Publié le 30 avril 2026 à 17:43

Olivier Létang, président du LOSC.

Crédit Photo : Le Petit Lillois / Quentin Delcourt

Par - Catégories : Football, LOSC-

Au contraire de nombreux clubs, que ce soit en France ou à l’étranger, le LOSC ne possède pas de directeur sportif au sein de son organigramme. Questionné à ce sujet, Olivier Létang juge que cela permet aux Dogues d’être plus agiles sur le marché.

Grégory Lorenzi à Brest, Florian Maurice à Nice, Medhi Benatia à Marseille ou encore Luis Campos au Paris Saint-Germain… la majorité des clubs pensionnaires de Ligue 1 s’appuie sur le travail réalisé par un directeur sportif pour construire un effectif et mener à bien la politique sportive de leur club. Ce n’est pas le cas du côté du LOSC, qui ne possède pas d’individu détenteur d’un tel rôle depuis le départ de Luis Campos en décembre 2020 et l’arrivée d’Olivier Létang à sa présidence.

Ce choix, parfois décrié, a récemment été expliqué par le dirigeant lillois. Ce dernier a détaillé sa façon de penser et de travailler lors d’une conférence organisée par le Club des Entrepreneurs de la Sorbonne le mercredi 22 avril.

De l’humain

Olivier Létang a, dans ses explications, d’abord tenu à rappeler qu’il travaillait avec une cellule de recrutement. Celle-ci est menée par Jérémie Colson, son coordinateur. « Je vous l’ai dit, je suis très rationnel », s’en amusait-il d’ailleurs. « Certains vont expliquer qu’ils font de la data, mais tout le monde fait de la data et heureusement. Mais la différence, elle se passe d’un point de vue humain. Souvent, dans un processus de recrutement, l’humain est une clé », a insisté à plusieurs reprises le dirigeant lillois, citant plusieurs exemples pour attester son propos.

« Bafodé Diakité et Nathan Ngoy, comme les autres, c’est l’aspect humain qui fait que l’on y est allé. »

« Quand je fais signer Bafodé Diakité, il n’est pas titulaire dans son club à Toulouse, rappelait-il à l’ensemble des présents dans l’amphithéâtre d’Oury. La saison de la montée, il fait 19 matchs sur 38 (24 en réalité, 1903 minutes). Et Bafo’, je le rencontre. Je passe beaucoup de temps avec les joueurs pour les renifler. Bafo’, c’est un garçon que l’on prend avec nous, il performe et puis on finit par le vendre (à l’AFC Bournemouth pour 35 M€, hors bonus). […] Cela avait fait quelques inquiets cet été, mais ils ne savaient pas qui on allait prendre », souriait Olivier Létang. C’est là qu’il insistait de nouveau sur l’aspect humain.

Le président du LOSC enchaînait ensuite avec Nathan Ngoy, son second exemple. « Je l’ai rencontré quatre fois avant de le signer. Ce n’était pas que pour voir ses compétences sportives, mais aussi voir ce qu’il a dans le ventre parce qu’on allait l’emmener dans un défi totalement différent, révélait-il. Il est venu deux fois à Lille, je suis venu deux fois à Bruxelles pour être certain qu’il correspondait à ce que l’on voulait. Et quand les joueurs arrivent chez nous, ils connaissent parfaitement le cadre dans lequel ils atterrissent. Vendre du rêve, c’est le meilleur moyen pour les perdre. […] Et Bafo’ et Nathan, comme tous les autres, c’est l’aspect humain qui fait qu’à un moment donné, on y est allé », répétait encore Olivier Létang.

Et de l’agilité

Un recrutement est donc également une histoire de feeling, une séduction mutuelle. Mais ce n’est pas tout. Olivier Létang finit par se recentrer sur le sujet initial : « Notre spécificité par rapport à d’autres, je ne dis pas que c’est bien ou mieux, mais on a cette agilité. Chez nous, il n’y a qu’une seule personne qui est en capacité d’avoir le verdict final sportif et économique. Cela permet d’être rapide sur les deux secteurs, ce qui nous donne une agilité, valorisait-il ainsi, sûr de sa méthode. Si on est plus petit que les autres, mais qu’on travaille comme les autres, on ne sera pas meilleur que les autres. »

Sans directeur sportif, le LOSC serait donc plus « humain » et plus « agile » que ses concurrents, ce qui lui permettrait parfois, ce n’est pas toujours le cas, de prendre un temps d’avance. Voilà la recette.

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