Publié le 5 juillet 2026 à 19:06

Crédit Photo : Le Petit Lillois / Corentin Betrancourt
Deux ans après avoir quitté le LOSC pour s’envoler en outre-Manche, que devient Leny Yoro ? On fait le point avec un supporter mancunien.
A l’été 2024, le peuple lillois avait dû se résigner à perdre un talent issu du centre de formation : Leny Yoro. Courtisé par le Real Madrid, le jeune défenseur central avait finalement cédé aux sirènes de Manchester United. Deux ans plus tard, alors que le natif de Saint-Maurice poursuit son apprentissage dans le Nord de l’Angleterre, quel est le bilan de son aventure chez les Red Devils ? Entre instabilité, pépins physiques et fort potentiel, retour sur l’exode de l’ancien lillois.
Pour les supporters du LOSC, Leny Yoro reste ce gamin d’une maturité effrayante qui, à seulement 18 ans, contenait les attaquants de Ligue 1 avec une élégance rare. Ses interventions défensives, ses relances et son calme sous la pression sont encore dans toutes les mémoires. Son départ était inéluctable. Pour comprendre comment le phénomène a été accueilli outre-Manche, nous sommes allés prendre le pouls auprès de NAKanaaneh, une voix très suivie par la communauté des supporters de Manchester United sur X (ex-Twitter), qui nous a partagé son analyse sur ces deux premières saisons.
L’arrivée du « Mbappé des défenseurs »
Lors du mercato estival 2024, le transfert de Yoro vers l’Angleterre secoue le mercato. Si le Real Madrid fait de l’œil au joueur, la direction mancunienne se montre plus tranchante. L’influence de l’agent Jorge Mendes et une offre financière impossible à refuser pour Lille ont débloqué le deal. Dans le Nord de l’Angleterre, ce fût une grande satisfaction : le club s’est offert l’un des jeunes défenseurs les plus courtisés de la planète à cette époque.
« J’étais content car il était jeune, 18 ans, c’était un joueur qui s’était fait remarquer dans tous les sens en Ligue 1, regardé par les plus grands clubs » se souvient le mordu des Red Devils. Selon lui, la bascule s’est faite sur la détermination de Manchester : « On a donné l’argent qui était demandé, ce que le Real Madrid ne voulait pas faire, ce qui était irrespectueux pour le LOSC et pour le joueur. Nous, on a dit « on te paye » et tu viens. » Au moment de sa signature, l’engouement était important : « Oui je le suivais, c’était un peu le Mbappé des défenseurs. Au moment où on l’achète, tout le monde le regarde… il a l’air bien plus mature que son âge, on en oublie l’âge qu’il a ».
Une première saison entachée par une blessure
Pourtant, le rêve anglais vire rapidement à la déception. Dès la pré-saison, le jeune Français subit une blessure au pied qui retarde cruellement son intégration. Ce retard a coïncidé avec une année de chaos interne et sportif pour United, marquée par l’arrivée d’Ineos, le licenciement d’Erik ten Hag, l’intérim de Ruud van Nistelrooy et enfin l’installation de Ruben Amorim, le tout se soldant par une 15ème place en championnat.
« Il vient dans un contexte de transition, changement de board, arrivée d’Ineos, notre pire saison on finit 15ème (rire) » retrace le fan de Manchester United. Malgré ce marasme et sa blessure au pied en pré-saison, l’ancien Lillois s’intègre progressivement dans cette équipe instable. Le suiveur mancunien souligne qu’il y a eu du bon et du mauvais pour sa première année, le joueur devant s’adapter à un tout nouveau système tactique. Leny Yoro aura participé à 33 matchs toutes compétitions confondues, engrangeant 2054 minutes de jeu.
Une deuxième saison alternant bon et moins bon
La deuxième saison fût celle de la reconstruction sous Ruben Amorim. Paradoxalement, le temps de jeu de Yoro s’avère un peu plus réduit (1829′ en 33 matchs). Privé de Coupes d’Europe et éliminé prématurément des coupes nationales, Manchester United ne joue presque que la Premier League, ce qui limite fortement le turnover. Entre l’émergence surprise du jeune Heaven au même poste, la décroissance de Harry Maguire, et la longue blessure au dos de Matthijs de Ligt, les cartes fût constamment rebattues.
Cette situation pousse parfois notre ancien Dogue à dépanner à un poste moins habituel. Comme le souligne le supporter de Manchester, « cette saison, vu qu’on n’a pas joué toutes les compétitions, il a eu moins de temps de jeu, on a joué que la Premier League ». Dans ce contexte d’apprentissage, le jeune Français alterne le chaud et le froid, « il a eu du bon et du mauvais, il est même rentré en position de latéral droit, il aura fait le taff défensivement ». Mais la rudesse du championnat anglais s’est aussi rappelée à lui lors de certains chocs, puisqu’il y a eu « un match où il s’est fait manger face à Aston Villa, où il fait une erreur. D’ailleurs quand il fait une erreur, il s’en veut, ça se voit ». Pour notre observateur mancunien, le problème n’est pas une question de niveau, mais de rythme, car « c’est un joueur qui a besoin d’enchaîner les matchs pour engranger en confiance et proposer des meilleures prestations ».
Lors de l’arrivée de Mickael Carrick, en intérim, l’ancien lillois n’a connu qu’une seule minute de jeu lors des quatre premiers matchs du nouvel entraîneur. Les observateurs ont d’abord cru que Leny Yoro ne faisait pas partie des plans de l’ancien joueur de Manchester United avant qu’il n’apparaisse à dix reprises sur les treize matchs qui ont suivi.
L’avenir de Leny Yoro est « entre ses mains »
Après deux ans, le bilan de Leny Yoro est celui d’un talent qui apprend dans l’exigence de la Premier League. Si son potentiel est indiscutable, les observateurs britanniques pointent parfois du doigt son manque d’impact physique et d’agressivité face aux joutes anglaises. Le suiveur des Red Devils estime d’ailleurs que le cap à franchir se situe principalement sur le plan mental : « C’est dans sa tête, c’est l’aspect psychologique. Être plus méchant au duel, c’est ça qu’on lui reproche des fois, trop gentil, trop soft, faut qu’il rentre plus dans le tas ».
Pour autant, le public d’Old Trafford refuse de céder à la panique et maintient une foi immense en lui. « Il en est capable, je suis pas inquiet pour lui en tout cas », insiste le supporter de Manchester, ravi de pouvoir compter sur un tel profil pour l’avenir. Il conclut son analyse avec beaucoup de lucidité et d’espoir pour la suite : « Il est encore jeune, il y a le temps, content de sa signature, on aimerait qu’il s’impose directement mais avec le contexte c’est pas facile, tout est entre ses mains ».
À Lille, on continue de suivre l’évolution de notre ancien défenseur avec une immense bienveillance. Passer de la relative sérénité du Domaine de Luchin à l’essoreuse médiatique et physique de Manchester United demande du temps. Mais le Nord sait de quel bois Leny est fait : patience, notre crack va finir par imposer sa loi au Théâtre des Rêves.






