Publié le 26 janvier 2021 à 20:19

Crédit Photo : Le Petit Lillois

Par - Catégories : LOSC-

Après une année 2020 plus que convaincante, le LOSC attaque cette nouvelle année avec l’opportunité de marquer encore un peu plus son histoire. Encore en lice sur tous les tableaux, bien placé en championnat, cette nouvelle année pourrait-être la bonne pour une équipe qui impressionne à tous les niveaux. Mais que peut-on souhaiter au LOSC en 2021 ?

Un titre national

Il y a dix ans, le LOSC remportait un doublé historique Championnat – Coupe de France. Emmenés par Eden Hazard, Yohan Cabaye ou encore Gervinho, les Dogues réussissaient l’exploit de mettre fin à plus de 55 ans sans le moindre trophée. Depuis, le club n’est pas parvenu à réitérer pareille performance. Et si cette année 2021 était la bonne ? A vrai dire, tous les signes sont alignés pour que les lillois réussissent à soulever à nouveau un trophée.

Remontons dans le temps, et revenons à la saison 2009-2010. Les Dogues retrouvent une Coupe d’Europe après deux ans de disette. Malgré des débuts en dents de scie, notamment dus au départ du joueur star Michel Bastos, les Dogues réussissent petit à petit à s’installer en haut du classement. La saison est marquée par une pandémie de Grippe H1N1, qui oblige certains matchs (dont le Clasico PSG-OM) à être reportés. Les Dogues se battent jusqu’au bout… mais échouent finalement aux portes de la Ligue des Champions, à cause d’une défaite face à un club Breton. Le mercato qui suit est très calme. Le défenseur central Nicolas Plestan rejoint Schalke. A noter : l’arrivée d’un joueur expérimenté (David Rozehnal) et d’un attaquant (Moussa Sow) pour renforcer une attaque nordiste déjà très en vue.

En 2010-2011, le LOSC est de nouveau qualifié en Europa League. Pour leur premier match, les Dogues affrontent le Stade Rennais. L’un des meneurs de l’attaque lilloise, Moussa Sow ouvre son compteur. La rencontre se conclut par le score d’un but partout. Ces mêmes Rennais vont vite être propulsés dans les premières places, jusqu’au fauteuil de leader pendant trois journées. Après un début de saison peu prolifique (deux buts en quatre matchs), la machine infernale est lancée et l’attaque lilloise plante quatre buts face à l’ennemi Lensois. Plus tard, les Nordistes gagnent 2-1 face à Monaco lors d’un match de haute-volée. Le LOSC est finalement sacré Champion d’Automne, suivi de près par le PSG, de Rennes et des deux Olympiques dans une Ligue 1 plus débridée que jamais. En Europa League, les Dogues finissent deuxièmes de leur groupe et affrontent un cador néerlandais en la présence du PSV Eindhoven.

Vous n’avez pas une impression de déjà vu ? Mais si, tenez : en 2019-2020, le LOSC retrouve une Coupe continentale après deux ans sans match européen. Les lillois ont du mal à retrouver leur niveau de jeu de la saison précédente, en partie à cause du départ du joueur star de la saison précédente : Nicolas Pépé. Lille réussit tout de même à se stabiliser dans le haut du classement. Les Dogues se battent jusqu’au bout… mais l’arrivée d’une pandémie de Coronavirus entraîne l’arrêt du Championnat. Le LOSC échoue aux portes de la Ligue des Champions… à cause d’un club Breton (le Stade Rennais). Le mercato qui suit est très calme, avec l’arrivée d’un joueur expérimenté (Burak Yilmaz) et d’un attaquant (Jonathan David). Le défenseur central Gabriel quitte quant à lui le Nord. De nouveau qualifié en Europa League, le LOSC débute sa saison avec un match nul 1-1 face au Stade Rennais. C’est le but de Bamba, l’un des artisans de la bonne forme de l’attaque lilloise, qui permet aux Dogues d’arracher un point. Ces mêmes Rouge et Noir sont rapidement propulsés sur le fauteuil de leader. Malgré un début de saison peu prolifique (quatre buts en quatre matchs), le LOSC se lance à l’assaut de la tête du championnat. Victime de cette montée en puissance: l’ennemi juré du RC Lens, défait par quatre buts. Autre victime : l’AS Monaco, défait 2-1 dans un match de haute volée. Le LOSC est sacré champion d’automne ex-aequo avec l’OL, mais reste suivi de près par le PSG, l’OM et Rennes. Sorti brillamment deuxième de son groupe d’Europa League, le LOSC affrontera un cador néerlandais en seizièmes de finale : l’Ajax Amsterdam.

Ne nous y trompons pas : autant de signes, ce n’est pas un Hazard…

 

Un bon Euro pour nos Dogues

Cela fait désormais cinq ans qu’il n’y a pas eu d’Euro. Remportée par le Portugal, l’édition 2016 a été marquée par un Dogue : Eder. A l’époque en perdition à Swansea, plus dans les plans du sélectionneur Santos, l’imposant attaquant lusitanien a alors l’occasion de retrouver du temps de jeu du côté du Nord de la France. Après six mois convaincants, Eder signe définitivement au LOSC, et reprend sa place en sélection, malgré les critiques persistantes du côté des supporters portugais. Le Portugal, sans séduire, réussit à atteindre la finale contre le pays organisateur, la France. Invisible durant toute la compétition, Eder entre à dix minutes de la fin et a l’occasion de faire mentir ses détracteurs. Inutile de rappeler cette 110ème minute douloureuse pour bon nombre de supporters français.

Mais cet Euro 2016 est aussi l’occasion de découvrir une nouvelle pépite tout droit sortie du centre de formation du Benfica Lisbonne, un certain Renato Sanches. Etincelant durant toute la compétition, celui qui est aujourd’hui l’un des meilleurs joueurs du LOSC a fortement bénéficié de l’exposition de cette compétition. Toujours membre de la sélection, Sanches sera probablement encore de la partie cet été. Mais il n’est pas le seul à postuler à une place à l’Euro : José Fonte, déjà présent dans l’équipe portugaise en 2016 et qui peut espérer une place de titulaire, mais aussi Mike Maignan et Jonathan Ikoné, sélectionnés plusieurs fois par Didier Deschamps ces derniers mois. Son compère de l’attaque, Jonathan Bamba, essentiel depuis le début de la saison, pourrait le rejoindre si il venait à confirmer ses six très bon premiers mois. Au milieu de terrain, Benjamin André peut lui aussi espérer une première sélection qui serait somme toute méritée. Sven Botman pourra lui bénéficier de la probable absence de Van Dijk pour gratter une place avec la sélection batave.

Sans oublier le trio magique Celik – Yilmaz – Yazici qui pourrait bien créer la surprise avec la Turquie, ou encore Domagoj Bradaric avec la Croatie. Et dire qu’il y a quelques temps, le seul lillois présent à l’Euro était Marvin Martin…

 

Le retour au premier plan de la formation

Le LOSC a, contre toute attente, changé de direction à la fin de l’année 2020. Exit Gerard Lopez et autre Luis Campos, au profit d’Olivier Létang, devenu président salarié. Lors de sa rencontre avec les groupes de supporters, l’ancien Rennais s’est exprimé sur le projet du club. Il a notamment fait part de son envie de remettre au premier plan une formation décimée sous Gérard Lopez, l’ancien projet favorisant la post-formation à la formation de jeunes talents.

Pourtant, l’ADN du LOSC, c’est la formation. L’ossature du club lors du dernier doublé était principalement formée par des joueurs formés au club. Cabaye, Debuchy, et bien évidemment Eden Hazard sont des joueurs qui ont marqué le club et les supporters. Outre cet impact positif sportivement, il y a également une logique économique : un joueur formé peut rapporter gros à son club formateur (en témoigne le transfert d’Hazard à Chelsea). De plus, Lille est au croisement de plusieurs terroirs remplis de jeunes joueurs pétris de talent : entre la Belgique, les Pays-Bas, la région parisienne et évidemment tout le nord de la France, le LOSC a de quoi faire. Le club a de quoi faire rêver : il donne sa chance aux jeunes, possède un stade et un centre d’entraînement ultra-moderne. En bref, le club nordiste pourrait être la destination parfaite pour bon nombre de futurs talents.

Symbole de la qualité de la formation lilloise, Benjamin Pavard est le dernier joueur formé à avoir réellement réussi. Aujourd’hui au Bayern, il est même devenu champion du monde et star nationale suite à son but splendide contre l’Argentine en huitièmes de finale de la Coupe du Monde 2018.

Beaucoup de supporters s’était agacée de la « perte d’identité du club » lors des débuts de Gérard Lopez. Et si ce changement de gouvernance permettait la (re)montée en puissance de la formation lilloise ? Une chose est certaine, il faudra être patient. On peut espérer que cette année soit enfin bénéfique à un joueur formé au club, comme Lucas Chevalier par exemple.

 

Un retour des supporters dans les stades

Après un an sans supporters dans les stades (ou presque), le constat est sans appel : un match de foot sans supporters, c’est un peu comme un repas sans fromage, une journée sans soleil, ou une rencontre sans le « Kral » Yilmaz : il manque quelque chose. Malheureusement, la situation sanitaire actuelle en France et en Europe empêche un retour des supporters dans les stades, qui ne semble d’ailleurs pas d’actualité avant quelques temps. Malgré un bref retour cet été, limité à une jauge de 5000 personnes, tous les lillois n’ont pas eu l’opportunité de revenir dans un Stade Pierre-Mauroy qui sonne désormais bien creux. C’est dur, encore plus pour ceux qui ne sont pas revenus depuis un peu moins d’un an et une belle victoire contre l’OL de Rudi Garcia.

D’autant plus dur que le LOSC réalise six premiers mois absolument exceptionnels. En tant que supporters, qui n’a pas exulté devant les exploits européens du LOSC en octobre (victoire à San Siro, le come-back de Burak face au Sparta) ? Il y a d’ailleurs fort à parier que beaucoup de nordistes auraient fait le déplacement jusqu’en Italie pour voir un LOSC triomphant, sauvant l’honneur de tout un pays sur la scène européenne. Comment aurions-nous vécu le but à la dernière minute de David, arrachant une victoire ô combien importante le week-end dernier face à Reims ? L’humiliation de l’ennemi lensois (quatre buts à rien, il est utile de le rappeler) ?

Un sentiment de fierté s’entremêle avec celui d’un profond regret. Le LOSC a probablement écrit l’une des plus belles pages de son histoire sans le moindre supporter présent pour l’en féliciter… Mais le fait est que la vie continue, et qu’avec l’arrivée d’un vaccin, tous les espoirs sont permis. Imaginez-vous pouvoir de nouveau assister aux fulgurances de Yusuf Yazici, aux dribbles chaloupés de Jonathan Bamba ou aux erreurs défensives de Domagoj Bradaric… ça ne vous donne pas les frissons ? Et puis le stade, ce n’est pas que le foot : c’est aussi l’occasion de croiser du monde, de revoir ses « voisins » lorsque l’on est abonné, de manger un américain kebab avec une délicieuse sauce ch’ti, de se lâcher un bon coup, d’exulter, de râler, enfin bref : de passer un bon moment.

C’est le souhait de la plupart des supporters lillois : un retour dans les stades le plus vite possible. Mais que l’on soit, à distance ou au stade, une chose est sûre : on sera toujours là.

Joseph da Rocha

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