Publié le 18 juillet 2022 à 15:00

Crédit Photo : Le Petit Lillois
Depuis plusieurs décennies, le LOSC est obligé de vendre ses meilleurs joueurs chaque mercato. Arrivera-t-il à garder un jour ses meilleurs joueurs ? Le Petit Lillois vous propose des éléments de réponse.
Partie 1 : La période Seydoux.
Partie 2 : La période Lopez.
Si le LOSC est obligé de vendre ses meilleurs joueurs chaque saison, il le doit à plusieurs facteurs, notamment à des infrastructures coûteuses et des choix sportifs discutables, qui ont fait exploser la masse salariale. 10 ans après son doublé, le club nordiste semble se retrouver dans la même situation : après la forte augmentation des charges synonymes de grandes performances sportives, l’écurie lilloise n’est pas structurée pour se remettre d’un titre. Ainsi, elle le paie par des saisons marquées par une politique d’austérité pour ré-équilibrer les comptes. Mais contrairement au début des années 2010, le contexte qui entoure cette politique de réduction des coûts pourrait bien être plutôt favorable aux Dogues.
Un important travail pour redresser les finances du club
Depuis son arrivée à la tête du LOSC, la nouvelle équipe dirigeante menée par Olivier Létang a réalisé un véritable travail de l’ombre pour redresser un club qui était en situation de cessation de paiement il y a deux ans. Les nombreux contrats pros accumulés dans l’équipe réserve sont partis. L’objectif de Merlyn est d’avoir un nombre de contrats pros inférieurs à 35. Sous Gérard Lopez, le LOSC en comptait 57 fin 2020. La masse salariale avoisinait les 89 millions d’euros, contre 61 aujourd’hui selon L’Équipe en avril dernier.
Si l’on peut considérer la saison passée comme décevante en championnat, force est de constater que le LOSC a réussi via son parcours en Ligue des Champions à amasser un véritable pactole, qui lui permet sans doute de respirer un peu financièrement. Grâce à sa qualification en huitième de finale, le club nordiste aurait récolté plus de 65 millions d’euros, un record dans son histoire.
La manne financière de la Ligue des Champions arrive donc à pic. Sous le règne de Michel Seydoux, les Dogues n’avaient pas pu profiter d’un bon parcours dans la plus grande des compétitions européennes, étant constamment éliminé dès les phases de groupes, malgré des tirages abordables, entre 2011 et 2012.
Notons également que Merlyn est arrivé à Lille avec l’objectif de faire passer le chiffre d’affaires du LOSC à plus de 130 millions d’euros par an d’ici 3 ans. Pour y arriver, les propriétaires considèrent que le football européen a un potentiel de développement important, et que la mauvaise gestion de certains clubs européens peut expliquer leurs difficultés financières. Lors de la saison du COVID, les revenus sponsoring du LOSC étaient au niveau de ceux de Strasbourg, à environ 7,4 millions d’euros. Nul doute qu’il y a là une potentielle source de revenus inexploitée. A Rennes, Olivier Létang avait réussi à augmenter les revenus sponsoring sur ses trois ans de présidence. La future diversification des revenus du club nordiste est un objectif primordial pour assainir ses comptes.
Un futur radieux pour le football français ?
Avec l’arrivée de l’accord entre le CVC et la LFP, le club nordiste va pouvoir bénéficier de 80 millions d’euros. Classé dans la catégorie 3 des clubs bénéficiaires, le LOSC est récompensé pour sa régularité au plus haut niveau depuis plus de 20 ans. Un premier versement de 16,5 millions d’euros devrait avoir lieu dans les prochaines semaines. « Ces revenus additionnels ne doivent pas être destinés exclusivement aux salaires, mais aux structures et à la professionnalisation des clubs » confiait Olivier Létang à L’Équipe en avril dernier, ce qui va dans le sens d’une envie de structurer encore un peu plus le club nordiste.
Le passage à 18 clubs en Ligue 1 peut également bénéficier au LOSC, et plus généralement aux clubs candidats aux places européennes. Leur calendrier allégé, les candidats au top 5 pourront enchaîner plus facilement qu’auparavant les matchs de coupe d’Europe et de Ligue 1. D’un point de vue financier, la diminution du nombre d’équipes dans le championnat de France pourrait augmenter la part de chacun des pensionnaires de l’élite. Le conditionnel reste de mise car le nombre de matchs baissera lui aussi, et donc, potentiellement moins de droits TV.
Globalement, la Ligue de Football Professionnel reste aussi optimiste pour les prochaines échéances avec ses droits télévisés. Sur la période 2024-2028, la LFP espère obtenir 860 millions d’euros lors de son prochain appel d’offres, contre 624 millions d’euros sur la période actuelle. Encore une fois, le LOSC pourrait bénéficier de cette conjoncture favorable pour se stabiliser financièrement.
En 2024, la réforme de la Ligue des Champions pourrait permettre à la France de gagner une place qualificative supplémentaire. Le top 4 de Ligue 1 enverrait donc trois équipes directement en phase de poules de la coupe aux grandes oreilles. La quatrième équipe devrait de son côté passer par un barrage. Le LOSC est le quatrième club de l’élite au XVIè siècle, cette réforme pourrait donc lui être favorable. D’autant que financièrement, un club qualifié pour la nouvelle formule de la Ligue des Champions toucherait plus de droits télés qu’auparavant, avec la hausse des matchs à venir avec la réforme.
La même année que la réforme, la France accueillera les Jeux Olympiques. Si les retombées économiques indirectes de ce type d’événement sont difficilement quantifiables, elles peuvent permettre d’attirer les projecteurs sur les villes qui accueilleront des épreuves des Jeux. Pour rappel, Lille accueillera le handball et le basket au Stade Pierre-Mauroy.
Malgré un contexte qui leur semble plutôt favorable, les clubs français auront a priori toujours du mal à retenir leurs meilleurs joueurs. Les salaires proposés en Premier League ou par les plus gros clubs européens ne permettent pas à des clubs comme le LOSC de rivaliser. L’enrichissement des clubs anglais devrait continuer dans les prochaines années avec l’augmentation régulière de leurs droits TV. En Ligue 1, le PSG semble enclin à recruter davantage dans le championnat français. Certains dirigeants français espèrent ainsi profiter d’un « ruissellement » tant attendu depuis l’arrivée des Qataris à Paris.
On peut toutefois imaginer qu’en meilleure santé financière, le club lillois pourra prendre plus de risques sur le marché des transferts. D’une part, il ne serait pas dans l’obligation de vendre chaque été comme c’est le cas depuis plusieurs saisons. D’autre part, le LOSC pourrait se permettre d’attirer des joueurs plus courtisés. Espérons que l’écurie nordiste continue de truster le haut du tableau de Ligue 1, tout en continuant sa restructuration dans les prochaines années.






