Publié le 9 septembre 2026 à 17:01

Crédit Photo : Le Petit Lillois / Quentin Delcourt
Cette saison encore, Le Petit Lillois tente de vous faire vivre les coulisses des rencontres du LOSC. On se concentre cette fois sur ce que vous n’avez peut-être pas vu lors de la première défaite lilloise de la saison. C’était en Ligue des champions, contre le Betis (2-3).
Il y a deux ans, lors de la saison 2024-2025, le LOSC avait fait son entrée en lice en Ligue des champions à l’extérieur, sur la pelouse du Sporting CP. La désillusion avait été totale, avec un revers logique et froid (2-0). Les Dogues n’avaient pas réellement existé, pas aidés par l’expulsion précoce du milieu de terrain Angel Gomes (40′), qui évolue encore aujourd’hui sous les ordres de Bruno Genesio, mais à l’Olympique de Marseille. Une défaite, une expulsion ? Le LOSC a vécu un match au dénouement similaire ce mardi, lors de la réception du Betis (2-3). Tout avait pourtant bien commencé avec une première mi-temps cohérente, conclue sur un avantage précieux (2-1). Il suffisait néanmoins de dix minutes au retour des vestiaires pour que tout soit renversé. Un coup de tête, une frappe croisée, de la provocation et une expulsion (Mbappé, 56′), le LOSC a de nouveau chuté pour ses débuts en Ligue des champions. Ce scénario a évidemment ravi nos confrères espagnols, présents en nombre dans l’enceinte de la Decathlon Arena – Stade Pierre-Mauroy.
Invasion espagnole
Cette horde ibérique, c’est presque par elle que l’on commence à vous faire entrer dans les coulisses de cette opposition étoilée entre le LOSC et le Betis. Celle-ci débutait dès lundi, avec le traditionnel bal des conférences de presse et des séances d’entraînement ouvertes en partie aux médias. Au Domaine de Luchin, le Dogue règne en maître. C’est ainsi qu’un invité foulait la pelouse sans même avoir chaussé ses crampons lors de la séance menée par Davide Ancelotti. Il s’agissait littéralement d’un chien, celui du président lillois Olivier Létang. Présent sur le pré, mais tranquillement sur le côté pour ne pas déranger ceux qui partagent son domaine, il égayait la matinée des journalistes locaux et nationaux. Ces derniers s’apprêtaient à vivre deux journées plus ou moins intenses avec le retour des compétitions européennes : Ligue des champions et Youth League comprises. Mais là, pas un seul Espagnol n’avait encore pointé le bout de son nez. Il fallait attendre le début de soirée pour les voir débarquer. Entre télévision, radio, site web et presse écrite, une cinquantaine de journalistes faisaient soudainement irruption dans les entrailles de la Decathlon Arena – Stade Pierre-Mauroy pour assister à la conférence de presse de Manuel Pellegrini. Ils prenaient place avec fracas, profitant du buffet, de la température (heureux de pouvoir respirer de nouveau loin de la chaleur andalouse) et de leurs confrères français pour grappiller quelques précieuses informations, à savoir :
- La composition probable du LOSC en Ligue des champions (une habitude).
- La composition probable du LOSC en Youth League (il a fallu se retrousser les manches, mais pas peu fier à une erreur près).
- Les meilleures adresses de restaurants italiens à Lille (ne nous demandez pas pourquoi). Ils étaient d’ailleurs pris au piège le lendemain, surpris par les horaires auxquels mangent les Français (vers 12h et non pas 14h). Certains n’ont même pas eu le temps de se mettre quoi que ce soit sous la dent, pris par le temps et leur propre insouciance. Ils étaient heureux d’apprendre, au moment de récupérer leurs accréditations, que le stade Pierre-Mauroy leur réservait quelques victuailles pour qu’ils puissent se sustenter (voire survivre).
Pour remettre de l’ordre, rien de mieux qu’un attaché de presse, un coach et un joueur : la conférence de presse du Betis était prête à débuter.
Jeu de poker menteur
Du haut de ses 72 ans, soit l’entraîneur le plus expérimenté cette saison en Ligue des champions, Manuel Pellegrini était accompagné par Alvaro Valles, son portier, devant les médias. Il n’a néanmoins pas eu besoin de lui pour leur jouer de vilains tours. Interrogé sur Davide Ancelotti, le technicien se contentait de quelques compliments. Les journalistes locaux, dont c’était l’un des sujets, souhaitaient néanmoins en avoir un peu plus et tentaient, via un angle distinct, de relancer pour en obtenir un peu plus. Manuel Pellegrini faisait d’abord mine qu’aucune traduction ne venait jusqu’à ses oreilles, ce que démentira plus tard la traductrice présente autour du match, et poussait son interlocuteur à reprendre en anglais. La question était plus limitée, sa réponse aussi : « J’ai déjà répondu à cette question, je suis simplement sûr qu’il va faire de belles choses en tant qu’entraîneur principal », se contentait-il de répéter, au plus grand désarroi de l’un de nos confrères. On apprit plus tard, en plein match, que Manuel Pellegrini parlait en fait français… Malins, très malins les Chiliens.
Passage au Domaine
Nos amis espagnols, il était possible de les retrouver le lendemain au Domaine de Luchin pour suivre la joute opposant la jeunesse du LOSC à celle du Betis en Youth League. Il suffisait d’être là pour constater l’écart de moyens entre les médias espagnols et français. Les premiers nommés, du moins certains, commentaient en direct la rencontre en tribunes. Cela ne se verrait jamais par chez nous, alors que nous étions bien moins nombreux (2, seulement) à couvrir la rencontre.
Place au jeu
De la Youth League à la Ligue des champions, il n’y a qu’un pas, notamment pour Soriba Diaoune. Après avoir disputé 90 minutes dans la peau du capitaine sur la pelouse du Terrain Eden Hazard, le jeune Lillois était présent sur la feuille de match en Ligue des champions. Il n’a pas grappillé la moindre seconde, mais a participé à la haie d’honneur réalisée par les remplaçants aux titulaires lors de leur rentrée aux vestiaires après l’échauffement. « Cela traduit beaucoup d’unité au sein du groupe », commentait Christophe Jallet du haut de son poste de commentateur. Cela n’a malheureusement pas suffi pour l’emporter. Les Dogues étaient battus (2-3) lors d’une partie marquée par la sortie prématurée de Nabil Bentaleb. Ce dernier, victime d’une migraine ophtalmique, s’est plaint à plusieurs reprises au cours du premier acte, notamment lorsque ses compères célébraient la réalisation inscrite par Alexsandro (36′). Il se retrouvait, déjà à cet instant, auprès du staff lillois, se positionnant même sur ses genoux pour tenter de retrouver la pleine possession de ses moyens.
La surprise japonaise
Cette rencontre a, malgré la défaite, tout de même fait des heureux. Outre les Espagnols, les tribunes étaient également garnies de deux journalistes japonais, eux qui suivent les pas de la nouvelle recrue lilloise Ayase Ueda depuis son arrivée au LOSC. Dans leur coin avant le coup d’envoi, ils ne pouvaient cacher leur surprise et leur excitation lorsqu’ils découvrirent, à travers la feuille de match distribuée dans les coursives, la titularisation de leur poulain au détriment d’Olivier Giroud. Ils se faisaient ainsi remarquer malgré eux. Nos confrères asiatiques s’entretenaient d’ailleurs brièvement avec Ayase Ueda, auteur de son deuxième but en deux matchs avec le LOSC, en zone mixte au coup de sifflet final.
Des hommages en tribunes
Le public présent dans les tribunes du stade Pierre-Mauroy fait également partie de la rencontre. Celui-ci ne s’était cependant pas déplacé en nombre malgré l’importance de l’affiche. Seuls 38 587 spectateurs ont ainsi été comptabilisés. Cela ne les a pas empêchés de se faire remarquer, dans le bon comme dans le mauvais. Il y a d’abord eu la minute de silence pour les victimes des inondations au Népal… puis un hommage rendu à la 86e minute aux victimes de l’attentat de Nice survenu en 2016. Une banderole « Nice, 10 ans, on pense à vous » était ainsi brandie par la section des Dogues Virage Est. La section de supporters a également salué le retour de Rio Mavuba, capitaine historique du LOSC, au sein de l’organigramme lillois, et plus précisément à la tête de son centre de formation. « Bon retour chez toi Captain Rio », était-il possible de lire sur une banderole similaire brandie en cours de match. Le nom de Rio Mavuba a d’ailleurs été scandé pendant quelques instants. Ce dernier était présent en tribune présidentielle, non loin d’Olivier Létang.
Zone mixte expédiée
Enfin, le temps était aux réactions au coup de sifflet final. Le passage en zone mixte a été express côté lillois. Tiago Santos débarquait rapidement auprès des médias, ne pouvant cependant échanger qu’une grosse minute, puisque Gaëtan Perrin prenait le même chemin dans la foulée. Au bout d’une dizaine de minutes, même pas, tout était conclu. Nos confrères espagnols avaient ainsi tout le loisir de s’étaler, poussant progressivement les locaux vers la sortie. Là aussi, dans les couloirs, l’échec subi par les Lillois se ressentait dans l’atmosphère ambiante. Ne reste plus qu’à se rattraper avec la réception de l’ESTAC Troyes ce dimanche (15h) en Ligue 1.






