Publié le 8 novembre 2025 à 10:01

Crédit Photo : Le Petit Lillois / Quentin Delcourt
C’est le sixième volet d’une nouvelle rubrique amenée à perdurer dans le temps : Tenter de vous faire vivre une rencontre de l’intérieur. Le Petit Lillois vous liste ainsi les choses que vous n’avez peut-être pas vues au stade ou à la télévision lors de la défaite du LOSC (1-0) à Belgrade.
1991… Cette date possède une signification toute particulière à Belgrade, date du sacre européen de l’Étoile Rouge. Ses hommes soulevaient à l’époque la Coupe des clubs champions européens à Bari, en Italie. Cet exploit est visible partout, tant par des clichés que par le code wifi du Stade Marakana : BARI1991. Simple et efficace, parfait pour rappeler son histoire à ses adversaires.
L’histoire de l’Étoile Rouge, c’est aussi son public de feu. Il ne répondait malheureusement pas présent ce jeudi avec une enceinte presqu’à moitié vide pour accueillir le LOSC. Il y eut malgré tout un tifo : une manette de console. C’est comme pour dire : « jouez comme vous le pouvez, mais au moins jouez », nous confiait un supporter du club serbe. Toujours derrière ses joueurs, le public local s’attaquait à plusieurs reprises aux Lillois. Dès qu’ils les apercevaient, les sifflets tombaient des tribunes. L’accueil fut hostile, mais l’ambiance correcte tout au long de la rencontre.
L’animosité se transformait en engouement en seconde période, puis en vifs encouragements lorsque les joueurs de l’Étoile Rouge de Belgrade prenaient peu à peu le dessus. L’ouverture du score enflammait alors l’enceinte, du kop aux différents groupes d’enfants positionnés en face et invités spécialement pour l’occasion. L’atmosphère aura ainsi été bouillante en fin de match, avec quelques fumigènes craqués. La fête s’est ensuite prolongée de longues, très longues minutes en tribunes et en dehors de l’enceinte.
En quête de la zone mixte
Le Stadion Rajko Mitić est une vieille enceinte, construite en 1963, et cela se voit. La vétusté de son architecture, de ses tribunes, de ses équipements était clairement visible, voire palpable. Elle l’était également au travers de son plan et du positionnement de ses différents lieux-dits. Pour être plus clair, une dizaine de minutes (c’est beaucoup) de marche séparait la salle de conférence de presse (où les coachs se présentent en fin de match) de la zone mixte (là où les joueurs défilent à leur sortie du vestiaire), ce qui ne facilite guère le travail des médias et journalistes. Cette dernière était accessible via deux accès. Le premier te contraignait à sortir complètement du stade, pour en faire le tour, quand le second était plus simple mais pouvait être périlleux : suivre le chemin emprunté par les joueurs de la pelouse aux vestiaires en passant par le tunnel.
C’est lui qui était parcouru par la délégation de journalistes nordistes, applaudie en passant par le Kop serbe, et ce, pour la simple et bonne raison que c’est le seul qu’elle connaissait au coup de sifflet final. C’est plus tard, par la force des choses et l’intermédiaire de deux de ses confrères, qu’elle apprenait l’existence du second accès. Ces deux énergumènes avaient pris ce chemin et se retrouvaient bloqués par la sécurité serbe derrière une grille, interdits de rentrer sans qu’un journaliste français ne valide leur identité. C’était inattendu, mais après avoir été « emprisonnés » quelques minutes, ils finissaient par pouvoir faire leur travail, « libérés » par leurs confrères.
Vous l’avez donc compris, gérer l’une et l’autre zone était impossible, à moins d’être soudainement capable de se démultiplier. Bruno Genesio réalisait ainsi deux apparitions médiatiques, l’une bien au chaud en conférence de presse et l’autre dans le froid en zone mixte. Le froid ? Demandez à Aïssa Mandi, lui qui l’aura bien testé et ressenti lorsqu’il sortait en tong pour répondre aux questions de la cellule de communication du club. Sa démarche frileuse l’attestait et il semblait bien plus à l’aise avec quelques couches de vêtements supplémentaires une trentaine de minutes plus tard.
Du beau monde
Cette zone mixte était d’ailleurs plus animée qu’à l’accoutumée, théâtre même d’une certaine effervescence. Cela s’expliquait en partie par la présence de l’état-major lillois, en nombre pour une sorte de séminaire à Belgrade. Il était ainsi possible d’apercevoir Olivier Létang, évidemment, mais aussi Alessandro Barnaba, propriétaire, ou encore Sébastien Pennacchio, directeur technique de la formation et second de Jean-Michel Vandamme. Il n’apparaît habituellement jamais lors des matchs des équipes professionnelles, mais plutôt du côté des jeunes au Domaine de Luchin.
Un joueur de l’Étoile Rouge de Belgrade naviguait entre ces derniers, attendant impatiemment de pouvoir obtenir le maillot d’un certain Olivier Giroud. Le hic est qu’il avait déjà lâché ce précieux sésame quelques minutes plus tôt sur la pelouse du Marakana. Le Serbe quittait ainsi la zone du vestiaire lillois la tête baissée, semblant véritablement être dégoûté. L’un de ses coéquipiers a bien tenté d’aller lui chercher une autre tunique, mais cela ne pouvait ni le contenter, ni le consoler. Il y eut la victoire, les trois points, mais pas cette ultime récompense.






