Publié le 15 décembre 2025 à 20:00

Crédit Photo : LOSC Médias
C’est l’avant-dernier volet de cette rubrique en 2025 : celle qui tente de vous faire découvrir une partie des coulisses des matchs du LOSC. Le Petit Lillois vous liste ainsi les choses que vous n’avez peut-être pas vues lors de la victoire du LOSC (3-4) à Auxerre.
Logistique et préparation
Après avoir pris l’avion pour quitter Le Havre le 30 novembre dernier, Lille n’est pourtant pas très éloignée, le LOSC faisait de même pour se rendre à Auxerre ce dimanche, pour y disputer la seizième journée de Ligue 1. La volonté de gagner du temps a cependant été un échec. En raison d’une véritable purée de pois, d’un intense brouillard, l’avion de la délégation lilloise était contraint de se poser à Melun. Melun ? C’est à deux heures de bus de l’Abbé-Deschamps. Il faut 4h15 en voiture au départ du Domaine de Luchin…
De la préparation, il en faut aussi pour les journalistes, notamment pour ceux qui doivent s’échauffer la voix. La tribune réservée aux médias s’animait ainsi de cris près de deux heures avant le coup d’envoi. « Marius Brohooooolm, le but de Marius Broholm pour donner l’avantage au LOSC », était-il possible d’entendre à deux reprises. Osame Sahraoui a également eu droit à sa version. C’était malheureusement manqué, puisque malgré quatre pions inscrits par les Dogues, aucun d’entre eux ne l’a été par le Norvégien ou par son compère marocain. Il faudra tenter d’autres pronostics la prochaine fois.
De la préparation, il en a fallu, c’est certain, pour réaliser les superbes animations auxerroises. Les supporters rendait un magnifique hommage à leur club avec un immense tifo dressé à l’entrée des joueurs. Les 120 ans d’un club, cela se fête, même dans le froid. La rencontre s’est d’ailleurs, malgré la défaite concédée par l’AJA (3-4), conclue par un spectacle de lumière.
Du foot à tous les étages
Le football ne s’arrête jamais, que ce soit dans le temps, d’un point de vue calendaire, mais également dans l’espace. Je traduis ma pensée : il n’est pas uniquement réservé au rectangle vert et peut parfois s’étendre un peu plus loin. On y débute tout de même avec Berke Özer. Le gardien lillois ne gardera pas des souvenirs impérissables d’Auxerre, où il aura été sifflé de la troisième à la 90e minute. La raison ? Il était percuté dès l’entame de match par Danny Namaso et se plaignait du coude pour la première faute du match. Le Turc n’a ensuite jamais été laissé tranquille par le public auxerrois, soupçonné de simuler, déjà.
Autre individualité remarquée ce dimanche, Soriba Diaoune (1 sélection avec la Guinée U16, 5 sélections avec l’équipe de France U18), qui inscrivait (80′) son premier but chez les professionnels, le tout avec le LOSC, son club formateur. Il réalisait cette performance sous les yeux de Gérald Baticle, sélectionneur de l’équipe de France Espoirs. Ce dernier était en tribunes aux côtés de Lionel Charbonnier, le tout non loin de la délégation lilloise représentée par Sylvain Armand, Didier Roudet ou évidemment Olivier Létang.
Le président du LOSC quittait d’ailleurs prématurément sa place pour se rendre au plus près du terrain à la fin de la première période. Il était possible de l’apercevoir au bord de la pelouse vers la 42e minute. Interrogé à ce sujet, il s’est justifié au coup de sifflet final : « J’ai juste posé des question à l’arbitre à la mi-temps, en étant calme et tranquille. Je pense qu’il y a rouge sur Nathan Ngoy, mais il y aussi eu une semelle sur Romain Perraud », avait-il en partie déclaré pour s’expliquer aux équipes de Ligue 1+. Le collectif lillois avait, de son côté, réclamé pendant plusieurs minutes de revoir la définition « d’annihilation d’une action de but » puisque Thomas Meunier, selon eux, pouvait encore intervenir. Peu importe, Nathan Ngoy était bel et bien expulsé.
Du football sur le terrain, en tribunes et dans le tunnel, il y en avait aussi… aux toilettes. Après les citations dans ceux présents dans l’enceinte du Stade du Wankdorf de Berne, place à des cages et un ballon dans les urinoirs de la zone mixte de l’Abbé-Deschamps. Le but ? Viser le cuir. A croire qu’il est nécessaire de stimuler les passionnés du ballon rond des tribunes jusqu’à leur passage au petit coin. Ce qui est certain, c’est que chaque individu ayant joué à ce petit jeu ressortait amusé, prêt à raconter fièrement cette anecdote à ses collègues ou confrères, qui eux vivaient encore dans l’ignorance.
De l’animation en zone mixte
Au contraire de ce qui avait pu se dérouler à Berne, là où bonnet et écharpe étaient plus que nécessaires ne serait-ce que pour y patienter, la zone mixte était bien plus accueillante à Auxerre. Cette dernière était d’abord animée par Marina Ferrari, la Ministre des Sports en visite à l’Abbé-Deschamps, où elle a vécu son tout premier match de Ligue 1, à l’occasion du 120e anniversaire de l’AJA. La suite a été bien plus footballistique.
Face à des légendes
Qui dit anniversaire, dit légendes : l’AJ Auxerre avait fait les choses en grand pour son anniversaire, ce dont ont pu profiter les Lillois dans les couloirs de l’enceinte auxerroise, dont il est toujours possible d’admirer la sublime maquette en LEGO en zone mixte. Beaucoup rêveraient de s’en emparer, c’est une certitude, mais la sécurité y est bien plus farouche qu’au Louvre.
Autre art, celui de la photographie avec Nicolas Dehon. Adjoint et entraîneur des gardiens à Lille, il troquait ses ballons en cuir par un appareil photo, comme s’il avait été désigné photographe officiel de la délégation lilloise. Bruno Genesio, il est loin d’être le seul, a ainsi pu profiter de l’opportunité offerte pour poser aux côtés de Guy Roux, légende parmi les légendes à Auxerre. D’autres se sont contentés d’une poignet de main, comme Aïssa Mandi avec Laurent Blanc. Alors qu’il avait pour objectif de s’engouffrer dans une porte dérobée pour réaliser le traditionnel test antidopage d’après-match, il était d’ailleurs accompagné par Osame Sahraoui, l’international algérien s’arrêtait net lorsqu’il se retrouvait nez à nez avec Laurent Blanc. Il lui serrait la pince de façon solennelle, de sa posture à son ton de voix. « M. Laurent Blanc », lâchait-il avec énormément de respect. Cela ne durait que quelques secondes, Aïssa Mandi a le sens des priorités.
Les légendes auxerroises ? Peu d’intérêt pour Romain Perraud, qui traversait le couloir séparant les vestiaires du bus lillois en deux temps, trois mouvements. La mâchoire serrée, il semblait encore bouillonnant, sur les nerfs, après avoir été expulsé en fin de match (88′) pour une altercation avec Oussama El-Azzouzi, adversaire auxerrois. Ce ne sont pas pour les mêmes raisons, mais Soriba Diaoune franchissait lui aussi ce couloir d’un trait, et ce, alors même qu’il croisait des visages pourtant bien connus parmi les journalistes lillois. Il faut dire que ces jeunes ont néanmoins pour consigne de ne surtout pas s’adresser aux médias, ce qu’il a respecté à la lettre. Impassible, ou plutôt contraint de l’être, il remerciait tout de même son interlocuteur pour des félicitations bien méritées. Petit à petit, il force lui-même les portes du groupe professionnel.
Une légende à Lille
Pressés, les Lillois l’étaient dans l’ensemble alors que leur bus attendait impatiemment de pouvoir décoller. Et pourtant, malgré cette urgence, Nabil Bentaleb renouait tardivement avec les entrailles de l’Abbé-Deschamps qu’il avait pourtant quitté près de vingt minutes plus tôt après avoir échangé avec les journalistes nordistes. Mais pour quoi faire ? Cinq minutes plus tard, on le retrouvait tout sourire avec un sachet contenant des biens pour se restaurer, ainsi que trois tupperwares dans les mains. C’était donc l’appel de la gourmandise. En pleine soirée, on le comprend.
Enfin, après avoir épilogué sur les légendes auxerroises, le vestiaire du LOSC possède sa propre légende. Le bus lillois n’était pas uniquement freiné par Nabil Bentaleb, mais également par Olivier Giroud. Ce dernier était attendu par une foule de supporters locaux qui scandaient son nom à la sortie des vestiaires et donc de la zone mixte. Il n’y avait d’yeux que pour lui… ou presque ! Berke Özer possédait lui aussi des fans, puisqu’une pancarte à son nom avec un message en turc était fièrement brandie au milieu des supporters auxerrois. Avec tout ça, ce n’était pas gagné pour quitter Auxerre et son enceinte.






