Publié le 12 janvier 2026 à 21:54

Crédit Photo : Le Petit Lillois / Quentin Delcourt
Tenter de vous faire rentrer dans les coulisses, voici l’objectif de cette rubrique qui perdure en 2026, même dans la défaite. Le Petit Lillois vous liste ainsi les choses que vous n’avez peut-être pas vues au stade ou à la télévision lors du revers du LOSC (1-2) contre l’OL dimanche.
La Coupe de France apporte son lot de surprises, parfois dès le tirage au sort. Certaines sont mauvaises, comme celle réservée aux Lillois pour les seizièmes de finale : l’Olympique Lyonnais était de nouveau leur adversaire. Les Gones pouvaient quant à eux avoir le sourire, retrouvant une équipe qu’ils avaient déjà éliminée par deux fois en 2023 et en 2024. Les supporters lyonnais ne le savaient pas encore à leur arrivée, mais ils allaient connaître un dénouement similaire. Leur entrée dans leur parcage était en tout cas loin d’être discrète. Bruyants sur le parvis, ils rameutaient de nombreux Lillois pour de premiers échanges dignes d’un tournoi d’éloquence. Ce fut bref, mais d’autres, initialement plus éloignés, accourraient pour observer la scène. Les hostilités étaient lancées.
La frustration émerge
Thomas Meunier a été, sur le terrain, l’un des joueurs les plus expressifs, s’emportant à plusieurs reprises sur l’arbitre de touche, qui s’entêtait constamment à donner des touches aux Lyonnais, même celles qui auraient dû être Lilloises (ralentis à l’appui). « Mais comment c’est possible, je suis devant vous ? », s’exclamait à frénétiquement le Belge, particulièrement agacé (31′).
De l’agacement, il y en avait aussi chez Benjamin André, qui a souvent pesté sur Félix Correia, du moins plus qu’à l’accoutumée. Bien trop tendre dans ses duels, le Portugais offrait de précieuses cartouches aux Gones en leur laissant la porte ouverte sur des situations où le pressing doit pourtant être constant. Il se faisait notamment trop facilement battre par Corentin Tolisso (14′), jusqu’à ce qu’il délivre une passe dangereuse à Endrick, dont la tentative butait sur Arnaud Bodart.
Les remontrances du capitaine lillois ne servaient cependant pas suffisamment d’avertissement puisqu’une situation identique se répétait quelques minutes avant la pause. Vous le voyez venir ? Ce nouveau manque d’engagement débouchait sur le premier but marqué par Endrick dans l’Hexagone (43′). D’abord accablé par la déception, Benjamin André baissait spontanément les bras. Il croisait néanmoins Félix Correia et le chargeait une seconde fois. Les critiques paraissaient méritées, ce qui n’est pas toujours le cas avec le capitaine lillois. Signe d’une partie compliquée, Félix Correia était d’ailleurs le premier à céder sa place (59′). Il paraissait sérieusement en colère à sa sortie.
Une double touche et des encouragements
Bien plus tard, lors du second acte, c’est Romain Perraud qui se faisait remarquer. Parfaitement coordonné avec Nabil Bentaleb, tous deux avaient accouru sur le bord du terrain pour effectuer une touche, touche qu’ils réalisaient finalement en même temps. Le latéral, dans un élan de lucidité, parvenait à stopper son geste au profit de son coéquipier (76′). Joli réflexe !
De la fatigue, peut-être, mais Romain Perraud ne cessait jamais d’encourager ses coéquipiers, que ce soit par la voix ou par des gestes. Même à dix minutes du terme, il applaudissait encore ses partenaires à l’origine de nouvelles offensives, même lorsqu’elles étaient complètement manquées. Il les poussait à se dépasser. L’effet n’a néanmoins pas été celui escompté et le LOSC était malgré tout contraint de s’incliner (1-2).
Du Portugais en zone mixte
Les entrailles de la Decathlon Arena – Stade Pierre Mauroy avaient évidemment été très agitées par les Gones à leur rentrée aux vestiaires. Ils étaient néanmoins bien plus sobres dans leurs éclats de joie que les Dunkerquois, eux qui avaient éliminé les Dogues à la surprise générale en huitièmes de finale un an plus tôt. À l’époque, les enceintes dunkerquoises avaient résonné à tue-tête. Cette fois, c’est le portugais qui rythmait les échanges. Attraction de la soirée, Endrick était réclamé par une grande majorité des journalistes, qu’ils soient lyonnais ou de services nationaux. Les négociations avec l’attaché de presse de l’OL étaient âpres, jusqu’à ce qu’il cède. « Ce sera qu’en espagnol ou en portugais », déclarait-il. Chacun et chacune se regardait et là, une main se levait. « Le Portugais, c’est bon pour moi », lâchait l’un de nos confrères, donnant le sourire à tous les intéressés. Ce héros discret passait ainsi plusieurs minutes avec l’attaquant rhodanien, lancé ensuite dans une mission traduction pour certains médias. Le job était fait.
Cette scène, cocasse, faisait bien marrer Tyler Morton. Ce dernier sortait le bout de son nez lorsque l’ensemble des médias s’affairaient. Spectacle étonnant, au vu du temps écoulé (déjà près d’une heure après le match). Mais il venait de croiser Endrick dans l’autre sens et comprenait rapidement ce qu’il se tramait. Le Britannique saluait rapidement les journalistes lyonnais, enchaînant les clins d’œil et les petits signes de la main. Les salutations faites, il filait sans tarder.
Le calme reprenait rapidement le dessus. Du côté lillois ? Un silence de plomb. Les Dogues filaient les uns après les autres en catimini, sans un mot ni un regard. Seul Romain Perraud se dévouait, acceptant de s’arrêter quelques instants malgré la déception clairement identifiable dans son grain de voix. Ce sentiment était évidemment loin d’être perceptible par Paulo Fonseca qui, de retour de suspension, croisait pour la première fois les journalistes qui avaient animé son quotidien dans le Nord. Le Portugais s’arrêtait quelques minutes en conférence de presse, parlant football, évidemment, mais prenant également des nouvelles de chacun. Il répétait ce schéma lors de son passage en zone mixte, redécouvrant de nouveaux visages. Il nous promettait un accueil tout aussi amical à Lyon le 1er février, les mêmes poignées de main et, surtout, pour lui, le même dénouement.






