Publié le 23 novembre 2023 à 11:28

Crédit Photo : Le Petit Lillois
Du Brésil au LOSC, Michel Bastos (40 ans) a poursuivi l’héritage des Sud-Américains dans le Nord. Il est d’ailleurs récemment revenu sur son transfert et son arrivée dans une Colinterview.
Latéral lorsqu’il était au Brésil, Michel Bastos a fait le boomerang entre son pays et l’Europe. Débarqué sur le continent aux Pays-Bas, à Feyenoord puis à Excelsior, il a d’abord échoué avant de rentrer au Brésil en 2003 et ce n’est que trois ans plus tard qu’il posera ses valises dans l’Hexagone. Une opération qu’il qualifie de « rêve » sur laquelle il est longuement revenu : « Mon arrivée en France, c’était une surprise pour moi. J’avais fait une saison à Figueirense qui était extraordinaire avec 14 buts en championnat alors que je jouais au poste d’arrière gauche. A l’époque, Jean-Luc Buisine (responsable du recrutement au LOSC, de 2003 à 2011, ndlr) se déplace au Brésil, et se demande comment un jeune gamin qui joue arrière-gauche arrivait à marquer autant de buts. Il est donc venu exprès pour m’observer, mais j’étais blessé. J’étais déçu et pourtant, une semaine plus tard, on m’a annoncé qu’un club français qui jouait la Ligue des Champions négociait pour mon transfert. C’était un rêve pour moi, et les choses se sont faites. Claude Puel me voulait vraiment, même blessé, alors je me suis rétabli tranquillement au Brésil, puis je suis arrivé en France, un mois plus tard », confie-t-il, se remémorant de bons vieux souvenirs.
Les secrets de son adaptation
- L’apprentissage de la langue
A peine débarqué à Lille, Michel Bastos a rapidement pris ses marques et une place de titulaire indiscutable. Un statut acquis précocement qui s’explique par une adaptation expresse. Cette dernière a été possible grâce à deux facteurs et à deux hommes, Claude Puel et Rafael Schmitz : « Quand je suis arrivé en France, l’objectif était d’apprendre la langue le plus vite possible. L’histoire que je raconte à tout le monde, c’est que, quand j’arrive à Lille, Rafael Schmitz (défenseur central au LOSC, de 2001 à 2008, ndlr) est là et il parle déjà bien le français. Son conseil, ça a été de parler, de sortir du cadre théorique et de parler à tout le monde au club sans avoir peur. Essayer, que ça soit avec les entraîneurs ou la presse, n’importe qui, et c’est ce que j’ai fait. J’avais aussi mis ma télévision en français, et j’apprenais grâce à elle. Je tenais un bloc-notes avec les mots que je ne comprenais pas et Rafael me les expliquait. Au bout de six mois, j’arrivais déjà à communiquer. J’ai réussi à oublier le fait que j’avais quitté mon pays, pour m’ouvrir entièrement à une nouvelle culture. Il faut savoir s’adapter, découvrir la gastronomie française, ne pas rester dans ses habitudes et ça, ça m’a beaucoup aidé alors qu’au début, je ramenais beaucoup de trucs du Brésil et ça, ce n’était pas une bonne idée. Il fallait que je fasse de la France, mon chez-moi », déclare l’ancien latéral, dont l’évolution sur le terrain lui a permis de s’adapter au football européen et de franchir de sérieux caps.
- La découverte du football français
Outre son intégration au vestiaire et à un nouvel environnement, c’est sûr le terrain qu’il fallu trouver ses marques : « Ce point-là, je dois donner tout le crédit à Claude Puel. Quand il m’a fait venir en France, il a vu que j’étais un joueur qui jouait à l’arrière, mais qui était très offensif et marquait beaucoup de buts. Il m’a rapidement dit qu’il devait trouver un autre poste pour moi. C’est ce qu’il a fait, et c’est grâce à ça et à lui si j’ai réussi en France. Il m’a mis ailier, et j’ai vite compris que c’était un poste qui me permettait d’être meilleur. Je crois que s’il ne m’avait pas fait changer de poste, je n’aurais jamais réussi en France », conclut l’ailier gauche, passé par le LOSC de 2006 à 2009, suite à un transfert peut onéreux, une modique somme de 3 millions d’euros.






