Publié le 12 décembre 2025 à 13:17

Crédit Photo : Le Petit Lillois / Quentin Delcourt
C’est l’antépénultième volet de cette rubrique en 2025 : celle qui tente de vous faire découvrir les coulisses des matchs du LOSC. Le Petit Lillois vous liste ainsi les choses que vous n’avez peut-être pas vues lors de la défaite lilloise à Berne (1-0).
Le match avant le match. La rencontre qui a opposé le LOSC et le BSC Young Boys ce jeudi en Ligue Europa débutait dès mercredi avec le traditionnel bal des conférences de presse, ainsi que les premières foulées des Dogues sur le terrain synthétique du Stade du Wankdorf, qui avait accueilli la finale (RFA 3-0 Hongrie) de la Coupe du monde 1954. Cette enceinte, à l’image du code wifi de l’enceinte dans laquelle réside l’Étoile Rouge de Belgrade, était marquée par le temps, le temps symbolisé par un terme simple : « POUR TOUJOURS », était-il ainsi inscrit en majuscule à plusieurs endroits distincts dans les entrailles de celle de Berne, comme pour signifier que la légende des Young Boys survivrait au temps.
L’endroit le plus inattendu où il était possible de l’apercevoir, c’était dans les toilettes réservés aux médias et à certains salons VIP. Ces deux mots étaient accompagnés de sept citations d’entraîneurs ou joueurs de plus ou moins grande renommée. On est assez fans de celle de Bixente Lizarazu :
- « Notre formation était tellement secrète que nous n’étions parfois même pas autorisée à la regarder » : Bernd Hölzenbein.
- « Si tu ne peux pas gagner, au moins, tu ne dois pas perdre » : Christian Tiffert.
- « A quoi bon parler de l’arbitre ? Nous n’étions pas meilleurs non plus » : Thomas Ernst.
- « On perd toujours si l’adversaire marque et pas vous » : Raymond Domenech.
- « Je me vois davantage comme un joueur qui occupe un poste qui n’existe même pas » : Mehmet Scholl.
- « La première chose avec le football, c’est de s’amuser. La seconde, c’est de voir son adversaire souffrir » : Bixente Lizarazu.
- « Deux occasions, un but, c’est ce que j’appelle avoir de la chance à 100 % » : Roland Wohlfahrt.
Le seul hic avec tout ça, c’est qu’il fallait comprendre l’allemand pour pouvoir déchiffrer ces différentes citations apposées sur les murs. Cette différence de langage était marquée jusqu’en conférence de presse, où certains journalistes suisses (même s’ils étaient peu nombreux) étaient heureux de pouvoir échanger en français, sachant que le Suisse allemand est une langue particulière, différente même de l’allemand de base. C’était également le cas pour certains joueurs, tels que Jaouen Hadjam, international algérien et joueur du FC Nantes, qui l’était tout autant. Ce dernier répondait avec le sourire aux médias tricolores, avec lesquels il rentrait quasiment dans un échange exclusif, voire une simple discussion. Le climat était différent avec des questions en allemand, avec un ton plus solennel.
De la convivialité
On pourrait donc parler de convivialité ? C’est un peu le sentiment qui émergeait du Wankdorf mercredi, même lors de l’entraînement des Lillois, réalisé dans une très bonne ambiance. À l’issue des 15 minutes accessibles aux médias, il était encore possible, malgré deux portes et plusieurs mètres d’écart, d’entendre les rires et exclamations enjouées des Dogues. La convivialité, elle était aussi présente du côté des supporters lillois, du moins sans prendre en compte certains incidents… Les hommes de Bruno Genesio ont notamment été encouragés lors de leur balade matinale jeudi, alors qu’une belle ambiance régnait initialement en centre-ville. Il pouvait même compter sur le soutien de Jocelyn Gourvennec, ancien entraîneur du LOSC (2021-22) et actuel technicien du Servette Genève, que la section des Dogues de l’Ouest a eu l’occasion de croiser sur sa route.
La convivialité était encore présente à quelques heures du coup d’envoi, lorsque des supporters lillois présents dans la tribune centrale, presque à l’opposé du parcage, débarquaient dès la reconnaissance du terrain pour encourager les Dogues. Les noms de Hakon Haraldsson et de Nathan Ngoy ont retenti, mais bien moins que celui de Nabil Bentaleb, qui résonnait encore et encore (littéralement pendant plusieurs minutes) dans des travées encore presque totalement vides. Avec une pancarte, un jeune supporter tentait d’attirer son attention pour récupérer son maillot au coup de sifflet final. Il a eu droit à un signe de la main en avant-match, et à une petite promesse de Dimitri Farbos, adjoint de Bruno Genesio, assurant qu’il allait lui en parler après avoir été interpellé. A-t-il eu droit à cette tunique ? C’est une bonne question, dont nous n’avons pas la réponse.
Écran noir
L’ambiance évoluait progressivement, au fur et à mesure que les tribunes se remplissaient. Ces dernières pouvaient d’ailleurs entendre les supporters lillois débarquer de loin, eux dont le cortège et ses chants vrombissaient jusqu’à l’enceinte bernoise. Ils ne s’arrêtaient d’ailleurs pas à leur arrivée en tribunes, encourageant encore et encore les Dogues sur le rectangle vert, jusqu’à faire craquer de nombreux fumigènes quelques instants avant le coup d’envoi.
La fumée se mêlait ainsi au brouillard, qui persistait pendant 90 minutes. Un écran noir sur la petite lucarne (pas de diffusion autorisée en France), même pour les journalistes qui ne pouvaient profiter d’écran pour voir les ralentis en tribunes, un manque de visibilité dans la réalité. La Suisse sait accueillir.
D’Olivier Giroud à Soriba Diaoune, l’heure du match
La rencontre opposant le LOSC au BSC Young Boys a été marquée par plusieurs événements notables, notamment pour cette rubrique. Le premier concerne Olivier Giroud, qui grimaçait dès la quinzième minute. Il se tenait la cheville et passait plusieurs minutes à boiter, voire à sautiller sur le pré. Si Bruno Genesio n’avait pas de nouvelles à donner au coup de sifflet final, l’attaquant lillois devenait bien moins mobile après cette douleur. Il était d’ailleurs remplacé en deuxième période par Soriba Diaoune (68′), qui pouvait constamment s’appuyer sur le soutien du staff technique lillois pour réaliser une belle partie. Il était d’abord entouré par Nicolas Dehon à son entrée en jeu, il poursuivait d’ailleurs lors de temps mort, appuyant Bruno Genesio dans cette tâche.
Des encouragements, il y en avait aussi de la part de Romain Perraud, qui a été très proche de Berke Özer tout au long de la rencontre. Il l’applaudissait constamment, du penalty arrêté à chacune de ses relances. Le latéral est aux petits soins. C’est moins le cas avec Benjamin André, sévère avec Ngal’ayel Mukau qui se contentait d’une passe en retrait plutôt que de lui transmettre le ballon via une passe risquée. Le capitaine lillois le récupérait quelques secondes plus tard… pour tenter une transmission vers Thomas Meunier. Cette dernière était immédiatement interceptée par un défenseur suisse (19′).
Autre râleur sur le pré, Gerardo Seoane, qui n’a eu de cesse de discuter avec l’arbitre principal en cours de rencontre. Le technicien suisse a fini par être invité à se taire lorsqu’il réclamait une main dans la surface lilloise (54′). Le geste était simple : une croix avec les mains pour signifier la négation et l’envoi du quatrième arbitre. Simple et efficace !
Il n’y a malheureusement rien eu de bien croustillant en zone mixte, elle qui était située loin de la zone réservée aux médias. Il n’était d’ailleurs possible d’y rester que quelques instants, avant que ses portes ne se referment définitivement. Tout ce que l’on peut vous dire, c’est qu’entre les vestiaires et le bus, il faisait sacrément froid. Les passages de joueurs, lillois comme bernois, ont ainsi été express.






