Publié le 27 décembre 2025 à 08:12

Crédit Photo : Le Petit Lillois / Victor Orgaer

Par - Catégories : Football, LOSC-

Après cinq saisons passées au LOSC, Jonathan David a, cet été, quitté le club de la citadelle. Désormais à la Juventus, comment le meilleur buteur de l’histoire du LOSC au 21e siècle s’en sort dans le Piémont ?

Il était arrivé en rockstar. Stade Pierre Mauroy privatisé, le LOSC avait sorti le grand jeu pour officialiser sa recrue la plus chère de l’histoire du club. Si ses premières semaines en Ligue 1 ont été poussives, Jonathan David a su s’acclimater au championnat français. Après cinq saisons, 232 matchs, 109 buts et 30 passes décisives, le Canadien s’est érigé comme le « meilleur buteur de l’histoire du LOSC au 21 siècle ». Parti libre vers la Juventus, le Canadien a franchi les Alpes pour un défi de taille en Série A. Entre attentes démesurées, contexte de club volcanique et réveil récent, on fait le point avec trois supporters des Bianconeri : Jonathan, créateur de contenu sur les réseaux sociaux, Alessandro et Noah.

Une « opportunité de marché » qui divisait déjà

Arriver libre quand on s’appelle Jonathan David, c’est évidemment une opportunité de marché, mais c’est aussi s’exposer à une pression immédiate. Si Jonathan et Noah étaient enthousiastes à l’idée de doubler l’Inter sur ce dossier, Alessandro était beaucoup plus réservé dès l’annonce des premières rumeurs : « J’étais plutôt mitigé car je regarde assez rarement la Ligue 1, même si j’y suis attentif. J’avais des a priori sur lui : je craignais que ce ne soit qu’un buteur de penalties et qu’il ait du mal à scorer autrement. »

Pourtant, le souvenir de ses performances avec le LOSC restait vif à Turin, notamment après son but face à la Vieille Dame en Ligue des Champions. « On voyait en lui le successeur de Dusan Vlahovic. Honnêtement, lorsqu’on avait affronté le LOSC, Jonathan David avait été assez impressionnant, notamment dans sa connexion avec Edon Zhegrova. Il était mobile, impliqué et assez juste », confie Jonathan.

« On a une rivalité assez viscérale avec l’Inter »

« Je suis d’accord avec Jonathan, lance Noah, avouant que la joie était de mise à l’annonce des premières rumeurs. On a une rivalité assez viscérale avec l’Inter donc quand on peut les dépasser, les battre ou les écraser, on ne va pas se gêner, assure le supporter turinois avant d’évoquer Jonathan David plus en détail. De mon côté, je suis assidument la Ligue 1 donc je connaissais plutôt bien l’ancien lillois. Si je savais que c’était une valeur sûre sur l’aspect comptable et sur le plan défensif, je connaissais également ses lacunes : passages à vide, apparence nonchalante, inefficacité », énumère Noah.

Un automne noir et une hiérarchie bousculée

Le passage du cocon lillois à l’exigence turinoise a été brutal. Sous les ordres d’Igor Tudor, puis de Luciano Spalletti dès octobre, les débuts de « Jona » ont été marqués par un manque de confiance criant. Un constat sans appel pour Jonathan qui détaille les débuts de l’ancien lillois : « L’adapation de Jonathan David ne s’est pas passée comme prévue, et notamment pour nous, supporters. On s’attendait à un joueur qui s’intègre assez vite et qui résolve le problème du buteur. »

Si le supporter s’est d’abord montré indulgent, les prestations du Canadien commençaient à inquiéter les Bianconeri. « J’ai vu un Jonathan David méconnaissable. Vraiment. Cette question me revenait sans cesse : que lui est-il arrivé pour qu’il fasse des prestations aussi horribles ? Contrôles de balle ratés, appels mal sentis, duels non chalants, incapacité à conserver le ballon, et devant le but, il ratait l’immanquable. »

Un constat partagé par Alessandro« Pour l’instant, son bilan est très faible. Il peine à marquer, mais surtout à se démarquer dans le jeu, souligne-t-il. On l’a parfois vu sur le terrain sans qu’il ne parvienne à prendre les commandes de l’attaque. Pire encore, il loupait souvent l’immanquable. »

« David a été mal accueilli par certains cadres »

Cette méforme a rapidement eu des conséquences sur son statut. Alors que Vlahovic occupait la pointe avant sa blessure, David n’a pas réussi à s’imposer comme le second couteau évident. « Openda commence à le devancer dans la hiérarchie », souligne Alessandro, précisant que même lorsque le Serbe était disponible, le temps de jeu du Canadien était déjà minime. Jonathan, lui, évoque un vestiaire toxique, comme le précisent les dernières rumeurs. « David aurait été mal accueilli par certains cadres qui font la pluie et le beau temps au club, ce qui a mis des bâtons dans les roues à son intégration. »

Ce positionnement dans la hiérarchie est tout sauf une surprise pour Noah. « Quand il signe, je sais pertinemment qu’il va avoir du mal à devenir l’attaquant que les Turinois attendent tant et sur le début de saison, quand Vlahovic était apte, le contraste était assez important, avoue le supporter. Par ailleurs, à en écouter certaines rumeurs, son intégration aurait été difficile, chose qui n’est pas forcément étonnante quand on voit que ce sont deux, trois joueurs qui décident dans ce club », regrette Noah.

Le déclic et le réveil technique

C’est finalement un coup du sort qui a relancé l’ancien Lillois : la blessure de longue durée de Dusan Vlahovic. Sans autre option majeure, le staff a dû lui accorder une confiance plus importante. « Depuis quelques matchs et plus précisément depuis l’arrivée de Luciano Spalletti, je le trouve transformé, s’enthousiasme Jonathan. Il est plus présent dans les duels, ses contrôles sont plus propres et il se crée enfin des occasions. »

Une analyse partagée par Noah. « Depuis quelques semaines, je le trouve plus épanoui, convaincant et tranchant. On dirait qu’il commence à trouver sa place dans ce vestiaire. Tout n’est pas parfait mais il y a de l’amélioration par rapport à l’automne, c’est clair. J’espère qu’il va poursuivre sur cette voie-là car on aura besoin d’un grand Jonathan David pour le reste de la saison. »

Alessandro note également une légère amélioration, mais reste beaucoup plus exigeant sur le contenu. Pour lui, le Canadien joue sa survie dans le Piémont sur les six prochains mois. « J’espère que sa deuxième moitié de saison sera réussie et qu’il va commencer à marquer de plus en plus, mais j’ai peur que ça ne suffise pas », confie-t-il avec lucidité.

Quels espoirs pour la suite ?

Le futur de Jonathan David à la Juve semble suspendu à sa capacité à devenir, enfin, le « tueur » attendu par les tifosi. Si Jonathan est désormais confiant quant à sa capacité à s’imposer comme le buteur de cette équipe, Alessandro craint déjà la fin de l’histoire. « Tout dépendra de lui et de son adaptation, mais j’ai peur qu’il parte dans un club de Premier League dès cet été. »

Après un semestre en apnée, le Canadien semble enfin sortir la tête de l’eau. Reste à savoir s’il parviendra à convaincre les sceptiques comme Alessandro ou s’il restera une simple « opportunité de marché » de passage à Turin.

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