Publié le 5 mai 2020 à 18:32

Crédit Photo : Le Petit Lillois
Lors d’un live avec Le Temple lundi après midi, Eric Bauthéac, actuellement à Chypre est revenu sur son passage au LOSC, les nombreux entraîneurs, le loft et son départ.
Son transfert à Lille
Après 3 belles saisons à Nice, j’ai voulu venir avec Hervé Renard. C’était l’une de mes priorités. C’était soit Rennes, soit Lille. J’adorais le club, sa mentalité, les gens, le stade magnifique, l’histoire du club… Hervé Renard a fait la différence. Je ne le connaissais pas personnellement mais je l’adorais. Je l’ai eu plusieurs fois au téléphone, il voulait vraiment que je vienne. J’ai adhéré à son projet. Dès les premières semaines, j’étais persuadé qu’on allait se régaler cette saison. C’est un staff qui amène de la fraîcheur, proche de ses joueurs. A la fin, on lui a laissé trois, quatre mois. C’est le problème dans les grands clubs, tu n’as pas le temps. On avait une très belle équipe sur le papier. Il nous fallait un petit déclic, il ne manquait rien pour basculer vers le haut du tableau. Je pense qu’Hervé Renard n’a pas eu assez de temps pour mettre ses idées en place.
On avait une super équipe, après, on avait beaucoup de nouveaux joueurs. Il devait rester six, sept joueurs de la saison dernière. Il nous fallait du temps, que la mayonnaise prenne. Je trouve qu’on n’a pas assez eu le temps. Au final, quand on l’a eu, on a fini quatrième, cinquième cette saison-là. On a mal démarré la saison mais ça s’est bien terminé. Je suis certain qu’avec plus de temps, on aurait fait même mieux avec Hervé Renard.
Les changements d’entraîneur
J’ai connu cinq entraîneurs au LOSC. C’est agaçant, oui. Tu n’as aucune stabilité dans le club. J’adorais Michel Seydoux, je suis venu avec lui et, au bout de quelques mois, il part. Tu arrives avec un nouveau président qui a un nouveau projet pour le club, misant sur le business. Faire venir des joueurs étrangers pour les revendre derrière. Clairement, on est plus dans le projet. Cinq entraîneurs en deux ans, c’est la catastrophe. J’aurais voulu apporter plus au LOSC, j’aurais pu apporter plus. Mais, avec toute cette instabilité, on était dévasé sur le terrain. C’était vraiment compliqué. L’arrivée de Marcelo Bielsa, je me suis dit qu’il allait me kiffer. Il aime les joueurs comme moi, des battants. Au final, il ne me prend même pas à l’entrainement et tu te rends compte que tu es trop vieux alors que tu n’as que 29 ans.
Le fameux loft
La photo du loft est devenue collector. Quand tu regardes les joueurs qu’on avait, c’était une équipe folle. C’était le but, on voulait montrer aux gens que malgré qu’on soit à la porte, on gardait le sourire. On n’avait pas envie de s’enfoncer. Une semaine avant, on apprend que l’on ne reprend pas avec le groupe. On ne sait pas pourquoi. On reçoit un message de l’intendant du club pour nous informer que l’on reprenait dans trois semaines. Moi, je reçois le message mais je ne sais pas qui d’autre l’a reçu. Tu te dis qu’ils ne veulent plus de toi. Derrière, tu appelles les copains qui te disent qu’ils ont aussi reçu le message. Ils voulaient repartir avec une nouvelle équipe, que des jeunes. On savait que ça n’allait pas fonctionner. C’était impossible. Que des étrangers de 20 ans qui ne connaissent rien au championnat de France, ils se sont cassés la gueule. C’était pourri toute la saison, au final. On voyait les joueurs revenir en disant qu’ils n’en pouvaient plus de Bielsa.
On s’entrainait avec la réserve. On jouait à 40, 50% pour ne pas se blesser parce qu’on savait qu’on pouvait partir à tout moment. C’était la résistance. Je suis parti le dernier parce que je voulais partir à l’étranger. J’aurais aimé l’Angleterre mais c’était compliqué. On était dans une position difficile. On voulait nos années de contrat donc il ne fallait pas annoncer dans les médias qu’on voulait partir. Le cas d’Enyeama qui est resté jusqu’au bout de son contrat. On ne pouvait pas annoncer qu’on voulait partir donc les clubs n’étaient pas trop au courant. D’ailleurs, c’est dommage comme ça s’est terminé pour lui. C’est un super mec, très, très fort. Je l’adorais. Il était énorme. C’était un mur. Ça m’a rendu triste qu’il passe ses deux, trois dernières années comme ça. Il aurait mérité de jouer.






