Publié le 22 octobre 2026 à 13:03

Soriba Diaoune et Ngal'ayel Mukau, ailier et milieu du LOSC.

Crédit Photo : Le Petit Lillois / Quentin Delcourt

Par - Catégories : Football, LOSC-

Cette saison encore, Le Petit Lillois tente de vous faire vivre les coulisses des rencontres du LOSC. On se concentre cette fois sur ce que vous n’avez peut-être pas vu lors de la défaite concédée contre Galatasaray (2-4) en Ligue des champions.

La troisième journée de Ligue des champions a été le théâtre d’un duel entre le LOSC et le Galatasaray SK ce mercredi, duel remporté par les visiteurs (2-4) à l’issue d’une rencontre particulièrement animée. Les Turcs, au nombre de 2100 en parcage, mais bien plus nombreux dans les travées de la Decathlon Arena – Stade Pierre-Mauroy, ne se sont pas contentés d’être silencieux. Les Dogues, pourtant chez eux, devaient lutter avec les sifflets. Les Stambouliotes ont carrément pu célébrer leur succès dans une atmosphère locale à l’issue de la rencontre.

Les journalistes présents en tribunes, excités par l’enjeu dès le coup d’envoi, ont été marqués par cette ambiance, au point de voir l’attaché de presse du club lillois se faire taquiner à l’annonce de l’affluence et du nombre de visiteurs. « Il manque un zéro pour les visiteurs, non ? », ironisait un journaliste habitué de l’enceinte nordiste. Ce que ce dernier ne faisait pas si bien dire, alors que les Turcs avaient déjà animé le parvis de leur présence la veille, autour de la conférence de presse du Galatasaray SK (mardi, 20h).

Pas d’invitation en conf’

C’est le protocole habituel lors de joutes européennes : la veille de chaque rencontre est animée par le traditionnel bal des conférences de presse. La délégation du Galatasaray SK arrivait tardivement dans la capitale des Flandres, après avoir sommé l’UEFA de garantir sa sécurité à Lille, ville marquée par d’importantes manifestations le week-end dernier. Ces considérations n’ont pas inquiété les journalistes turcs, quant à eux bien présents dans le Nord dès mardi matin. Fait rare pour des médias extérieurs, plusieurs équipes (de télévision, notamment) étaient déjà au Domaine de Luchin pour suivre les déclarations de Davide Ancelotti et Alexsandro.

Ce nombre était au moins multiplié par dix dans les coulisses du Stade Pierre-Mauroy en cours de soirée. Plus d’une trentaine de journalistes attendaient impatiemment l’arrivée de la délégation du Galatasaray SK, arrivée avec près d’une vingtaine de minutes de retard. Ils auraient pu être encore plus nombreux sans l’intervention de la sécurité présente sur place. Certains souhaitaient amener leur famille pour assister à la conférence de presse. Leur entrée a évidemment été refusée, tout comme celle de certains supporters ayant également tenté leur chance.

Soriba Diaoune, de l’émotion

Outre l’atmosphère générale, un jeune homme a également marqué les esprits ce mercredi. Il s’agit de Soriba Diaoune. Auteur d’un doublé à 19 ans, il aura fait chavirer par deux fois les travées de la Decathlon Arena – Stade Pierre-Mauroy. Pas seulement les supporters, mais les journalistes aussi. « Il est en feu, presque à l’initiative de toutes les opportunités lilloises. Il met le feu à la défense turque », s’extasiait Alexis Araujo, commentateur pour Canal+, sur une simple action individuelle. « C’est le plus beau soir de sa vie », hurlait-il encore après son doublé, totalement emballé. Il n’était pas le seul.

Même le banc lillois, le sourire jusqu’aux oreilles, apparaissait époustouflé, tandis que Davide Ancelotti sautait dans les bras de son adjoint Andy Mangan. Ces moments de joie ont néanmoins vite été éclipsés par la déroute subie au retour des vestiaires. Si le collectif lillois avait tenu son rang, Soriba Diaoune aurait sans aucun doute été le héros de la soirée. Ils étaient nombreux, parmi les médias locaux, à regretter de ne pas pouvoir faire de lui leur grand sujet. Les chiffres resteront malgré tout : à 19 ans et 68 jours, Soriba Diaoune est devenu le plus jeune buteur de l’histoire du LOSC en Ligue des champions, détrônant Ngal’ayel Mukau (20 ans et 24 jours).

Le derby dans les têtes

Cette statistique n’effaçait cependant pas la vive déception visible sur les visages des Dogues au coup de sifflet final. Plusieurs d’entre eux s’écroulaient même spontanément sur le pré. Maurits Kjaergaard, par exemple, mais aussi Dinale Bakwa, caché derrière son maillot. Malgré cette défaite, ils pouvaient toujours compter sur le soutien de leurs supporters. Ces derniers s’avéraient néanmoins exigeants, réclamant la victoire lors du derby qui aura lieu dans 8 petits jours. « On veut le derby, on veut le derby, on veut le derby », répétaient-ils à tue-tête alors qu’une bonne partie des tribunes s’était déjà vidée.

Les supporters lillois se sont également fait remarquer en cours de match, lorsqu’ils déployaient des banderoles avec un message faisant référence aux dernières manifestations. « Lille contre les casseurs, soutien aux commerçants », était-il possible de lire au cœur de la section des Dogues Virage Est (DVE).

Victor Osimhen, entre colère et respect

Cette partie entre le LOSC et Galatasaray était synonyme de retrouvailles pour Victor Osimhen, passé par Lille lors de la saison 2019-2020. Joueur au tempérament volcanique, comme lorsqu’il hurlait sur ses coéquipiers après s’être retrouvé tout seul en attaque, il gardait pourtant son calme après avoir fait trembler les filets. Il se contentait de lever les bras en l’air, de joindre les mains pour s’excuser, puis de mimer un cœur en direction des tribunes lilloises. Dogue un jour, Dogue toujours… Victor Osimhen était applaudi à sa sortie et échangeait brièvement avec le speaker François Vandewèghe, tout sourire, avant de rentrer aux vestiaires.

Tout feu, tout flamme, il l’a également été en zone mixte. Homme du match, il était tout sourire au moment d’évoquer son amour pour le LOSC au micro des journalistes. Il s’évaporait néanmoins soudainement, ses sourcils se fronçaient également, et il prenait un ton plus grave au moment de répondre à certaines critiques. « Personne ne peut me dire comment courir, comment jouer, comment marquer des buts, de toute façon je le fais déjà et c’est pour ça que je suis l’un des meilleurs attaquants du monde », n’hésitait pas à répondre Victor Osimhen, dans la provoc, faisant sourire certains locaux qui avaient perdu l’habitude de son phrasé.

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Une heure top chrono

À contrario de certains matchs de Ligue 1, les joueurs du Galatasaray SK sont restés sobres dans le succès. Aucun son ne s’est échappé de leur vestiaire pour se faufiler dans les couloirs de la zone mixte. Cette dernière a d’ailleurs très vite été animée, ne laissant pas une minute de répit à ses occupants qui se poussaient parfois les uns, les autres pour récupérer quelques mots.

En moins d’une heure, toutes les réactions avaient pu être récoltées par les journalistes présents sur place : à savoir deux interventions de joueurs par club, ainsi que les apparitions des techniciens en conférence de presse. Est-ce là un record ? Nous n’en sommes certainement pas loin.

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Malgré ces facilités professionnelles, la monnaie la plus précieuse pour travailler n’est rien d’autre que le temps, la soirée se terminait sur un climat peu réjouissant. Dans les débats de comptoir, au détour d’un article, l’inquiétude grandit quant à l’avenir du LOSC en Ligue des champions. Ils sont peu nombreux, voire inexistants, à être encore optimistes pour les Dogues. À eux de faire démentir toutes ces projections.

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