Publié le 29 mai 2026 à 13:13

Bruno Genesio, entraîneur du LOSC, au bord du terrain.

Crédit Photo : Le Petit Lillois / Nicolas Opigez

Par - Catégories : Football, LOSC-

Après 99 matchs et deux saisons dans le Nord, Bruno Genesio s’en est allé. Le choix de la sécurité, ce qui qualifiait son arrivée, s’est finalement avéré être une option étoilée.

Lorsque le LOSC se séparait de Paulo Fonseca, ambitieux et déterminé à prouver à l’Italie qu’il était un entraîneur de qualité après son passage compliqué à l’AS Rome, c’est vers Bruno Genesio qu’il se tournait. Sa nomination n’avait pas provoqué un élan d’enthousiasme, qualifié de « choix safe » qui ne permettait pas « de passer une étape » supplémentaire après le travail de reconstruction réalisé par le technicien portugais.

« Par rapport à Paulo Fonseca, c’est rétrograder », pouvait-on même lire et entendre en juin 2024. Il s’agissait d’un point de vue partagé par de nombreux observateurs, par une frange des supporters.

Pas assez…

Bruno Genesio avait pourtant été le seul entraîneur contacté, choix réfléchi et assumé par Olivier Létang, presque contre-culturel dans un football qui préfère peut-être trop souvent l’effet d’annonce à la cohérence d’un projet.

Il y a une injustice structurelle dans le monde du ballon rond. On encense les révolutionnaires, on pardonne aux géniaux instables, on romantise les désastres des esthètes du jeu. Mais ceux qui transpirent la fiabilité, qui remplissent leurs objectifs et laissent les clubs en meilleur état qu’ils ne les ont trouvés, on ne les remarque peut-être pas assez. Pendant qu’ils sont là, on les juge souvent à l’aune de ce qu’ils ne font pas : pas assez spectaculaires, pas assez charismatiques, pas assez bankables…

C’est pourtant une forme d’excellence que d’être capable de performer au plus haut niveau avec régularité, quel que soit le contexte et le groupe à disposition. De savoir gérer un vestiaire, un projet sportif, des ambitions institutionnelles, de savoir résister à la pression populaire et de performer dans la durée. En 99 matchs à la tête du LOSC, Bruno Genesio n’a pas failli à sa réputation, il l’a même confirmée.

La tête dans les étoiles

Le défi était pourtant de taille avec, dès son entame, deux tours préliminaires avant d’atteindre le Graal : la mystique Ligue des Champions. Les clubs français ont, pour rappel, tenté de franchir cet obstacle à 26 reprises au cours de leur histoire, ne l’ont surpassé que dans 22 % des cas depuis qu’il n’y a plus un mais deux tours à franchir. Seuls le LOSC et l’AS Monaco y sont parvenus depuis la saison 2016-2017.

La préparation débutait de façon précoce. Les batailles étaient menées en terres d’hostile – de la Turquie à Valenciennes, de Valenciennes à la République tchèque – jusqu’à atteindre un premier objectif dès le mois d’août : la qualification. Le LOSC s’était de nouveau hissé dans le gratin du football européen, et pas pour y figurer, mais pour y briller.

Battre le Real Madrid de Carlo Ancelotti à domicile (1-0), puis s’imposer sur la pelouse de l’Atlético de Simeone (3-1) quelques semaines plus tard : Lille devient le premier club français à dominer les deux cadors madrilènes lors d’une même campagne européenne. Le choix « de la sécurité » allait subitement chercher de l’éclat là où personne ne l’attendait, tandis qu’en championnat, ce fut d’abord la Ligue Europa.

La deuxième saison, malgré un nouvel exploit cette fois-ci à Rome, a été plus rugueuse. Un hiver désastreux, des promesses non tenues, des tensions, une suspension en pleine tourmente arbitrale… Des drames personnels aussi, qui auraient pu faire vaciller n’importe qui, n’importe quoi. Mais pas les Dogues. Au classement final, Lille décroche la troisième place de Ligue 1 avec 61 points et qualification directe pour la prochaine édition Ligue des Champions.

De la fiabilité à l’inconnu

Un mandat de deux saisons et deux billets compostés pour la Coupe aux Étoiles. Cela peut être considéré comme « extraordinaire » par certains, une simple « normalité » pour d’autres, symbole de la stature croissante du LOSC (2e coefficient UEFA français) sur la scène européenne. Bruno Genesio est aujourd’hui libre et son départ, paradoxal au vu du bilan, n’est pas passé inaperçu. Peu importe, le LOSC n’a pas régressé, loin de là même ces deux dernières années, et peut désormais se projeter avec excitation vers la suite de ses projets.

Que nous réservent ces derniers ? On sait ce que l’on perd, mais rarement ce que l’on récupère en lieu et place. Le football, faut-il le rappeler, continue frénétiquement sa course effrénée et, chaque saison, est une nouvelle occasion de briller.

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