Publié le 9 mars 2026 à 20:36

Crédit Photo : Le Petit Lillois / Quentin Delcourt
Tenter de vous faire rentrer dans les coulisses, voici l’objectif de cette rubrique. Le Petit Lillois vous liste ainsi les choses que vous n’avez peut-être pas vues au stade ou à la télévision lors du nul concédé par le LOSC (1-1) face au FC Lorient.
Ce dimanche 08 mars paraissait déjà être un week-end de printemps, lui qui ne débute pourtant que le 20 mars, avec le soleil du Nord frappant sur le parvis de la Decathlon Arena – Stade Pierre-Mauroy. Cette dernière était néanmoins refermée sur elle-même, son toit étonnamment fermé pour accueillir le FC Lorient et ses supporters (96) dans le parcage visiteurs. Cette pénombre respectait simplement la volonté des joueurs du LOSC, qui préfèrent leur enceinte dans cette configuration. Comme si cela leur permettait d’être plus aisément dans leur bulle.
La surprise, toujours ce sentiment, pouvait également être lue sur certains visages lorsque la feuille de match était dévoilée à l’ensemble des observateurs. La première était l’absence d’Olivier Giroud, malade, quand la seconde était une petite erreur. Le nom d’un joueur qui ne devait pas être là, Jai Semenyo, était inscrit au détriment de celui de Daniel Semedo dans les rangs lorientais. Cette coquille était heureusement corrigée avant le coup d’envoi.
La journée internationale des droits de la femme
Le coup d’envoi, nous n’y sommes pas encore. Le 08 mars est loin, très loin d’être une journée anodine. Il s’agit d’une journée d’action, de sensibilisation et de mobilisation dédiée à la lutte pour les droits des femmes. L’avant-match a ainsi, à cette occasion, été marqué par la présence des joueuses de la section féminine du LOSC. Ces dernières, qui faisaient leur entrée sur le tapis rouge, ont eu droit à un tour d’honneur, croisant ainsi la route d’une multitude de supporters déjà présents en tribunes.
Les petites actions s’enchaînaient ensuite. Anna Conesa remettait le trophée de Dogue du mois de février à Ayyoub Bouaddi, quand Claire Lelarge donnait le coup d’envoi fictif de la rencontre accompagnée de la plus jeune licenciée du club. Les Lilloises mettaient même l’ambiance en tribunes à l’occasion du jeu de la Decat’Cible réalisé à la pause. Certaines de leurs coéquipières étaient sur le pré, là où elles ont porté bonheur aux participants puisque l’un d’entre eux a réalisé le coup parfait en repartant avec le gros lot.
Enfin, l’avant-match a également été marqué par la première remise de la médaille « Légendes du Nord », projet porté par le LOSC pour honorer les personnalités marquantes du territoire nordiste. C’est Laura Di Muzio, ancienne rugbywoman internationale française et co-fondatrice de l’entreprise LJA Sports visant à accompagner les sportives de haut niveau dans leur carrière, qui a été la première lauréate. Elle a également été mise à l’honneur sur le pré dimanche.
Lorientais martyrisé
Le pré, justement, nous y voilà. Il est toujours difficile de tout voir sur ce fameux rectangle vert. La première colère de Bruno Genesio était pourtant très visible, dès l’entame sur la tête manquée de Tiago Santos (3′). Une tête ? L’une d’entre elles a été prise pour cible. Il s’agit de celle du pauvre Panos Katseris. Le Grec n’a pas été épargné par les Dogues au cours de cette partie, se prenant d’abord de plein fouet une reprise de volée bottée à bout portant par Romain Perraud (20′), puis une gifle de Nabil Bentaleb juste avant la pause (45+3′). Croisé au coup de sifflet final en zone mixte, le milieu de terrain lorientais se portait bien malgré ces déboires inattendus.
Toujours sur le terrain, il fallait noter la volonté constante d’Abdelatif Kherradji, arbitre ce soir-là, de vouloir dialoguer avec les acteurs du jeu. Les discussions se sont alors enchaînées, tant avec les joueurs qu’avec les entraîneurs. Le but ? Faire redescendre une tension bien présente sur le rectangle vert. L’homme en noir avait même quelques mots pour Matias Fernandez-Pardo, le faisant sourire à sa sortie (87′). Cette dernière était d’ailleurs marquée par les applaudissements du public et son nom scandé par le kop lillois.
Les supporters boudés
Les applaudissements, ils n’étaient plus d’actualité au coup de sifflet final. Le LOSC venait d’être douché par une réalisation aussi spectaculaire que tardive du dénommé Arthur Avom (90+3′). C’étaient alors les sifflets qui descendaient des tribunes, ce qui accentuait la frustration chez Benjamin André et Nabil Bentaleb. Ces derniers applaudissaient quelques instants au centre du terrain, puis filaient aux vestiaires. Cela provoquait la colère du kop lillois, qui réclamait l’attention des joueurs. Romain Perraud y répondait spontanément, tout comme Félix Correia, Nathan Ngoy, Aïssa Mandi…
Lorsqu’ils étaient là, ils étaient accueillis par un chant anti-lensois censé leur rappeler qu’il ne fallait surtout pas trébucher lors du Derby du Nord, qui aura lieu le samedi 04 avril (21h05). Le visage des Lillois, minés par ce nul au goût de revers, face aux chants hors contexte de leurs supporters, l’ambiance était étrange.
Des retardataires et de la colère
L’ambiance était bien différente dans le camp lorientais. Après avoir célébré avec leurs supporters présents en parcage, ils mettaient l’ambiance dans leur vestiaire. Des applaudissements pouvaient être entendus, autant que certaines phrases qui faisaient sourire en zone mixte. « Oh mais c’est quoi ça, ça va partir très, très vite », lâchait-il lorsque le buffet leur était apporté.
Arthur Avom donnait également le sourire aux journalistes bretons. Surnommé « le sauveur » par ses coéquipiers qui passaient dans son dos, il assurait d’ailleurs à ses interlocuteurs qu’il allait payer une tournée de pizzas pour célébrer cette belle soirée. Olivier Pantaloni, quant à lui, savourait une victoire à son arrivée en conférence de presse. Une victoire ? Il se ravisait après la correction des médias, le tout avec le sourire.
Ce dernier, il disparaissait une trentaine de minutes plus tard, lorsque la délégation lorientaise n’avait pas encore quitté les lieux. Le bus klaxonnait pourtant à plusieurs reprises… mais rien. Le team manager puis Olivier Pantaloni lui-même retrouvaient un à un les couloirs de la Decathlon Arena – Stade Pierre-Mauroy. La raison ? Il fallait courir à la recherche de retardataires. Deux joueurs, restés en loges, manquaient à l’appel. L’un d’entre eux redescendait au bout de quelques minutes, quand il fallait encore attendre pour l’autre. « On va rater l’avion et il va rester là. Il rentrera à pied. On part sans lui si ça continue », était-il alors possible d’entendre.
Les minutes paraissaient bien longues, trop longues, au point où un joueur était envoyé pour partir chercher ce fameux retardataire. Ironie du sort, le retardataire faisait son retour avant celui qui était censé le ramener au bercail. Olivier Pantaloni retrouvait son accent corse lorsqu’il croisait sa route. La terre tremblait sous ses pas… Le bus lorientais finissait tout de même par quitter l’enceinte lilloise avec un retard conséquent, très conséquent. Cette scène cocasse nous aura rappelé que les joueurs de football sont encore de grands enfants.
Tiago Santos pour la der’
Le climat s’apaisait au départ des Merlus. Quelques journalistes attendaient encore sur place, attendant patiemment l’arrivée de l’homme providentiel. Ce dernier se nommait Tiago Santos, habitué à profiter de longues douches, quitte à rester seul dans le vestiaire lillois. Le Portugais débarquait comme une fleur, étonné de voir trois petites têtes l’attendre impatiemment de l’autre côté du parapet. Il avait le sourire au moment d’échanger sur la rencontre, sa forme du moment, la sortie de son documentaire… Cela permettait de tourner la page d’une soirée frustrante pour l’ensemble de l’environnement lillois. Place à d’autres enjeux désormais.






