Publié le 25 novembre 2025 à 22:17

Après la Ligue 1 dimanche, le LOSC renoue avec la Ligue Europa ce jeudi avec la réception du GNK Dinamo Zagreb. Pour l’occasion, Le Petit Lillois est parti à la rencontre de Cédric, spécialiste du football croate.
Relégué de la Ligue des Champions à la Ligue Europa cette saison, le LOSC s’est lancé avec ambition dans sa campagne européenne 2025-2026. Cela s’est traduit par une entame pleine de promesses, avec une victoire logique sur le SK Brann (2-1), puis un succès retentissant à Rome (0-1). La suite a néanmoins été peu reluisante, avec deux revers concédés coup sur coup contre le PAOK Salonique (3-4), puis à Belgrade (1-0). Ils occupent désormais, avec six unités, la dix-neuvième place et se tournent, revanchards, vers la réception du GNK Dinamo Zagreb ce jeudi (18h45). C’est une partie inédite pour les deux formations.
À quelques heures de la rencontre les opposant au LOSC de Bruno Genesio, nous sommes allés à la rencontre de Cédric, spécialiste du football croate qui anime le compte L’actu foot croate depuis 2010 sur Facebook et sur X. Rappelez-vous, c’est lui qui nous avait déjà aidés à introduire la double confrontation avec le HNK Rijeka en barrages de Ligue Conférence en 2023.
Zoom sur le Dinamo Zagreb
Que peux-tu nous dire sur cette équipe croate que l’on a l’habitude de voir sur la scène européenne ?
Je vais brièvement remonter à la saison dernière, qui s’est conclue par une course folle pour le titre en Croatie. Le Dinamo a eu trois entraîneurs, dont Fabio Cannavaro, et ils ont terminé la saison à égalité de points avec Rijeka. C’était un truc de fou, parce que toute la soirée, tu avais un hélicoptère qui survolait et faisait le chemin entre les deux stades avec le trophée parce que tu ne savais pas qui allait le gagner. C’est finalement Rijeka qui l’a emporté, tout simplement parce que dans les confrontations directes, l’avantage était pour eux.
Cet été, le Dinamo a parié sur Mario Kovacevic, un entraîneur croate. Et surtout, il y a eu l’arrivée de Zvonimir Boban à la direction sportive. Il a fait un grand ménage au sein de l’effectif (17 arrivées, 19 départs définitifs). Il y a eu plus de 15 millions d’euros de dépensés (16,8 M€), c’est un marché historique en Croatie. Pour un petit championnat, c’est du jamais vu. Ils ont quasiment changé toute l’équipe : les stars (Baturina, Sucic, Pjaca) sont parties, même libérées pour certaines, quand beaucoup de jeunes joueurs ont été pris, des mecs intéressants, et aussi un certain Ismaël Bennacer (prêté par l’AC Milan) C’est une arrivée vraiment surprenante pour la Croatie. Mais il ne pourra pas jouer jeudi. Il est arrivé trop tard et n’est pas qualifié pour l’Europe.
Voilà, grosso modo, l’état du club au début de la saison. En ce qui concerne les résultats, ça avait super bien commencé. Mais depuis cet automne (début octobre), ils ont eu une période de 2 victoires en 7 matchs. Ils ont été décevants tant en championnat qu’en Coupe d’Europe, même contre Vukovar (1-0) qui est vraiment une petite équipe. Ces résultats ont forcé (Mario) Kovacevic à modifier un peu son jeu, qui n’était pas assez offensif. C’était d’ailleurs une critique à Zagreb, qui est habitué à jouer avec des joueurs très techniques, souvent des créateurs. En tout cas, le jeu proposé était considéré comme trop peu emballant. Mais donc, pour m’arrêter là, le Dinamo est un club un petit peu souffrant.
Comment expliquer ces défaillances récentes ?
Il y a eu beaucoup, beaucoup de blessures, ce qui fait que l’équipe a beaucoup changé. C’est à partir de là que ça a commencé à s’effondrer un peu. C’est ce qui a enrayé la machine parce que l’entraîneur ne modifiait pas beaucoup son onze de départ jusque là. Il y a aussi un peu le jeu, qui était jugé insuffisant. Après, ça a été une petite spirale négative.
Quelles sont les fortes individualités du Dinamo ? Dans un sens comme dans l’autre ?
La première chose à noter, c’est que le gardien n’a pas le niveau européen. Il n’est pas de cette trempe, et ça se sent. Et dans l’effectif, il reste quand même quelques mecs qui sont en dessous. Je pense à Kévin Théophile-Catherine, qui était très important par le passé mais dont on se demande aujourd’hui pourquoi il a été conservé.
Sinon, il faut se méfier de Monsef Bakrar. C’est un attaquant qui marque beaucoup de buts en sortie de banc. C’est peut-être le joueur offensif le plus intéressant.
Cap sur le match
Imagines-tu cette équipe du Dinamo être capable d’inquiéter celle du LOSC ?
La dynamique du Dinamo n’est vraiment pas folle, mais il y a toujours des joueurs qui sont en capacité de proposer des choses au sein de cet effectif. Techniquement, il peut toujours se passer quelque chose, même s’ils sont moins forts que par le passé. Ce qui est certain, c’est qu’ils ne vont pas venir à Lille avec les mains dans les poches. Et puis, c’est une équipe qui commence à avoir du vécu européen, qui arrive à réaliser des performances intéressantes même sur cette scène européenne. Donc, tu es sûr qu’ils joueront ce match à fond, qu’ils se battront jusqu’au bout.
Malgré tout, je ne vais pas dire que le Dinamo est meilleur que Lille. Je ne pense pas que ce soit le cas. Je ne vois d’ailleurs pas le Dinamo gagner, d’autant plus à Lille.
Se méfie-t-on de Lille en Croatie ?
Quand tu es un club croate en Coupe d’Europe, que ce soit le Dinamo ou non, tu te méfies de tout le monde. Mais oui, clairement, le LOSC n’est pas un club sous-estimé. Et puis, en plus, tu as un certain Olivier Giroud qui rappelle de très mauvais souvenirs (avec l’équipe de France) en Croatie… Tout ça, ça reste dans les têtes. Il n’y a clairement pas le sentiment de supériorité, d’autant plus avec la dynamique du moment.
Enfin, quel serait ton pronostic pour cette rencontre ?
Alors, il faut savoir que je suis très, très mauvais au jeu des pronostics. Lille est une équipe qui se prend beaucoup de buts, notamment en Coupe d’Europe, et donc je me dis qu’il y aura de la place pour le Dinamo. Il y a moyen qu’ils les titillent un petit peu. Je vais partir sur une victoire étriquée du LOSC et du spectacle : 3-2.






