Publié le 3 janvier 2024 à 08:41

Crédit Photo : Le Petit Lillois

Par - Catégories : Football, LOSC-

Cela fait plusieurs décennies que le LOSC ne cesse de se réinventer pour exister au plus haut niveau. Aujourd’hui, c’est l’expérience qui est gage de confiance.

Au fil des années, le LOSC a réalisé les plus belles saisons de son histoire récente lorsqu’il est parvenu à construire un groupe « brassé », composé à la fois de joueurs d’expérience et de jeunes joueurs en devenir. Au contraire, c’est lorsque la direction lilloise a dévié de cette trajectoire, soit par manque de maturité (avec Hervé Renard en 2015 ou Marcelo Bielsa en 2017), soit par surplus d’expérience (Rudi Garcia en 2013 ou Frédéric Antonetti en 2016), que le château de cartes s’est écroulé. Des erreurs qui ont été synonymes d’échecs cuisants pour les Dogues qui, aujourd’hui, semblent avoir trouvé une certaine formule. Ce groupe « brassé », il s’agit d’un luxe dont peut se targuer Paulo Fonseca au cours de cette saison 2023-24, et ce, à de nombreux niveaux.

Prendre son mal en patience

Avant d’en arriver à cette conclusion, il est nécessaire de faire un bond en arrière, à l’entame de l’exercice en cours. Lors de ce dernier, le LOSC n’affichait pas le même visage. Celui-ci était bien plus juvénile, comme l’atteste la moyenne d’âge de l’équipe alignée à l’occasion de la première journée de Ligue 1 Uber Eats, 24,45 ans, soit la troisième formation la plus inexpérimentée sur ce plan. Dans le cadre d’un déplacement à Nice, les Dogues avaient renoué avec de vieux démons, en difficulté dans les deux surfaces, avant de suivre cette voie pendant plusieurs semaines. Le technicien lillois, Paulo Fonseca, avait d’ailleurs été interrogé à ce sujet en conférence de presse, preuve de l’inquiétude ambiante de l’époque : « J’ai confiance en mes joueurs, aux jeunes aussi. Nous devons gagner de l’expérience en disputant beaucoup de matchs, il n’y a pas d’autres solutions pour en engranger. Nos jeunes doivent jouer pour être prêts. Le principal, à côté de ça, c’est la motivation », répondait-il et bien lui en a pris.

« Paulo était un exemple de professionnalisme, il a une relation forte avec les joueurs »

Quelques mois plus tard, la donne s’est inversée, et les Dogues font désormais parfois preuve de roublardise, notamment dans un secteur défensif où se mêle jeunesse et vétérans, anticipation et vivacité. Les plus jeunes ont appris des plus anciens et profité d’intenses batailles, tant sur la scène nationale qu’européenne, pour engranger un précieux butin nommé « expérience » : « En parallèle, il faut aussi prendre en compte le fait que chaque joueur a pris de l’expérience avec une année supplémentaire de travail. Leny, Bafo, Alexsandro… Ismaily n’a pratiquement pas de blessure cette année. L’arrivée de Nabil également nous a aidés, ainsi que les efforts de nos ailiers, avec Edon, Ivan ou Rémy. C’est la conséquence d’un travail que l’on a fait tout ensemble », ont ainsi été les mots de Paulo Fonseca en cette fin de première partie de saison. Un discours opposé, preuve du chemin parcouru en quelques mois.

Du vestiaire au staff

Il fallait prendre son mal en patience, attendre que la mayonnaise prenne. Au cours de l’été, le LOSC a poursuivi la stratégie « brassée » précédemment évoquée, et ce, à tous les niveaux de son recrutement. Au niveau du vestiaire, sept recrues ont posé leurs valises au sein du groupe professionnel lillois, des plus jeunes (Tiago Santos, Hakon Haraldsson et Ignacio Miramon) aux plus anciens (Vito Mannone, Samuel Umtiti, Ivan Cavaleiro) pour une moyenne d’âge de 25,85 ans. Des choix imités en ce qui concerne le staff technique du LOSC, qui a enregistré l’arrivée de Paulo Ferreira ces derniers mois. Le natif de Cascais (44 ans) a débarqué dans le Nord en lieu et place de Jorge Maciel afin de seconder Paulo Fonseca dans un rôle d’adjoint.

« Il a eu une grande carrière. […] Avec lui, c’est beaucoup plus facile »

Ancien latéral droit de Chelsea, club au sein duquel il a passé neuf saisons en tant que joueur et disputé 217 matches, il s’est ensuite en 2013, soit à la fin de sa carrière, occupé des joueurs en prêt en plus de démarrer son cursus d’entraîneur. Son rôle et son importance pour le groupe ont été des points évoqués par le technicien lillois en début de saison : « Je l’avais déjà rencontré mais je ne le connaissais pas spécialement bien, nous avions des amis en commun. À Chelsea, il a aussi travaillé avec les joueurs qui étaient en dehors du groupe. Il a beaucoup d’expérience. Avec mes adjoints, on travaille ensemble sur tout, mais lui est responsable de notre organisation défensive. Il travaille surtout là-dessus. Il a une relation forte avec les joueurs, parle beaucoup avec eux, reprend Fonseca. Paulo était un exemple de professionnalisme, il était admiré par tout le monde au Portugal, c’était un joueur très humble, très responsable. Et je voulais aussi prendre quelqu’un qui avait la sensibilité du vestiaire. Une personne qui peut être une référence pour les joueurs », confiait Paulo Fonseca, vantant les mérites de son compatriote en conférence de presse.

Outre ces confidences faites par le technicien lillois, le vestiaire a bien accueilli ce changement et ressort grandi de ses contacts répétés avec l’ancien des Blues. Un fait qui concerne notamment les défenseurs nordistes, comme avait avoué Bafodé Diakité en début d’exercice : « Il nous conseille beaucoup, que ce soit les centraux ou les latéraux. On sait que ça a été un grand joueur, important au Portugal. Son apport nous fait du bien. On sait qu’il a eu une grande carrière et on essaie de prendre tous les conseils qu’il peut nous donner. Il est toujours présent et se débrouille plutôt bien en français, c’est plutôt pas mal. Vu qu’on sait qu’il a joué à notre poste, il arrive plus facilement à se mettre à notre place. Il comprend les situations, il sait comment l’on pense sur le terrain et comment l’on doit se positionner, c’est beaucoup plus facile. »

Un partage de richesses

Dans son recrutement estival, le LOSC a, en plus d’une jeunesse prometteuse, enregistré l’arrivée de joueurs expérimentés, ayant un riche passé. Un fait qui concerne les profils distincts de Samuel Umtiti (FC Barcelone, Mondial), Nabil Bentaleb (Schalke 04 et Tottenham), Vito Mannone (Arsenal, MLS, Championship) ou encore Ivan Cavaleiro (cinq championnats différents). S’ils ne sont pas tous des titulaires en puissance, loin de là même, ils sont un atout pour un vestiaire qui ne demande qu’à apprendre.

Une réalité évoquée par Bafodé Diakité et Alexsandro, mentionnant notamment l’apport de Samuel Umtiti, dont le glorieux passé est connu de tous : « C’est un honneur pour moi de pouvoir évoluer et m’entraîner au côté de Samuel Umtiti. On travaille au quotidien et on se respecte énormément. […] On est dans une concurrence saine car on s’aide les uns les autres. C’est vraiment un immense honneur pour moi de m’entraîner avec lui », confiait le défenseur central brésilien, quand son compère latéral droit se montrait plus complet : « Samuel Umtiti est un joueur qui a le même profil que José (Fonte). Ils ont tous les deux connus le très haut niveau. On sent qu’ils sont assidus sur les petits détails. Sur des situations qui vont être délicates à négocier pour de jeunes joueurs, ils seront plus à l’aise. On est content d’avoir des joueurs comme ça lorsque l’on est moins expérimenté. On sait qu’on peut compter sur eux. Ils nous rassurent en quelque sorte, nous permettent d’être bien pendant les matchs tout en mettant une bonne ambiance en-dehors », lançait l’ancien Toulousain en conférence de presse, vantant ainsi les mérites d’un effectif « brassé ». C’est d’ailleurs après un temps d’adaptation, et l’incorporation de chacune des pièces précédemment évoquées, que les Dogues ont trouvé leur rythme de croisière et réalisé une longue série (15) de rencontres sans revers.

L’exemple José Fonte

Dans un second temps, poursuivant son discours sur Samuel Umtiti, Bafodé Diakité avait été amené à évoquer un point concret. Il s’agit là d’une anecdote anodyne qui est pourtant le lot quotidien d’un jeune joueur dont l’apprentissage se poursuit au fil du temps, tant sur le terrain qu’au contact des éléments les plus expérimentés d’un vestiaire : « Exemple bête, la saison dernière. On jouait tard le soir et José avait une habitude qu’il faisait souvent. Il prenait un bain glacé avant le match pour se réveiller et être plus en alerte par la suite. Je ne connaissais pas ça avant d’arriver. Quand je l’ai vu pour la première fois je me suis demandé ce qu’il foutait, ce qu’il se passait. Je ne l’ai pas fait, parce que l’eau froide ça fait mal (rires), mais je le garde dans un coin de ma tête. »

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