Publié le 21 mai 2026 à 17:40

Crédit Photo : Le Petit Lillois / Quentin Delcourt
Le LOSC a rendu un hommage appuyé à Marc Cuvelier, son historique kiné, dimanche dernier lors de la réception de l’AJ Auxerre. Jean-Michel Vandamme, un autre visage emblématique du Domaine de Luchin, nous a aidés à dresser son portrait.
Cela fait 37 ans, depuis 1989, que le LOSC pouvait s’appuyer sur le professionnalisme de Marc Cuvelier, membre emblématique du staff lillois. Ce dernier a tiré sa révérence dimanche dernier lors de la trente-quatrième et dernière journée de la saison 2025-2026 de Ligue 1. Un hommage émouvant, avec la présence d’anciens joueurs, de salariés, de sa famille, lui a ainsi été rendu au cœur de la Decathlon Arena – Stade Pierre-Mauroy, sous les acclamations du peuple lillois.
Pour boucler la boucle, quoi de mieux qu’un autre historique pour nous parler de ce personnage, aussi bien considéré comme une « légende du LOSC » que comme un « artiste » entier et solaire ? Jean-Michel Vandamme, directeur du centre de formation lillois, nous a accordé quelques minutes pour en savoir encore un peu plus sur Marco’, le Druide.
Le portrait de Marc Cuvelier
Que peux-tu me dire sur Marc Cuvelier, un historique du LOSC ?
C’est énorme. Vivre dans un vestiaire professionnel, c’est quelque chose d’incroyable. Il a vu passer différents présidents, différents entraîneurs, différents directeurs sportifs, différents joueurs. Il a vécu l’histoire de l’intérieur, c’est d’une richesse incroyable.
En plus, on a l’habitude de dire que le kiné, c’est généralement le confident des joueurs. Les mecs, ils se libèrent, ils parlent. Un très bon kiné, ça peut valoir un préparateur mental. Un kiné qui a le bon discernement, ça peut aussi de temps en temps aider les joueurs à ne pas s’égarer. Ce n’est pas lui qui fait la soupe, mais il peut aider à conseiller, en sachant quand même qu’il est là pour te soigner avant tout (sourire).
Est-ce rare, à une époque où les staffs sont de plus en plus remaniés, de voir quelqu’un y rester autant de temps ?
C’est tout à fait exceptionnel, tout à fait exceptionnel. Je suis un petit peu dans le même cas (sourire), j’ai 48 ans au club… Mais je ne vois pas comment ça pourrait se reproduire aujourd’hui. Ce n’est plus possible dans les configurations actuelles. C’est incroyable cette carrière.
Peux-tu me parler du personnage ?
Quelque part, c’est un artiste parce qu’il aime le théâtre, il aime le show. C’est un imitateur et c’est un mec qui te caricature ou qui te parodie. Pour prendre mon exemple : mon père était un mec haut en couleur, avec un accent ch’ti. Marco’, il faisait une imitation de mon père… Quand il imite mon père, à 80%, je le revois. Il te fait revivre des moments. Il a cette capacité à te faire revivre des moments avec de la profondeur.
Elle était dans son spectacle d’ailleurs. Il le faisait dans un sketch où mon père présentait les joueurs de l’équipe professionnelle. Et il décrit tous les joueurs du vestiaire un par un. C’est un moment d’anthologie. Et Marco, il a mémorisé la scène et il l’a reproduite dans son spectacle. Il avait cette capacité à te caricaturer ou à t’imiter, toujours en étant pavé de bonnes intentions. C’est toujours sympa. Et puis, il a croisé tellement de personnages hauts en couleur… Comme Vahid Halilhodžić, ça laisse des traces. Le voir parodier Vahid, ça vaut son pesant d’or (sourire).
C’est impensable et incroyable ces moments qu’il a vécus. Passer une soirée avec lui, tu apprends des choses tellement dingues. Si tu fais une soirée avec lui, tu es sûr que tu ne vas pas t’ennuyer. Mais n’oublions pas que c’est un excellent kiné et qu’il en a réparé des mecs. Tu ne restes pas aussi longtemps si tu n’es pas un bon kiné.
Penses-tu que cette personnalité extravagante lui a permis de s’adapter à l’évolution des générations chez les joueurs ?
Aujourd’hui c’est extrêmement compliqué d’imaginer qu’il a connu des joueurs emblématiques des années, même avant Vahid, qui étaient des joueurs d’une autre génération, avec une autre mentalité, moins jeunes, généralement un peu plus matures, et de voir aujourd’hui toute cette jeunesse qui est montante et qui arrive beaucoup plus tôt, avec certes son ambition, son envie de tout casser, mais aussi parfois son immaturité. Et il est en capacité d’échanger avec n’importe qui.
Il va échanger avec (Olivier) Giroud (39 ans) ou Benjamin André (35 ans), mais aussi avec (Matias) Fernandez-Pardo (21 ans), Ayyoub Bouaddi (18 ans) ou d’autres jeunes qui arrivent. Il est capable de se mettre sur leur longueur d’onde. En fin de compte, c’est un grand communicant.
Et c’est assez marrant, mais il est aussi capable d’être extrêmement discret, de rester dans la réserve. C’est aussi une force. C’est quelqu’un d’intelligent, qui a du recul sur la vie et qui a cette capacité à comprendre les gens et les situations.
Une dernière danse pour Marc Cuvelier 👏🫶 pic.twitter.com/7lJgDIkvCx
— LOSC (@losclive) May 19, 2026
Les mots de Romain Perraud
Outre Jean-Michel Vandamme, qui avait donc bien voulu répondre à nos questions sur ce fameux druide, Romain Perraud avait lui aussi été interrogé. En conférence de presse, il rendait ainsi son propre « hommage » à Marc Cuvelier : « Trente-sept ans dans un club, c’est fantastique, lâchait-il spontanément le 15 mai. Je l’ai découvert cette année et Marco’, c’est une personne bienveillante, hyper solaire, qui a toujours des anecdotes et de belles anecdotes en plus », souriait le latéral gauche lillois.
« Être à son contact, c’est un bonheur. On peut discuter, passer du bon temps. Ici, on le surnomme le druide et ce n’est pas pour rien, appuyait encore Romain Perraud. Il fait, je pense, partie des légendes du LOSC. Je lui souhaite une belle retraite », terminait-il avec une émotion certaine. Marc Cuvelier, tout le monde l’a compris, restera dans l’histoire du LOSC, celle qu’il a pris temps d’années à bichonner.






