Publié le 8 janvier 2020 à 17:33

Crédit Photo : Le Petit Lillois
Élu meilleur entraîneur de l’année 2019 par France Football, Christophe Galtier a accordé une longue interview à l’hebdomadaire sportif. Il a abordé de nombreux sujets comme le staff étranger à Lille, le manque d’entraîneur français à l’étranger et sa vision des choses sur les victoires et les défaites. Voici des extraits…
« Je comprends ce que veulent mes dirigeants : avoir un staff club pour ne pas voir six personnes partir quand l’entraîneur s’en va. Et je suis d’accord avec ça. Il faut juste trouver les bonnes personnes. […] Nous les entraîneurs français sommes formés d’une façon. Chaque pays a sa culture, c’est bien aussi de prendre chez les autres ce qui est bon. Il ne faut pas avoir peur de mélanger les cultures. Le staff m’a été présenté, je ne l’ai pas choisi, à part Thierry (Oleksiak) qui est venu avec moi, mais je me suis lancé sans état d’âme en me disant que je devais me servir des compétences des uns et des autres, utiliser leur méthodologie et y ajouter ce que moi je sais faire. C’a été mon leitmotiv dès le début.
Pourquoi les entraîneurs français ne s’exportent pas ? C’est de notre faute parce qu’il n’y a pas de solidarité entre les techniciens français. Je vois tous les jours comment sont mes adjoints, ici. Quand un entraîneur espagnol ou portugais est en situation difficile dans un club, les compatriotes sont en alerte. Le mot d’ordre, c’est ‘je risque d’être débarqué, placez-vous’. En règle générale le Français est jaloux de la réussite du Français. Moi je suis à l’opposé de cela. A l’étranger, chaque fois, je me suis rendu compte que les Français ne se fréquentent pas. Les étrangers, je vois comment ils sont ici, très solidaires entre eux. Ils ont développé tout un réseau. C’est un exemple à suivre.
Même si je n’ai jamais été limogé, je vis avec la crainte de ne plus tenir mon groupe, de ne plus emmener les joueurs là ou je veux les amener. […] Je suis toujours dans l’échange, je suis plutôt un entraîneur qui fait participer les gens qui m’entourent. […] La première remise en cause, elle est sur moi-même. Les victoires ne m’appartiennent pas du tout, même si on me dit parfois de voir les choses autrement. En revanche, toutes les défaites sont pour moi, ou plutôt les échecs. Et personne ne me fera changer d’avis. Il y a échec, ça n’a pas fonctionné, c’est donc que j’ai manqué, raté quelque chose. »
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