dernières heures. En difficulté depuis son arrivée, l’Islandais a été aligné à son poste de prédilection à Toulouse et a brillé, allant jusqu’à faire trembler les filets en Ligue 1 Uber Eats, et ce, pour la toute première fois malgré le revers lillois.
Des petits pas
Auteur d’une saison pleine à Copenhague lors de l’exercice précédent, Hákon Haraldsson était forcément attendu au tournant à son arrivée chez les Dogues l’été dernier. D’abord virevoltant en préparation, il est rapidement passé du rêve au cauchemar en pêchant dès ses premières sorties. Plus que contrastées, ses performances à ses débuts l’ont peu à peu poussé vers le banc de touche, qu’il n’a que trop rarement quitté ces derniers mois : « C’est un jeune avec beaucoup de qualités, mais il a besoin de temps pour s’adapter au championnat français et à notre jeu. Je n’ai aucun doute sur lui », clamait Paulo Fonseca en début de saison, privilégiant d’autres options.
De son côté, le jeune scandinave avait lui-même conscience des difficultés rencontrées : « Ça s’est très bien passé en pré-saison. J’aurais aimé que le début du championnat se passe un peu mieux, mais c’est toute autre chose, c’est une ligue différente. Je pense qu’elle est beaucoup plus difficile », confiait le Dogue à la presse islandaise à l’issue de ses premiers mois à Lille. Il ne pensait pas si bien dire. Ces derniers mois, il a été contraint de se satisfaire de miettes, montrant néanmoins un meilleur visage lors d’une entrée remarquée à Lyon, le 26 novembre dernier. Ces premiers pas, sources d’optimisme, ont été confirmés quelques mois plus tard en Coupe de France, d’abord contre le Golden Lion FC avant d’offrir une qualification à Chambly sur une belle inspiration sur coup-franc. Pour autant, malgré ces maigres sorties, l’Islandais ne pouvait profiter des joutes du championnat pour renouer avec confiance et légèreté.
Un discours protecteur
Malgré le peu de confiance accordée, du moins peu traduit par du temps de jeu, Paulo Fonseca a constamment conservé la même ligne directrice, celle de la protection. C’est d’ailleurs lors d’une réception anodine, celle du Golden Lion FC, que les supporters lillois ont été à l’origine d’un soutien réconfortant que le dernier nommé avait particulièrement apprécié : « Hakon Haraldsson manque de confiance et aujourd’hui était un jour important pour lui. C’était important qu’il joue bien pour regagner de la confiance. Le soutien des supporters l’est tout autant et les voir communier avec Hakon, ça m’a fait plaisir. C’est vraiment important d’avoir ce partage, et qu’il ressente le soutien des supporters. C’est important pour qu’il prenne de la confiance », lançait Paulo Fonseca en conférence de presse à l’issue de la rencontre, alors qu’il venait de voir les Dogues chanter en l’honneur de son protégé au cours d’une partie à sens unique (12-0). C’est ainsi que l’optimisme pris le pas sur l’inquiétude car « le football va très vite, on sait comment marche la confiance et ce sont les petits détails qui font parfois qu’un joueur va être plus à l’aise ou plus performant », exprimait Lucas Chevalier lorsqu’il fallait rebondir sur la performance de son coéquipier.
Néanmoins, la Coupe de France était l’unique scène sur laquelle Hákon Haraldsson avait la possibilité d’engranger. Vaincu par l’OL, le LOSC a été éliminé et les espoirs de titularisation dans la foulée se sont envolées. Malgré tout, Paulo Fonseca conservait un discours identique : « Je suis optimiste pour Hakon parce qu’il travaille très bien. Il a beaucoup progressé ces dernières semaines. Je pense qu’il finira bien la saison. Je suis optimiste », confiait le technicien lillois avant la réception du Havre AC le week-end dernier. Il ne pensait sûrement pas que les choses iraient aussi vite.
Saisir la balle au bond
Bien guidé par son compas, Hákon Haraldsson a attendu son heure et a ainsi pu profiter des absences accumulées pour apparaître ce dimanche à Toulouse. Il s’agissait là de sa première titularisation en championnat depuis le 26 septembre dernier, une éternité. Pourtant, l’Islandais était en jambes. Aligné derrière l’attaquant, dans un poste de numéro 10 qu’il affectionne en sélection, il a rendu une copie aboutie et accompagnée d’une réalisation (45′), sa première en Ligue 1 Uber Eats. Le meilleur timing possible avait été trouvé, ce qui n’a pas empêché les Dogues de s’incliner (3-1), mais individuellement parlant, le Lillois a marqué des points : « Il a fait les choses biens. Il a bien joué, notamment en première mi-temps. La deuxième a été plus difficile pour toute l’équipe. Cela a été le cas pour tous les joueurs. On a fait des erreurs, c’est vrai, mais on a senti qu’il y avait des choses contre nous », a brièvement commenté Paulo Fonseca lors de son apparition devant la presse à l’issue du revers concédé en Occitanie, trop colérique pour s’épancher sur un autre sujet que l’arbitrage. Les promesses sont néanmoins là, espérant que ce compas Vegvisir puisse le suivre encore longtemps.






