Publié le 15 décembre 2025 à 17:56

Berke Özer et Arnaud Bodart arrivent à l'échauffement pour LOSC - OM.

Crédit Photo : Le Petit Lillois / Nicolas Opigez

Par - Catégories : Football, LOSC-

Après s’être inclinés en terre helvétique jeudi face au BSC Young Boys (1-0), les Dogues l’ont emporté face à l’AJ Auxerre au terme d’un match complètement fou (3-4). À l’issue de cette dernière en Ligue 1 en 2025, Le Petit Lillois est allé à votre rencontre, supporters lillois, afin de recueillir vos impressions.

Bien entrés dans leur rencontre, les Dogues ont rapidement pris l’avantage au tableau d’affichage grâce à Hakon Haraldsson (9ᵉ). Mais, comme trop souvent ces dernières semaines, les Lillois ont dû évoluer en infériorité numérique après l’expulsion de Nathan Ngoy à la 38ᵉ minute. Les Auxerrois ont profité de cette supériorité pour égaliser par l’intermédiaire de Lassine Sinayoko (57ᵉ), avant de se retrouver eux aussi à dix après l’exclusion de Clément Akpa, sanctionné d’un second carton jaune.

Malgré cette égalité numérique retrouvée, les Bourguignons ont continué de se projeter vers l’avant et ont même pris l’avantage, Chancel Mbemba trompant involontairement son propre gardien (2-1, 66ᵉ). Le LOSC a toutefois réagi avec caractère. Nabil Bentaleb (77ᵉ) puis Soriba Diaoune (80ᵉ) lui ont permis de repasser devant (3-2). Le suspense restait néanmoins total puisque Sinayoko remettait une nouvelle fois les deux équipes à égalité (83ᵉ) à dix minutes du terme.

Le match semblait jusqu’ici se diriger vers un score nul. Mais Benjamin André, le capitaine lillois, surgissait de l’ombre pour offrir la victoire aux siens dans les derniers instants avec un coup de casque (86ᵉ). Cette fois, c’était la bonne : le LOSC s’imposait bel et bien au terme d’un scénario complètement fou (3-4). À l’issue de cette partie, nous sommes allés à la rencontre d’Arthur et de Thomas, deux supporters qui ont vécu ce match avec une intensité toute particulière.

Une question de ressenti

« Dingue, fou, phénoménal, énumère Arthur, presque choqué du dénouement du match. Dire que les mots me manquent serait assez contradictoire au vu de mon introduction, mais honnêtement c’est assez fou ce qu’il s’est passé ce dimanche soir. » Comme de nombreux supporters lillois, Arthur avoue être passé par toutes les émotions ce dimanche. « Franchement, j’ai ressenti de l’espoir, de la joie, de la frustration, parfois même de la colère. Le match était tellement fort en émotions que j’avais l’impression d’avoir couru un dix kilomètres au coup de sifflet final. »

Si le supporter lillois insiste sur l’aspect émotionnel de la rencontre, il n’en délaisse pas moins le terrain. « L’entame était très bonne et elle est récompensée par ce but d’Haraldsson mais comme trop souvent, on s’est fait déborder puis renverser.«  Au moment d’évoquer les individualités lilloises, Arthur se veut assez tranchant dans ses avis. « Giroud ça devient très compliqué, il est très peu mobile et handicape l’équipe, que ce soit offensivement ou défensivement. » Si le lien de cause à effet est encore à prouver, une corrélation existe aux yeux du supporter lillois. « Quand on regarde bien, il sort et on inscrit trois buts. On peut se poser des questions. »

« Je suis d’accord avec Arthur, sur ce match, on a vécu les montagnes russes avec de nombreux rebondissements », lâche en réponse Thomas, lui aussi épuisé par le scénario de la rencontre. « Tu ouvres le score, tu démarres bien le match puis ce rouge qui vient calmer toutes les ardeurs. Lorsque les Auxerrois mettent le 2-1, on se dit que c’est inévitable, on va encore perdre des points précieux face à un club qui joue le bas de tableau, mais au final cette victoire au bout ! » Si ce match n’a pas été parfait, il peut, selon le supporter lillois, avoir une importance cruciale pour la suite de la saison. On tient peut-être un match référence, durant lequel les joueurs ont vraiment incarné ce rôle de Dogue : ils se sont battus pour aller chercher la victoire. »

« Berke Özer est l’homme de cette fin d’année 2025. »

Pour Thomas, c’est inévitable, cette rencontre se classe parmi les matchs renversants sur le plan émotionnel. « Même si j’ai connu de nombreux matchs retentissants et renversants (Trophée des Champions 4-5 pour l’OM en 2011, un 4-4 face à Nice ou plus récemment les 2-3 face à Nantes et Lyon), celui-ci fait désormais partie d’entre eux. Ce sont vraiment des matchs où tu passes par toutes les émotions, alors forcément quand la roue tourne dans le bon sens on est encore plus heureux du dénouement ! » s’exclame-t-il, soulagé que les Lillois aient pu repartir avec les trois points de Bourgogne.

Questionné sur l’homme du match, le supporter lillois n’hésite pas trop longtemps avant de répondre, parce que pour lui, cela sonne comme une évidence. « L’homme du match ? Pour moi, encore une fois, Berke Özer. En fin de match, il nous maintient en vie grâce à ses deux parades. Cela ne fait aucun doute, il est, à mes yeux, l’homme de cette fin d’année 2025. »

« Quand on gagne en infériorité numérique, ça forge un groupe. »

Le LOSC, toujours plus de rouge

Déjà réduits à dix il y a deux semaines sur la pelouse du Havre AC, les Lillois ont récidivé jeudi face au BSC Young Boys avant d’enchaîner ce dimanche face à Auxerre dans un match complètement fou durant les deux équipes ont terminé avec une opposition à neuf contre neuf. Comment les supporters du LOSC perçoivent cette fâcheuse habitude ?

« C’est impressionnant de prendre autant de cartons rouges, lance Arthur avec satire. On les enchaîne ces derniers temps et on se tire des balles dans le pied. Face au Havre, l’emporter après une mi-temps en infériorité numérique, j’ai vu ça comme un exploit. Jeudi, c’était très compliqué. Cela nous a rendu complètement inoffensifs. Mais aujourd’hui, c’était différent, le scénario de la rencontre a totalement rebattu les cartes. »

Pour Arthur, lorsque l’issue de la rencontre tourne en faveur des Dogues, évoluer en infériorité numérique peut se révéler positif. « Quand on gagne, ces succès forgent un groupe, elles créent de la solidarité et de la fraternité. Un phénomène qui, à mes yeux, ne se serait pas produit si la victoire s’était déroulée de manière habituelle. »

Thomas se range immédiatement du côté d’Arthur. « Cela devient une très mauvaise habitude. Comme l’a dit Benjamin André, on a le don pour se mettre des bâtons dans les roues et pour être honnête, 3 fois en 4 matchs, ça fait beaucoup. Heureusement qu’on s’en sort bien : 2 victoires sur les 3 fois où on est réduit à 10. »

Les conséquences de ces nouveaux cartons vont s’appliquer de plein fouet la semaine prochaine, pour l’entrée en lice du LOSC en Coupe de France. Le supporter lillois craint une défense sans automatisme. « Pour samedi prochain, la défense va être totalement remaniée. Je pense qu’il va aligner Maxima Goffi mais avec qui à ses côtés ? Raghouber ? André ? Bentaleb ? Ou un jeune de la réserve ? Sur les côtés, je le vois bien titulariser Meunier et Santos, si Verdonk n’est pas de retour. »

Soriba Diaoune, l’étincelle venue de Luchin

Rentré en jeu à la 74e minute de jeu à la place d’Olivier Giroud, Soriba Diaoune a inscrit le troisième but lillois, sa première réalisation en professionnelle. Habitué aux bouts de matchs ces derniers temps, le jeune lillois grapille de plus en plus de temps de jeu. Comment cette éclosion est-elle perçue par les supporters lillois ?

« Depuis le début de saison, quand il rentre, il est intéressant« , nous confie Arthur. « Que ce soit son entrée face à Brann, Berne ou face à Metz, où il délivre une passe décisive et trouve la barre quelques minutes après, il est toujours parvenu à apporter quelque chose. » C’est en comparant Olivier Giroud et Soriba Diaoune que le supporter lillois cherche à appuyer son propos. « Je ne veux pas faire de fixette sur Giroud mais il y a presque un monde entre l’apport de Diaoune et de Giroud. »

Pour conclure au sujet du jeune Lillois, c’est l’espoir qui règne. « Honnêtement, il faut qu’il continue dans ce sens, il est prometteur et semble avoir la tête sur les épaules ! »

« Soriba Diaoune mérite d’être aligné d’entrée samedi »

« Une nouvelle fois, je suis d’accord avec Arthur, Soriba Diaoune n’est plus vraiment une surprise« , affirme Thomas, conscient du potentiel du jeune Lillois. « Lorsqu’il est entré, il a fait très bonne impression et selon moi, il mérite sa place de titulaire samedi. » Aux yeux du supporter lillois, le numéro 35 des Dogues a, dans le contexte actuel, sa carte à jouer. « Entre la blessure d’Hamza Igamane et les performances poussives d’Olivier Giroud, il va pouvoir grapiller des minutes. »

Formé au poste d’ailier gauche, Soriba Diaoune est également capable d’évoluer derrière l’attaquant, position dans laquelle il avait fait très mal au Real Madrid en Youth League la saison dernière. Mais lors de ses entrées, Bruno Genesio l’utilise à la pointe de l’attaque. Une position qui lui convient à merveille selon Thomas. « Il est assez à l’aise dans cette position et je trouve qu’il faut continuer à l’utiliser en tant que numéro 9. »

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