Publié le 25 février 2024 à 10:28

Crédit Photo : Le Petit Lillois

Par - Catégories : Football, LOSC-

Métamorphosé en cette nouvelle année, Adam Ounas pourrait s’avérer déterminant dans la quête du graal. Son retour en force fait désormais de lui, la représentation même de la différence au LOSC.

Ce « petit » a du feu dans les jambes. C’est sans doute avec cette image en tête, celle d’un garçon virevoltant, que toutes les générations fans du ballon rond pourraient décrire la pierre brute nommée Adam Ounas (27 ans). Celle-ci s’est néanmoins érodée avec le temps, ce dont le récit de l’année récemment écoulée ne peut que témoigner. Lors de l’exercice précédent, son premier dans la peau d’un Dogue, il a manqué 19 rencontres toutes compétitions confondues, trahi par son propre corps et ses égarements, ne pouvant laisser autre chose qu’une petite amertume chez ses plus fidèles partisans. Objet de remontrances, la faute à certains manques parfois pointés du doigt, ce sont ces failles – « je suis quelqu’un qui prend un peu plus de poids que les autres. On va dire que c’est compliqué… », confiait ainsi l’Algérien – qui ont laissé émerger une certaine fragilité. Un handicap physique devenu mental qui a fini par se répéter, sur un rythme effréné : « J’ai subi des blessures au mois de janvier (2023) et j’en ai eu pour presque quatre mois. Je suis revenu à trois semaines de la fin du championnat, confie l’international algérien. J’étais bien en préparation jusqu’au dernier match où je me suis blessé (amical, Brentford). »

Une réelle appréhension

Cette guigne l’a ainsi poursuivi tout au long de l’année, incapable de retrouver la condition adéquate au vu des pépins récents. Incapable également, en conséquence, de hausser son niveau d’exigence : « La première partie de saison était difficile pour moi. J’avais encore un petit peu peur de me blesser », confiait Adam Ounas en conférence de presse ce samedi.

C’est ainsi, au LOSC, qu’il a fallu entreprendre quelque chose de différent afin d’appréhender les difficultés rencontrées par le joueur, mais aussi par l’homme : « Avec (Adam) Ounas, nous devons faire un travail différent, plus spécifique. Ce n’est pas une situation facile, mais nous devons avoir une attention spéciale avec lui », révélait Paulo Fonseca à l’époque, à l’aube d’un affrontement avec le HNK Rijeka en août dernier. Nous avons fait un travail spécifique avec Ounas, ici à Lille, répète-t-il ce samedi. Le principal se passe dans la tête. Il est revenu (de la CAN, ndlr) très motivé, avec une condition physique différente. Il a perdu du poids notamment et le reste, c’était dans la tête », estime ainsi le technicien lillois.

« L’exigence, je l’ai toujours eu, mais j’avais toujours peur de me donner au maximum »

Ce changement d’état d’esprit, ce déclic, c’est à la Coupe d’Afrique des Nations que cela s’est déroulé. Là, sous la chaleur d’un autre continent, que la métamorphose s’est opérée : « Il y a eu du travail fait avant, en club. J’essayais de faire une double séance. On se donnait les moyens pour bien récupérer avec le groupe. […] Mais on a travaillé dessus en sélection. On était là-bas (préparation en Algérie puis au Togo avant la CAN en Côte d’Ivoire, ndlr), il faisait chaud. On s’est bien préparé et ça m’a permis de m’affûter », analyse Adam Ounas avec du recul. A ses côtés avec les Fennecs, c’est une « grosse prise de conscience » que décrivait son compatriote et coéquipier Nabil Bentaleb. Le Dogue l’a également reconnu ce bouleversement sur le plan mental, en plus d’une condition physique retrouvée. L’un va avec l’autre : « L’exigence, je l’ai toujours eu. C’était plus à cause des blessures. J’avais peur de me donner au maximum, d’enchaîner les sprints et ce genre de choses. On a beaucoup travaillé là-dessus en sélection et c’est là, petit à petit, que ma peur s’est envolée. »

Très « heureux » de voir Edon Zhegrova briller, Adam Ounas est aujourd’hui capable de rivaliser, et ce, après avoir enchaîné cinq apparitions consécutives. Il l’a démontré par ses performances, il est de retour : « Le football va vite dans les deux sens. Il ne faut pas lâcher. Il faut travailler pour revenir et pouvoir enchainer. J’espère ne plus avoir aucune blessure jusqu’à la fin de saison, répond-il. J’ai toujours cru en moi. Je vais donner le maximum pour montrer au coach qu’il peut compter sur moi. »

« Il doit comprendre qu’il arrive à un âge où il doit choisir ce qu’il veut pour le reste de sa carrière »

Justement, en parlant de coach, Paulo Fonseca a également eu l’occasion de s’exprimer. Il persiste et signe, c’est dans la mentalité que tout a changé : « Il comprend qu’il arrive dans un moment décisif pour lui où il peut faire des choses différentes de ce qu’il a pu faire lors de la première partie de saison. Je pense qu’il a changé dans sa tête, analyse le technicien. Quand nous sommes motivés, nous travaillons différemment et je pense qu’Ounas travaille aujourd’hui différemment. Il a changé mentalement et c’est grâce à cette motivation que sa condition physique s’améliore. Il travaille mieux maintenant », ce qui veut dire qu’il n’en faisait pas assez, avant.

Du noir ou du blanc, non pas vraiment. Ce sont des nuances de gris qui se mêlent et s’entremêlent. La peur de se blesser, quelques égarements et des doutes… C’est d’une boucle ininterrompue qu’est parvenu à s’extirper le Fennec, aujourd’hui à un tournant : « Peut-être bien, s’exclame Paulo Fonseca lorsque la question lui est posée. Il doit comprendre qu’il arrive à un âge où il doit choisir ce qu’il veut pour le reste de sa carrière. Il a du temps pour faire les choses différemment parce qu’il a beaucoup de qualités. C’est un joueur différent, mais il doit d’abord penser à l’attitude et la concentration qu’il a maintenant pour poursuivre », lance-t-il plein d’espoirs.

La peur de l’ennui

Cette peur tenace, si elle est aussi grande, c’est parce que ces jambes foulent le gazon sur un rythme effréné, comme peuvent courir des notes sur une partition. Celles-ci, sans aucun doute, pourraient être la poursuite du récit de cette saison, celle durant laquelle les Dogues ne sont qu’à quelques pas de rentrer en symbiose avec leurs ambitions. Le cœur du vestiaire lillois en a d’ailleurs bien conscience et cela s’est traduit par des mots : « Il est prêt, déterminé. Il travaille dur. On a vu qu’il pouvait être un joueur très important pour nous », estimait récemment Nabil Bentaleb. Plus qu’une vision, il s’agit même d’un besoin : « Il peut nous apporter énormément. On a besoin d’un très grand Ounas pour faire quelque chose de bien », soulignait quant à lui le capitaine du LOSC, Benjamin André.

Encore faut-il qu’il ait l’envie. Celle-ci pourrait être issue d’une situation contractuelle singulière (en fin de contrat avec le LOSC, ndlr). C’est en tout cas ce qu’il est possible d’entendre non loin du Domaine de Luchin, ce qu’a d’ailleurs réfuté le principal intéressé : « Cela ne joue pas du tout. Je donne le maximum, que ça soit ici, à Lille, ou autre part. Il faut penser à la fin de saison avec le club pour pouvoir arriver au plus haut niveau au classement et sur tous les tableaux, même en Conference League », lança Adam Ounas en conférence de presse.

On en avait toujours rêvé, mais on avait fini par ne plus y croire. Et peu importe les raisons, Adam Ounas (27 ans) est parvenu à retrouver cette étincelle. C’est la flamme de l’espoir ravivée qu’il faut désormais entretenir au sein de sa communauté, celle des Lillois qui n’attend plus qu’un nouveau coup d’éclat. Celui-ci pourrait avoir lieu dès ce dimanche, 15 heures, à Toulouse. Le Rose, un teint qui conviendrait aux Dogues. Une belle façon de voir la vie, et ce, jusqu’à la fin de la saison. Dans le cas contraire, les Dogues seraient les premiers ennuyés…

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