Publié le 19 décembre 2025 à 20:44

Benjamin André fait la moue, manquant son penalty avec le LOSC en Coupe de France.

Crédit Photo : Le Petit Lillois / Corentin Betrancourt

Par - Catégories : Football, LOSC-

Le LOSC se déplace en Île-de-France ce samedi pour y défier l’US Lusitanos Saint-Maur dans le cadre des 32es de finale de Coupe de France. Le Petit Lillois est allé à la rencontre de Jean-Paul, supporter numéro 1 du club francilien, pour introduire ce rendez-vous.

Une semaine après être sortis victorieux d’un match renversant face à l’AJ Auxerre (3-4), les Dogues se tournent vers la Coupe de France avant de laisser place à la trêve hivernale. Victorieux de Rouen (0-1) puis de l’Olympique de Marseille (1-1 puis 3-4 après t.a.b) la saison dernière, l’épopée lilloise s’était arrêtée brusquement en huitièmes de finale face à l’USL Dunkerque (1-1 puis 4-5 après t.a.b). Cette saison, les Dogues auront à cœur de rendre une meilleure copie que durant la dernière campagne. Pour cela, ils devront se défaire de l’US Lusitanos Saint-Maur ce samedi à 15h30. Place à la rencontre avec Jean-Paul.

L’US Lusitanos Saint-Maur, une histoire culturelle et familiale

Saint-Maurien de naissance et né de parents portugais, c’est naturellement que Jean-Paul s’est tourné vers l’US Lusitanos Saint-Maur, club à forte identité lusophone, pour le faire vibrer. Mais au-delà de cet attachement culturel, son lien avec la formation francilienne est avant tout une histoire de famille. « Mon oncle était intendant du club pendant de nombreuses années, il a même fait partie des dirigeants les plus anciens, il y a toujours travaillé. Ce club, c’est une histoire familiale », confie-t-il, fier d’être intimement lié à l’institution saint-maurienne.

Et lorsqu’il s’agit de soutenir son équipe, Jean-Paul ne compte ni son temps ni les kilomètres, parcourant la France à de multiples reprises cette saison pour encourager les siens. « Cette année, j’ai fait tous les déplacements, que ce soit Fréjus, Limonest… »

Une histoire riche, le Bordeaux de Pauleta battu

À l’idée d’affronter un club de Ligue 1, l’émotion est palpable. Jean-Paul se replonge alors dans les grandes épopées nationales qui ont marqué l’histoire du club francilien. « Le club a vraiment grandi au début des années 1980. À partir de là, il a enchaîné les montées presque chaque saison, en partant du district jusqu’à la Division 3, qui correspond au National actuel. »

« L’US Lusitanos avait la deuxième meilleure affluence d’Île-de-France, juste derrière le Paris Saint-Germain. »

Si le club revient aux avant-postes ces derniers temps, pour Jean-Paul cela ne fait aucun doute, l’apogée du club est à situer dans les années 1985 « À cette époque, l’US Lusitanos avait la deuxième meilleure affluence d’Île-de-France, juste derrière le Paris Saint-Germain. On tournait entre 1 500 et 2 000 spectateurs par match. C’était énorme pour un club comme le nôtre », affirme-t-il avec nostalgie.

Peu coutumier des exploits en Coupe de France, le club francilien a néanmoins déjà connu quelques moments forts dans la compétition. « Le point culminant reste l’exploit en Coupe de France contre Bordeaux. À l’époque, on évoluait en CFA (qui était la 3e division), et on avait battu le Bordeaux de Pauleta, entre autres, 2-0 si mes souvenirs sont bons. C’est vraiment le plus grand exploit du club. Ensuite, on a aussi affronté Reims à deux reprises, Strasbourg à la Meinau, mais sans aller beaucoup plus loin. Globalement, l’US Lusitanos n’a jamais été un club qui allait très loin en Coupe de France malgré les bonnes équipes qui se sont succédé », ajoute Jean-Paul en se remémorant l’âge d’or de son club.

Dynamique positive mais piliers absents

« Sur les quatre ou cinq derniers matchs, on a été constants, lance le supporter, satisfait des dernières sorties des siens. Pour le moment, c’est très positif, on est deuxièmes du classement même si, récemment, on a perdu des points face à GOAL FC sur un penalty concédé en fin de match alors qu’on méritait de gagner. Si le début de saison est idéal, la dernière rencontre s’est achevée sur une déception. Le dernier match à domicile, en revanche, a été le plus mauvais de la saison. On affrontait la lanterne rouge et ils ont décidé de fermer le jeu, de casser le rythme, surtout en deuxième mi-temps. Les joueurs avaient déjà la tête au match de samedi et, comment leur en vouloir ? »

« Nous sommes particulièrement efficaces en transition »

Profondément attaché aux couleurs rouge et verte, Jean-Paul ne tarit pas d’éloges lorsqu’il évoque les qualités et l’état d’esprit de l’effectif saint-maurien. « Nos points forts résident avant tout dans notre solidarité collective. Nous évoluons en bloc, avec une grande cohésion, et nous nous montrons particulièrement efficaces en transition, où notre capacité à être létaux fait la différence malgré le fait qu’on ne marque pas énormément. »

Si les qualités offensives sont louées par le supporter, il n’en reste pas moins élogieux à l’annonce du secteur défensif. « Quand on regarde les buts encaissés et les buts marqués, on encaisse très peu de buts. Donc on est très solide défensivement. »

Le Sénégal à l’honneur

Cette solidité défensive, les Saint-Mauriens la doivent à un homme, Christophe Diedhiou (37 ans). Passé par Epinal, le Gazéléc Ajaccio, Mouscron, Sochaux ou Quevilly-Rouen, le défenseur central compte une sélection avec le Sénégal.  « Notre défenseur central est très fort, s’il devait y avoir un joueur à sortir de cet effectif, ce serait lui, sans aucun doute. Il pourrait jouer plus haut sans aucune difficulté. »

Parmi les éléments à surveiller, Jean Paul poursuit chez les Lions sénégalais : « Ibrahima Seck est également un super joueur. Il rayonne au milieu de terrain et lui aussi compte une sélection avec le Sénégal, il a même disputé le tournoi olympique de 2012″. Comme son compatriote, le milieu de terrain devrait, selon Jean-Paul manquer la rencontre. « Mais honnêtement vous avez de la chance (rires) car je pense que lui aussi devrait manquer la rencontre. Sur l’avant dernier match, il était remplaçant et a joué un petit peu mais dimanche dernier, il n’est clairement pas entré. Je suis allé à l’entraînement mercredi et je ne l’ai pas vu, je pense qu’il sera forfait pour la rencontre. »

« La force de cette équipe, c’est son collectif »

Même s’il nous a évoqué deux individualités, le supporter l’assure la force de ce groupe est avant tout collective. « J’ai mentionné deux joueurs mais honnêtement, ce qui fait la force de cette équipe c’est son collectif. Que ce soit sur le terrain ou sur le banc puisqu’on a de très bons remplaçants. On ne remarque pas de changements significatifs quand l’un joue à la place de l’autre, les joueurs sont interchangeables. » Mais pour le Saint-Maurien, la force de ce club se trouve aussi dans son entraîneur. On a un très bon coach (Helder Esteves), très pragmatique qui analyse très bien ses adversaires. C’est un ancien joueur qui a entraîné Annecy, équipe avec laquelle il a un bilan plutôt positif d’ailleurs »

Impatience, effervescence et espoir

Du côté de l’US Lusitanos Saint-Maur, la rencontre se prépare dans une atmosphère mêlant impatience et effervescence, à l’approche d’un rendez-vous hors norme. « Il y a une énorme excitation. On affronte un club de Ligue 1, le stade est à guichets fermés. Les places sont parties très vite. C’est une vitrine exceptionnelle pour le club », affirme-t-il avec impatience.

Malgré l’attente et l’engouement suscités par cette affiche, le supporter garde les pieds sur terre, pleinement conscient de l’écart de niveau qui sépare les deux formations. « Avec les absences, on ne sera pas à 100 %. Mais les joueurs vont tout donner. Dans ce genre de match, il faut être réaliste : marquer en premier et tenir. Si toutes les planètes sont alignées, on peut espérer un match nul et une qualification aux tirs au but. On l’a déjà fait, donc pourquoi pas ? », conclut le supporter plein d’espoirs.

Derniers articles