Publié le 1 juin 2022 à 21:00

Crédit Photo : Le Petit Lillois

Par - Catégories : LOSC-

En deux saisons effectuées sous les couleurs lilloises, Burak Yilmaz aura tout connu avec le LOSC, du titre de champion de France aux matchs cruciaux de Ligue des Champions. Un court passage qui a vu l’attaquant turc achever l’une des plus belles histoires du club puis devenir un leader déchu dans une équipe en fin de cycle. Récit d’une histoire lilloise hors du commun qui restera gravée à jamais dans l’histoire du club.

Une arrivée discrète mais pleine d’assurance

L’attitude sérieuse et posée de Burak Yilmaz lors de sa présentation officielle en conférence de presse, caractérisée par un regard perçant et concentré, laissait déjà apparaitre les ambitions de l’ancien joueur du Besiktas à son arrivée à Lille. Après avoir effectué ses remerciements aux dirigeants lillois pour la confiance accordée, l’attaquant turc s’est présenté en une phrase : « J’ai joué dans des clubs avec beaucoup de pression et celle-ci était un avantage positif pour moi ». Des mots résumant parfaitement le parcours atypique de celui qui est surnommé le « Kral » en Turquie. Pays dans lequel il a évolué dans les trois clubs ennemis d’Istanbul, trois équipes à forte pression : Fenerbahce (de 2008 à 2010), Galatasaray (de 2012 à 2016) et Besiktas (de 2006 à 2008 puis 2019 à 2020). Le capitaine de la sélection turque, fraichement arrivé à Lille pendant l’été 2020, va montrer qu’à 35 ans, il n’a pas quitté pour la seconde fois son championnat local, après son passage en Chine entre 2016 et 2017, pour prendre des vacances en France. Pourtant, son arrivée s’est faite discrètement, alors que les supporters n’avaient pas encore digéré le départ à contre-cœur de Loïc Rémy et que le club cherchait un attaquant d’expérience pouvant apporter de la profondeur à l’effectif. Par ailleurs, des doutes subsistaient à l’époque sur sa capacité à réussir hors de son pays natal en Europe, à l’aube de sa quinzième saison en professionnel.

Burak s’affirme comme un leader

Généreux dans les efforts et déterminé, Burak Yilmaz va très vite montrer que son rôle ne se limite pas qu’à un rôle d’attaquant d’expérience. Il sera l’une des raisons pour laquelle Christophe Galtier et son staff poursuivront sur le 4-4-2 qui avait fait sensation (six victoires pendant le sept dernières journées) avant la longue pause causée par le COVID-19, lorsque Loïc Rémy et Victor Osimhen évoluaient ensemble sur le front de l’attaque lilloise. Aux côtés d’un Jonathan David peu décisif mais utile, le Kral prend ses responsabilités au fil du début de saison et se montre efficace en marquant neuf réalisations en championnat sur la phase aller. Des buts souvent importants à l’image de celui marqué à Nîmes qui permet au LOSC de s’imposer 1-0 dans la difficulté et d’être au coude à coude avec l’OL, champion d’automne, et le PSG sur le podium de Ligue 1 Uber Eats à la mi-saison.

En Ligue Europa, Burak Yilmaz demande à être préservé sur le banc pendant la phase de poules, mais c’est bien lui qui vient offrir la qualification en seizièmes de finale au club nordiste. Le 3 décembre 2020 pendant la cinquième journée européenne, il inscrit un doublé en moins de cinq minutes à son entrée en jeu contre le Sparta Praque alors que les Tchèques menaient 1-0 à dix minutes de la fin. Comme un symbole pour celui qui se démarque comme le joueur le plus déterminant du secteur offensif lillois. Sa célébration pleine de rage et de détermination réalisée après son doublé a marqué la fin d’une phase de poules réussie par les Dogues et a achevé une longue période sans phase éliminatoire européenne de plus de 15 ans.

En dehors des terrains, Burak Yilmaz s’est rapidement bâti l’image d’un homme sympathique au sein du LOSC, prenant sous son aile ses deux coéquipiers de sélection, Yusuf Yazici, qui revenait d’une blessure aux ligaments croisés, et Zeki Celik. Il se distingue par une attitude irréprochable, rectifiant l’un de ses rares écart sur les réseaux sociaux après être sorti prématurément de la rencontre à Nice.

Le Kral en quête du Graal

L’année 2020 de Burak Yilmaz se termine par une déclaration dans Téléfoot, nouvelle démonstration de l’ambition du Turc. « J’ai un rêve avec Lille, mais je ne préfère pas vous le dire. J’espère qu’en fin de saison, nous aurons la possibilité de faire un autre reportage pour vous dévoiler ce rêve ». Aux paroles, vont s’ajouter les actes. Après deux mois de compétition tronqués par une blessure au mollet, le numéro 17 lillois fait son retour pendant l’un des sprints finaux les plus indécis de ses dernières années en Ligue 1. Leader mais talonné de près par Paris, Lyon et Monaco, le LOSC semble manquer de jus pour finir le travail. C’est sans compter sur le retour phénoménal de son attaquant turc qui permettra au club nordiste de tenir la tête jusqu’au bout de la saison. La quête du Graal débute le 9 avril 2021 (J32) quand Burak Yilmaz fusille Alexandre Oukidja et ouvre le score à la 60ème contre le FC Metz, alors que Lille était dominé au stade Saint-Symphorien.

En mission, le Kral poursuit sa route deux semaines plus tard à Lyon (J34) lors d’une soirée surnaturelle remportée 3-2 par Lille. Accusant un retard de deux buts face à son concurrent direct, le LOSC revient dans la partie grâce à un coup franc direct de son numéro 17 juste avant la mi-temps, avant que celui-ci se mue en passeur décisif pour l’égalisation de Jonathan David après la pause. En fin de match, Burak Yilmaz ira chercher la victoire à lui seul en ajustant Anthony Lopes d’un ballon piqué avec 85 minutes de jeu dans les pattes. Symbole d’une forme sensationnel qui a permis au LOSC de tenir bon et qui a par ailleurs mis fin aux espoirs de titre lyonnais.

La journée suivante, le Kral débloque la situation face à Nice pendant la victoire lilloise 2-0 avant de se rendre au stade Felix Bollaert (J36) lors d’un derby légendaire remporté 3-0 par les Dogues. Buteur à l’aller, l’attaquant lillois étrille son adversaire du soir en inscrivant un nouveau doublé. Il offre au LOSC le but du 2-0 d’une frappe lointaine hallucinante de son mauvais pied, ajoutant encore plus de magie à une fin de saison irrationnelle.

Les efforts surhumains du buteur turc seront récompensés par le titre de champion de France obtenu contre Angers deux semaines après le derby. Une rencontre pour l’histoire remportée 2-1 durant laquelle le Kral a marqué son seizième but en championnat sur pénalty. En portant le LOSC dans les dernières journées du championnat, Burak Yilmaz a assurément signé l’un des plus grands exploits du championnat français au XXIème siècle.

Des bons souvenirs en Ligue des Champions malgré une confiance en chute libre

Dans un collectif huilé à la perfection et combatif, Burak Yilmaz a pris ses responsabilités pour amener le LOSC au sommet. La suite s’est révélée plus épineuse pour le numéro 17. Après le titre, l’euphorie est retombée. Face au retour d’un public rempli d’attentes et d’excitations, les joueurs lillois n’ont plus la flamme de la saison dernière. Le début de la saison 2021/2022 est laborieux pour les Dogues. A l’inverse du Canadien Jonathan David, auteur de 13 buts pendant la phase aller, certaines individualités n’y sont plus. Le grand héros du titre en fait partie. Annoncé à Nice pendant le mercato, Burak Yilmaz a tenu à rester au LOSC pour continuer à écrire sa belle histoire avec Lille. Si sa confiance ne fera que chuter au fil de la saison, le Kral participera à la belle parenthèse Ligue des Champions écrite par le LOSC cette saison-là. Après un coup-franc anecdotique marqué pendant la défaite lilloise à Salzburg (2-1), c’est lui qui met les Dogues sur la bonne voie à Wolfsburg pendant la dernière journée décisive de la phase de groupes de Ligue des Champions. Grâce à l’ouverture du score de son numéro 17, le LOSC, métamorphosé collectivement dans la Coupe aux Grandes Oreilles, s’est imposé 3-1 ce soir-là et a enregistré son troisième succès consécutif dans la compétition.

Premier de son groupe, Lille poursuit sa route européenne en huitièmes de finale face à Chelsea, dernier vainqueur de la Ligue des Champions. Après un match aller manqué et perdu 2-0, l’exploit semble inespéré pour les Dogues. Cependant, Burak Yilmaz, sur le banc à l’aller, et les siens se donneront les moyens d’y croire en livrant un match fantastique à Lille le 16 mars 2022. Récompensant une excellente première mi-temps lilloise, l’attaquant nordiste ouvre le score sur un pénalty à la 38ème qui fera exploser une atmosphère déjà folle en tribune au Stade Pierre Mauroy. L’espoir sera permis pendant quelques minutes mais sera de courte durée suite à l’égalisation londonienne juste avant la pause. Quelque soit le résultat final, le peuple lillois y aura cru et ce fut le principal à retenir dans une affiche qui paraissait à première vue déséquilibrée.

Une sortie soignée

Dans cette campagne de Ligue des Champions admirable, la flamme lilloise semblait ravivée. En revanche, les Dogues ne sont pas parvenus à poursuivre sur cette dynamique en conservant les mêmes difficultés du début de saison en championnat. Burak Yilmaz, en manque de confiance, ne marquera pas un seul but en championnat en 2022 mais il jouera la saison jusqu’au bout malgré tout. Même après un carton rouge stupide reçu à Troyes à quatre journées de la fin lorsque les espoirs de qualification européenne se sont définitivement éteints. Pour sa dernière rencontre au stade Pierre Mauroy face au Stade Rennais, les supporters lillois ont tout de même su rendre hommage à leur Kral en l’acclamant pour l’immense travail réalisé. De son côté, le Turc a bien rendu cette reconnaissance en soignant sa sortie. Dans une vidéo du LOSC annonçant son départ, Burak Yilmaz a dévoilé son amour envers le club et a adressé ses vœux de réussite pour la suite et pour ceux qui resteront à bord du navire.

Burak Yilmaz a marqué le LOSC de son empreinte et personne ne l’oubliera. Même si son aventure ne s’est pas terminée de la meilleure des manières, l’histoire a prouvé que les plus belles histoires d’amour ne se finissaient pas toujours très bien. Merci et bonne route au Kral !

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