Publié le 9 novembre 2023 à 07:00

Crédit Photo : Le Petit Lillois
En déplacement pour affronter le ŠK Slovan Bratislava, le LOSC a récemment atterri en terres slovaques, tout comme Le Petit Lillois, qui a profité de cette occasion pour s’entretenir avec Lorenzo, du compte X @doguesitalia, supporter lillois et habitant de Bratislava.
Peux-tu nous raconter ton histoire ? Que fait un Italien, supporter lillois, à Bratislava ?
Cela fait un an désormais que j’ai emménagé à Bratislava pour le travail. La vie m’a conduit ici, comme à Lille par le passé. Ma passion pour le LOSC est née de mes études. Je suis né, j’ai grandi et vécu en Italie, et toute ma famille et encore là-bas. Je suis parti en France quand j’avais 19 ans, après l’école. Dans mon lycée, j’ai passé un double bac, l’un en italien et l’autre en français. Ce deuxième pouvait me permettre de venir en France pour la suite de mon parcours. J’ai un ami qui m’a conseillé de venir à Lille, je suis parti là-bas tout de suite sans hésiter. Mon expérience à Lille vient donc de mon cursus universitaire, de 2014 à 2017.
Des bancs de l’université au stade, il n’y a qu’un pas…
C’est à Lille que j’ai appris à aller au stade chaque semaine pour assister au match, et au fur et à mesure des rencontres, mon amour pour le LOSC est né. A la base, moi je viens d’une petite ville près de Lecce en Italie, et mon père n’a jamais été fan de football. Je n’ai pas eu cette culture. C’est donc à Lille que j’ai appris ce qu’était un supporter. Maintenant, quand je reviens en Italie, on tente de me faire dériver vers une équipe du coin, une équipe italienne, mais non, pour moi c’est le LOSC et rien d’autre. Je me définis comme étant un supporter du LOSC et ça ne m’a jamais lâché, même depuis que je suis parti en 2017. J’essaie toujours de suivre l’actualité du club, de faire les déplacements. (Toulouse en 2019, et un nul qui permet de se qualifier en Ligue des Champions, le barrage à Rijeka, mais aussi une finale de Coupe de la Ligue au Stade de France contre le Paris Saint-Germain). J’essaie de suivre le club dès que je peux et là, je suis ravi de pouvoir voir les joueurs ici, tout proche, dans ma ville.
Comment fait-on pour suivre l’actualité du LOSC quand on est aussi loin ?
Ce n’est pas évident, parce qu’il y a souvent eu des problèmes au niveau de la diffusion, notamment en Italie avec les changements de diffuseurs. Parfois, seuls les matchs en Prime Time passaient à la télévision. Ici, en Slovaquie c’est plus simple. La Ligue 1 est un championnat qui est très diffusé et les abonnements ne sont pas chers, c’est bien plus accessible.
Pour rester dans ce thème, aurais-tu quelques recommandations pour les supporters du LOSC ayant fait le déplacement ? Quels sont les immanquables à Bratislava ?
Le centre-ville est vraiment très beau, mais c’est petit. Il faut se balader tranquillement, cela ressemble un peu au Vieux Lille, se promener le long du Danube. Si possible, monter sur le château parce que la vue est magnifique et c’est facile d’accès. Cela se fait en une demi-journée. La ville est petite, mais c’est vraiment quelque chose à faire, surtout qu’il y aura du soleil. Et puis, vous pourrez profiter de la cuisine locale avec le plat typique, le Halušky, c’est comme des raviolis, mais avec une crème au fromage de brebis.
Passons désormais au football, que retiens-tu, avec du recul, du match aller entre Dogues et Slovaques ?
Le Slovan a joué le match qu’il voulait, en essayant de bien défendre sans prendre de risque pour repartir vite avec leurs hommes en forme. Tactiquement, je trouve que Weiss avait bien compris ce qui pouvait gêner le LOSC dans l’évolution de son jeu. Je pense que Fonseca a subi ce schéma en première mi-temps, avant de réagir en seconde. Je suis heureux de voir que l’on ait pu gagner ce match. Je pense que la qualité de nos joueurs, et nos capacités physiques ont été décisives. Le Slovan n’a pas un banc important, et ils l’ont payé cash.
Comment te projettes-tu sur la rencontre à venir ? (ressenti et tactique)
Je pense qu’ici, ils essaieront de proposer quelque chose d’un peu différent. Le public n’est pas forcément chaud, même si ce sera particulier cette fois avec 18 000 personnes, mais ils sont habitués à être les meilleurs ici, en Slovaquie, donc habitués à voir du beau jeu, ils pousseront pour que cela soit aussi le cas jeudi. Je pense donc qu’ils changeront un peu, avec peut-être un peu plus de possession, mais conserveront malgré tout leur système de base avec cinq défenseurs.
J’espère juste que ça ne sera pas un match où l’on fera tourner parce que l’on est déjà premier et qu’on se satisfait d’un match nul, parce que je pense que si on n’est pas concentré à 100%, comme on a déjà pu le voir, on pourrait avoir une mauvaise surprise. C’est une question d’attitude, de venir ici avec l’envie de gagner le match, et rien d’autre. J’ai peur qu’on n’ait pas cette envie, et qu’on se réserve pour le match de dimanche. Je trouve que le coaching de Paulo Fonseca a été bon cette semaine, il a fait reposer Cabella et David, on n’a pas beaucoup vu Haraldsson, et je pense qu’il y a la possibilité de faire tourner un peu tout en gardant une équipe vraiment consistante et qui a l’envie de prouver. Je suis plutôt confiant. Si le Slovan tente de faire quelque chose avec la possession, je les trouve plutôt lents et ils ne sont pas forcément assez bons pour défendre quand ils laissent de l’espace dans leur dos.
L’affluence au stade s’annonce très importante, que peux-tu nous dire sur cette enceinte et sur ce public ?
Le stade n’a que trois ou quatre ans (2019). Leur ancien stade était vraiment vieux, là il est petit, mais il est vraiment très beau, même de l’extérieur avec les couleurs du Slovan, et puis la pelouse sera de bonne qualité, contrairement à Lille. Il va y avoir plus de 18 000 spectateurs, c’est proche du record. Ce genre de matchs spéciaux, de coupes d’Europe ou de sélection, a toujours une ambiance particulière. Sinon, en championnat, il y a 4000 à 7000 personnes environ. Il y aura plus du triple jeudi, ça va être une belle ambiance. Le stade est facilement accessible dans le centre-ville, tout est fait pour pouvoir passer un beau moment.
Sais-tu quelle image a le LOSC en Slovaquie et pour les supporters du Slovan ?
Le titre remporté au nez et à la barbe du PSG il y a trois ans a vraiment modifié la vision du club à l’étranger. Le LOSC est considéré comme un club capable de gagner ce genre de choses, il y a donc beaucoup de respect. A leurs yeux, le LOSC est vraiment le gros club de cette Conference League. Dans le pays, il y a une vraie volonté de regarder ce match, pas juste les supporters du Slovan ou les fans de foot. Ici, même s’ils jouent mal en championnat, ils gagnent. La différence de niveau est énorme. Ici, ce match est vraiment le match à regarder. J’ai même des collègues qui viennent de l’étranger, qui ne sont ni Slovaques ni fans de foot, et qui attendent ce match depuis plusieurs semaines. C’est le match à ne pas manquer.
Enfin, quel est ton pronostic ?
Je pense que le LOSC gagnera 2-1. J’espère que Jonathan David parviendra à retrouver le chemin du but, c’est vraiment important. Il sera important pour la deuxième partie de saison. J’aimerais le retrouver conquérant, mentalement et physiquement. J’ai peur qu’il n’ait vraiment pas beaucoup de confiance et qu’il tergiverse. Je sens vraiment que le LOSC peut gagner ce match. Les joueurs du LOSC sont bien supérieurs à ceux du Slovan, même s’il faut faire attention à deux ou trois joueurs, et ils ne sont pas capables d’avoir un turnover important, Weiss est revenu mais n’est pas encore en forme et Lovat, suspendu, était un cadre.






