Publié le 9 janvier 2020 à 00:00

Dans une interview pour SoFoot, Ludovic Obraniak est revenu sur le côté négatif que renvoie un joueur au grand public :
« Les gens n’ont qu’à se demander pourquoi la probabilité de devenir pro est aussi faible. Imagine ce que ça demande, au-delà du talent. Mais je ne leur en veux pas : ils ne vivent pas la même chose que nous et ne peuvent pas savoir.
Si demain je leur fais vivre une journée ou une semaine d’un sportif de haut niveau, ils se rendront mieux compte. Mais ils ont juste l’impression qu’on s’entraîne deux heures par jour, qu’on joue des matchs de temps en temps, et que ça s’arrête là. L’implication d’un sportif professionnel est totale, sur et en dehors du terrain. On ne vit que pour ça. Tout le temps. Je n’ai pas vu certains de mes enfants grandir, et j’ai perdu beaucoup d’amis parce qu’il fallait des heures de sommeil convenables, manger convenablement ou qu’il ne fallait pas se montrer parce qu’il y avait des périodes un peu plus dures. Ce n’est pas juste courir derrière un ballon. Il n’y a pas beaucoup de métiers où ton poste est remis en question tous les jours ; où au bout de dix ans on te dit : « Bientôt, tu ne feras plus ce métier, il faudra te réinventer. » Ça, les gens n’en ont pas conscience. L’humain est comme ça : il envie toujours ce que les autres ont de plus. Ça ne m’a jamais gêné, d’autant que ces gens-là nous font vivre. Sans supporters, sans spectateurs, il n’y a pas de foot. Ils ont un droit d’opinion sur nous, et celle-ci est parfois tronquée par de la mal-connaissance de ce qu’on fait, de l’ignorance ou de la jalousie. Ça fait partie du jeu. »
Alors qu'il avait une très belle patte gauche, Ludovic Obraniak sera sur une liste de droite aux prochaines municipales. https://t.co/VhML3Gj6h0
— SO FOOT (@sofoot) January 8, 2020
Crédit photo : IconSport






