Publié le 22 février 2026 à 20:04

Crédit Photo : Le Petit Lillois / Quentin Delcourt
Présent en conférence de presse après la victoire des siens contre Angers SCO avec un but d’Olivier Giroud, Bruno Genesio est revenu sur la performance de son équipe.
J’ai juste envie d’avoir ton premier sentiment sur ce match, non pas sur le contenu, mais simplement sur le fait d’avoir gagné un match parce que ça faisait longtemps que ce n’était pas arrivé.
Comme l’a dit le capitaine dans le vestiaire, il était temps. En tout cas, j’ai vu une réaction qui m’a plu. On avait besoin de gagner, de montrer aussi qu’on était capable de rebondir après un match plus que décevant jeudi. Je trouve que l’équipe a répondu dans ce sens.
Ce qu’il a manqué encore, c’est un peu d’efficacité, on va dire, parce que vous avez 20 premières minutes où vous vous créez 2-3 occasions nettes. T’as eu un peu peur au moment du penalty ?
Non, pas peur, mais on aurait préféré ouvrir le score et prendre un avantage plus conséquent pour éviter d’avoir une fin de match comme on l’a eue parce qu’on n’avait pas gagné depuis le début de l’année en championnat et, forcément sur la fin de match, on a bien senti que ce qui nous importait, c’était surtout de garder cet avantage. On a un peu déjoué, mais si on avait eu un avantage plus conséquent qu’on aurait pu avoir, je pense qu’on aurait peut-être pu avoir plus de maîtrise en fin de match. En tout cas, il était important de réagir, c’est ce que les joueurs ont fait et il faut les féliciter. Ils ont montré beaucoup de caractère, ce n’est jamais simple de s’imposer ici. C’est un premier pas, il en faudra d’autres. C’est un premier petit pas très important.
C’est important aussi pour Olivier Giroud, j’imagine, d’avoir marqué ce but-là. Il sortait d’une période un peu difficile.
C’est important pour lui, mais je pense pour l’équipe aussi. C’était important de convertir ce penalty, parce que c’est jamais facile de les convertir, de moins en moins. C’est un buteur, mais aussi pour l’équipe, pour le club, pour nos supporters, pour tout le monde. C’est un but très important.
On a vu une bonne première demi-heure mais le souci, c’est de ne pas réussir à la faire durer…
Oui, mais vous savez, je pense que lorsqu’on est un peu malade, comme on l’est depuis le début de l’année, forcément, lorsque vous ne concrétisez pas vos temps forts, peut-être que le doute peut s’installer aussi. Heureusement, on a réussi à marquer ce but juste avant la mi-temps. Mais j’ai vu quand même dans l’ensemble pas mal de bonnes choses, même en seconde période, même si sur la fin de match, on s’est contenté de jouer long, de gagner les ballons, les premiers, les deuxièmes ballons. On s’est quand même créé encore deux occasions très nettes, avec la tête d’Olivier Giroud où Hervé Koffi fait un très bel arrêt et puis la frappe de Tiago Santos sur la barre. Donc il y a eu aussi quand même quelques satisfactions. On a été solides, on n’a pas concédé beaucoup d’occasions. C’est une belle victoire, 1-0 à l’extérieur. On aurait signé pour faire la même chose à Metz ou à Lyon où on aurait pu aussi mériter ça. Encore une fois, c’est un petit pas, mais qui était un pas important à faire ce soir.
Justement, vous parliez de la frappe de Tiago Santos. Est-ce que vous avez eu l’impression de le retrouver ce soir ? Parce qu’il était très en jambes, très, très en jambes.
Je l’ai retrouvé, oui, très en jambes offensivement, mais aussi très en jambes pour faire les efforts défensifs et pour être sérieux. Preuve en est sur le pénalty, parce que si vous reprenez l’action du penalty, il fait un contre-effort pour se replacer d’abord. Et ensuite, un pressing où il récupère le ballon, il se projette et c’est lui qui obtient le pénalty. En tout cas, il a fait un très bon match. Maintenant, il faut qu’il recommence et qu’il répète ce genre de prestations.
« Je pense qu’ils avaient à cœur, eux, de montrer autre chose. Je ne sais pas si on peut parler de rachat, mais en tout cas de montrer que ce qui s’était passé jeudi était un accident. »
Est-ce que finalement, les deux joueurs qui ont débloqué les situations, c’est deux joueurs qui étaient un peu en difficulté, à la fois Giroud et Santos ? C’est un peu leur réponse…
Je pense que ce n’est peut-être pas une réponse parce que je pense qu’il n’y a pas de problème avec Olivier ou Tiago. En tout cas, c’est caractéristique de ce qu’on a montré ce soir. On avait envie de montrer que ce qui s’est passé jeudi n’est pas normal, mais que ça pouvait aussi arriver et que ça pouvait être un incident ou un accident, à condition, ce soir, de montrer, déjà dans les attitudes, autre chose. Et c’est ce qu’on a fait déjà. C’est ce que j’attendais en premier lieu de mon équipe. Et après, on a eu la réussite, on est allés la provoquer pour gagner ce match. C’était aussi une deuxième attente parce qu’en termes de points, en termes de confiance, ça peut nous aider.
Un petit mot sur l’ambiance, peut-être, le contexte. Est-ce qu’on peut se préparer à des matchs comme ça ?
Je pensais que c’était important de jouer, mais non pas parce que c’était à huis clos mais parce qu’il était important de tout de suite se replonger dans la compétition après un match très, très dur, comme on a fait jeudi. Concernant le contexte, ça nous a rappelé de lointains souvenirs, mais pas des bons souvenirs, d’ailleurs. Oui, c’est dommage. C’est dommage, après, compte tenu des événements qui se sont passés dans la région et des accès qui étaient difficiles. C’était une décision, je pense, à prendre. Mais ce n’est pas l’idéal. On préfère jouer avec des supporters, avec des spectateurs, même si ce sont des spectateurs d’équipes adverses. Le football est fait pour être joué devant un public et pas à huis clos. Mais là, c’était par la force des choses. On ne pouvait rien y faire.
Est-ce que quand on joue, on oublie un peu qu’il n’y a personne ou on y pense tout le temps, on se restreint ?
Non, je n’ai pas eu l’impression de m’être retenu. C’est même mieux pour nous, à ce niveau-là, parce qu’on est entendus. Lorsque vous avez 50 000 personnes, parfois on crie, on gesticule. 9 fois sur 10, les joueurs n’entendent pas ou ne le voient pas parce qu’il y a du bruit. Pour nous, à ce niveau-là, c’est mieux, mais pour le football et la compétition, c’est quand même mieux d’avoir le public. On attend avec impatience le prochain match à Belgrade, parce qu’il y aura du public (rires).
On t’avait senti un peu désabusé après le match de jeudi. Est-ce que tu as repris un peu de force et un peu de conviction ?
Pas désabusé, j’avais de la force, bizarrement, je l’ai dit après le match. Par contre, il y a une chose que je n’aime absolument pas, quelle que soit l’équipe que je coache, c’est de ne pas être à la hauteur sur les valeurs qu’on doit avoir. J’estime que l’engagement, l’agressivité doivent faire partie tout le temps de tous les matchs. Le reste, je peux tout pardonner à mes joueurs sur l’aspect technique, tactique. Mais ce qu’on avait montré jeudi ne m’avait vraiment pas plu. On n’a pas affiché ce qu’on avait l’habitude d’afficher en termes de comportement et d’attitude. Oui, ils ont répondu à nos attentes parce qu’il n’y a pas que les miennes. À leurs yeux aussi, je pense qu’ils avaient à cœur, eux, de montrer autre chose. Je ne sais pas si on peut parler de rachat, mais en tout cas de montrer que ce qui s’était passé jeudi était un accident. À ce niveau-là, je suis satisfait mais je n’étais pas désabusé. Bizarrement, dans cette série qui a été difficile, je me sens avec beaucoup de force, beaucoup d’énergie.






