Publié le 14 octobre 2026 à 12:01

Crédit Photo : Julian Finney/Getty Images
Cette saison encore, Le Petit Lillois tente de vous faire vivre les coulisses des rencontres du LOSC. On se concentre cette fois sur ce que vous n’avez peut-être pas vu lors de la lourde défaite concédée contre Arsenal (3-0) en Ligue des champions.
L’essentiel, ce sont les trois points. Voilà un adage qui collait à la peau des Dogues après la victoire, précieuse mais pas franchement méritée, obtenue sur Le Havre AC (1-0) en Ligue 1 le week-end dernier. Il n’a pas été respecté ce mardi, à l’Emirates Stadium, où ils se sont plutôt contentés de trois buts… trois buts encaissés. Sans surprise au vu des différences de statut, le LOSC a effectivement été étrillé (3-0) par Arsenal à l’occasion de la deuxième journée de Ligue des champions.
Ce résultat pouvait être attendu, sans pour autant qu’il ne soit espéré. Les discours tenus par Davide Ancelotti et Olivier Giroud allaient dans ce sens en conférence de presse, apparaissant devant les caméras après avoir rejoint Londres en train. Le wagon nécessaire avait été privatisé pour le voyage, un détail vert à noter tant il est rare malgré les problématiques auxquelles le monde doit faire face. Les mots n’ont néanmoins pas suffi et, ironie colorimétrique, les Dogues ont pris une gifle rouge et blanche outre-Manche.
Un premier hommage
Outre le traditionnel bal des conférences de presse, période lors de laquelle Olivier Giroud rappelait à toutes et tous son amour pour Arsenal, l’avant-match était marqué par la tristesse partagée par l’ensemble de la communauté des Canonniers. Ces derniers venaient de perdre un être aimé : Ken Friar Obe, dirigeant historique d’Arsenal au point d’en avoir été nommé président à vie. Les joueurs de Mikel Arteta portaient, signe d’une pensée affectueuse, un brassard noir sur le bras.
Sur le parvis, sa statue se retrouvait soudainement ornée d’un attirail complet (fanion, écharpes, bonnet) aux couleurs du club. Des fleurs étaient évidemment parsemées ici et là, ainsi qu’un paquet de KitKat, célèbre barre chocolatée. Chacun a sa façon de matérialiser sa tristesse à Londres. Un hommage plus conséquent au stade, au travers par exemple d’une minute de silence, sera réalisé le week-end du 24 octobre, date du prochain match à domicile (contre Everton) pour les Gunners.
À quelques heures d’#ARSLOSC, le LOSC présente ses plus sincères condoléances au club d’@Arsenal, à ses supporters ainsi qu'à la famille de Ken Friar, « président à vie » des Gunners et figure emblématique du football anglais. Nos pensées accompagnent l'ensemble du club… https://t.co/yI9mcbUY3K
— LOSC (@losclive) October 13, 2026
Encore plus de blanc et de rouge
En parallèle, malgré quelques couacs dans les horaires transmis, les milliers de supporters lillois présents dans la capitale britannique se rejoignaient pour ne faire plus qu’un. Ville très cosmopolite, Londres est habituée à être représentée par une multitude de couleurs. Il faut dire que les clubs prestigieux sont nombreux en son sein. Ce mardi était néanmoins une journée unique, lors de laquelle seuls le blanc et le rouge faisaient foi.
Ensemble, partout 😤
𝑴𝒆𝒓𝒄𝒊 🔥#ARSLOSC pic.twitter.com/AhhV2UM6N3
— LOSC (@losclive) October 13, 2026
Chants et cris d’encouragement se sont ainsi mêlés dans les rues de Londres, jusqu’à ce que le cortège formé atteigne le pied de l’Emirates Stadium. Là, au niveau d’un goulot d’étranglement, la tension est montée par endroits et certains Lillois ont été interpellés par les forces de l’ordre britanniques. Cela a entraîné une certaine désorganisation puisqu’en soutien, la section des Dogues Virage Est ne s’est pas éternisée dans le parcage, au sein duquel devaient initialement figurer 3000 supporters lillois.
Les incompréhensions organisationnelles se sont ensuite additionnées, jusqu’à ce que certains Lillois se retrouvent sans bus au coup de sifflet final. La gare St. Pancras aura été leur refuge pour la nuit.
Un homme du match récidiviste
« Arsenal est une équipe qui joue avec le surnombre. Il y a toujours un joueur dans l’interligne, un joueur côté et le latéral qui se projette. J’ai essayé de bloquer au maximum mon couloir, mais ça a peut-être parfois été moins le cas », reconnaissait Romain Perraud au coup de sifflet final. Le latéral lillois a été sérieusement bousculé tout au long de la rencontre, gêné par le nombre de joueurs présents sur son côté. Parmi eux figurait un certain Jurrien Timber, latéral auteur du premier but inscrit par les Gunners sur une belle percée individuelle (64′). Cette réalisation était la conclusion d’un travail de sape effectué inlassablement depuis plus d’une heure sur la défense lilloise.
Jurrien Timber goal in Arsenal vs Lille UCL game. pic.twitter.com/2KUcgo0ovB
— Daily Foot Vibes (@dailyfootvibes) October 13, 2026
Le Néerlandais terminait la rencontre en étant auréolé d’une distinction individuelle, celle récompensant le meilleur joueur de la rencontre. Sa présence a sans aucun doute rappelé de mauvais souvenirs aux supporters lillois, puisqu’il s’était déjà dressé en adversaire du LOSC en février 2021 lors d’une double confrontation comptant pour les seizièmes de finale de la Ligue Europa avec l’Ajax Amsterdam. Les Dogues s’étaient inclinés (4-2, score cumulé), pointant du doigt un arbitrage très critiqué sur les deux rencontres, notamment celui d’Ivan Kruzliak au match aller.
Homme du match, Jurrien Timber a, avec son but, fait s’effondrer le château de cartes lillois, lançant les siens vers un succès logique. Les Dogues encaissaient ensuite deux nouveaux pions en moins de temps qu’il ne faut pour le dire (67′, 71′). Ce scénario avait été tant redouté par les médias nordistes, qu’il y avait un peu de soulagement dans l’air à l’issue d’une première période plutôt encourageante. Certains avaient même partagé leur optimisme à la pause, avant de rester sur les fesses lors du second acte. La déroute a bel et bien eu lieu (3-0).
Des retrouvailles
Toute la soirée a été synonyme de retrouvailles à l’Emirates Stadium. Il y a évidemment eu Olivier Giroud, dont l’aura a pris le pas sur celle du LOSC lors de ce duel. Son nom revenait incessamment, au point d’être l’un des seuls sujets évoqués par les médias britanniques.
L’attaquant lillois n’a néanmoins pas été le seul à renouer avec son passé. Moins attendu, Joe Cole a salué le parcage lillois en arrivant dans l’enceinte du stade dans la peau d’un consultant (pour TNT Sports). Il affichait un immense sourire lors d’une poignée de secondes hors du temps.
La légende Joe Cole est laaaa 🏴 #ARSLOSC pic.twitter.com/Zlwu4geqWv
— Hortense Leblanc (@hortense_lblnc) October 13, 2026
Enfin, il y a eu Gabriel Magalhães. Passé par le LOSC de 2017 à 2020, son premier club sur le continent européen, le défenseur central était ému à l’idée de retrouver son ancienne formation. Il avait d’ailleurs partagé ses émotions en avant-match, lors d’une conférence de presse organisée au centre d’entraînement d’Arsenal. Sur le terrain, il ne lui a cependant fait aucun cadeau, même s’il déviait une frappe lointaine de Nabil Bentaleb sur Hakon Haraldsson. L’Islandais servait alors Ayase Ueda pour une réalisation lilloise néanmoins refusée pour hors-jeu (22′).
Le Brésilien a également retrouvé son compatriote Alexsandro, avec lequel il a longuement échangé au coup de sifflet final. Les deux hommes, défenseurs centraux, se sont côtoyés en sélection sous la houlette de Carlo Ancelotti.
La soirée d’Olivier Giroud
L’attraction de cette opposition entre Lillois et Gunners se nommait Olivier Giroud. Du haut de ses 40 ans, le vétéran français était particulièrement attendu dans l’enceinte de l’Emirates Stadium, stade dont il a foulé la pelouse pendant six ans de 2012 à 2018. L’incertitude planait néanmoins sur l’accueil qui allait être le sien, alors que son départ à Chelsea en 2018 avait fait grincer des dents.
Les prémices de cet événement pouvaient être entendus lors de ses premiers pas à l’échauffement. Lorsqu’il se présentait avec ses coéquipiers, Olivier Giroud était autant applaudi qu’hué. Les deux camps se faisaient entendre autant l’un que l’autre. La suite fut bien différente. Lors de son entrée en jeu (78′), il se faisait quasiment unanimement ovationné par les tribunes de l’Emirates Stadium. Ces dernières se sont levées telles un seul homme pour l’applaudir.
Olivier Giroud comes on to make his return to the Emirates 👏
📺 Stream on TNT Sports & HBO Max: https://t.co/WPrcA5ZrQ1 pic.twitter.com/pKPtnsKsWG
— Football on TNT Sports (@footballontnt) October 13, 2026
Son apparition sur le pré a été hautement symbolique, plus qu’impactante, alors que le scénario de la rencontre était déjà scellé. Les images le concernant se sont néanmoins multipliées, comme lorsqu’il retrouve Mikel Arteta et l’enlace au centre du terrain. Olivier Giroud a d’ailleurs terminé dans le vestiaire des Gunners au coup de sifflet final.
« Mikel (Arteta) m’a dit de passer dans le vestiaire pour passer du temps ensemble, expliquait Olivier Giroud au micro des équipes de Canal+. Il fallait courir avec toute l’équipe sur le terrain, mais là, j’ai pris le temps de faire un petit tour de stade, c’était génial. C’était un super sentiment, avec des émotions particulières. J’ai passé cinq ans et demi ici (2012-2018), ils ne m’ont pas oublié. C’est ce qui est beau ici, chez les Anglais. J’aurais préféré qu’on accroche quelque chose ce soir (mardi), c’est sûr, mais je suis content de ces retrouvailles avec mon ancien club. »
Engagé dans un après-match particulièrement animé, Olivier Giroud a été le dernier membre du vestiaire lillois a quitté les entrailles de l’Emirates Stadium. Le bus des Dogues, avec son membre le plus âgé à son bord, pouvait enfin filer et traverser les lueurs de la ville dans la nuit londonienne.
Une interview japonaise
Alors que les défenseurs ont animé la zone mixte (Romain Perraud, Nathan Ngoy et Alexsandro), du moins leur grain de voix au travers de déclarations en tout genre, les offensifs lillois n’était pas en reste. En plus d’Olivier Giroud, tout simplement chez lui, Ayase Ueda a également fait parler de lui. Titulaire, le Japonais est sorti en boitillant à la 78e minute de cette partie entre Arsenal et le LOSC. Il boitait encore à sa montée dans le bus, ce qui ne passait pas inaperçu auprès des derniers représentants de la presse présents à ses abords.
Son nom avait, avant cela, été employé à plusieurs reprises en zone mixte, sans pourtant qu’il ne se présente cette fois devant un micro. L’un de ses compatriotes, journaliste, comblait le vide laissé par son absence de confidences au travers de questions posées à un confrère lillois n’ayant pas manqué une seule rencontre et désormais habitué à le voir fouler le pré. Comble pour un journaliste : être questionné soi-même en zone mixte. C’est ainsi le clap de fin d’une soirée à l’issue sportive douloureuse.
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