Publié le 4 mai 2026 à 12:42

Crédit Photo : Le Petit Lillois / Nicolas Poirier
Tenter de vous faire rentrer dans les coulisses, voici l’objectif de cette rubrique qui perdure autour du LOSC. Le Petit Lillois vous liste ainsi les choses que vous n’avez peut-être pas vues au stade ou à la télévision lors du nul (1-1) concédé par le LOSC face au Havre AC ce dimanche.
La trente-deuxième journée de Ligue 1 opposait le LOSC au Havre AC, adversaire qui avait déjà fait déjouer les Lillois dans l’enceinte de la Decathlon Arena – Stade Pierre-Mauroy (1-2) la saison dernière et qui a, dans une moindre mesure (1-1), récidivé ce dimanche. Il ne va pas s’en satisfaire, mais le club nordiste reste invaincu sur ses 12 derniers matchs (7 victoires, 5 nuls), troisième total derrière le Bayern Munich (13) en Allemagne et l’AFC Bournemouth (15) en Angleterre.
Ce spectacle s’est déroulé sous un toit fermé, ce que préfèrent les joueurs pour que les chants des supporters lillois retentissent avec une intensité décuplée sur le pré. Ces derniers, lors de leur entrée, avaient déployé deux bâches pour un même message : « On chante avec fierté pour toi Lille OSC », était-il possible de lire dans des tribunes rouges et blanches, autant que noires et jaunes. Le toit leur a également évité de se retrouver sous une pluie diluvienne, dont le fracas se faisait encore entendre sur la tôle en fin de partie.
Aïssa Mandi passe par toutes les émotions
Habituel taulier de la défense lilloise, qu’il porte depuis le début de la saison tout en accompagnant Nathan Ngoy dans son développement, Aïssa Mandi (34 ans) a vécu une soirée durant laquelle il aura été particulièrement démonstratif pour les observateurs les plus assidus. D’abord très concentré à son entrée, c’est l’incompréhension que traduisait son visage à la sixième minute, sentiment provoqué par une tentative de combinaison totalement manquée par Romain Perraud et Félix Correia sur un coup franc lointain.
Une quinzaine de minutes plus tard, il était marqué par l’exaltation, celle d’un défenseur lancé dans une chevauchée éblouissante sur l’aile. L’international algérien parvenait d’abord à se jouer de Loïc Nego d’une petite pichenette sur le cuir, puis adressait une passe parfaite de l’extérieur du pied à Hakon Haraldsson. Tout avait été juste dans les gestes d’Aïssa Mandi (21′) action néanmoins gâchée par l’amorti approximatif de l’Islandais puis par la tentative manquée de Félix Correia. Il avait cherché la bonne zone, mais le ballon fuyait le cadre.
Ce fut étonnamment plus compliqué en défense, où Aïssa Mandi restait un simple spectateur sur l’égalisation normande (33′). Là, c’est évidemment la déception qui s’emparait de lui. Enfin, pour conclure, la frustration grandissait au cours du second acte. Celle-ci aura été visible en plein match, avec un carton jaune écopé pour contestation (59′), comme au coup de sifflet final : il s’agaçait seul sur le rond central. Non loin de lui, Benjamin André tapait du pied dans le vide, tandis que Nathan Ngoy mangeait son t-shirt. Les trois hommes étaient les plus expressifs suite au nul (1-1) concédé sur le rectangle vert.
Différence de traitement ?
Cette chevauchée d’Aïssa Mandi sur l’aile, elle avait marqué les esprits des commentateurs : Smaïl Bouabdellah et Felipe Saad avaient été fascinés par l’aisance technique du défenseur central. Leurs commentaires n’ont néanmoins pas ravi l’ensemble de leur audience. Certaines critiques ont émergé sur les réseaux sociaux, pointant du doigt les commentaires réalisés sur les deux buts inscrits. L’ouverture du score du LOSC aurait été plus célébrée par le duo que l’égalisation havraise : « Bouabdellah a parié 100 € sur Lille ou quoi », s’insurgeait un supporter normand sur X.
La plateforme Ligue 1+ n’est pas à sa seule contrariété autour de la rencontre. Les réactions à la pause ont été inaudibles. Le son se coupait lorsque Hakon Haraldsson puis Loïc Nego se lançaient tour à tour dans l’analyse du premier acte. Cocasse…
L’impact des tribunes
La Decathlon Arena – Stade Pierre-Mauroy accueillait plus de 44 000 spectateurs dans ses travées ce dimanche. Ces derniers ont eu une influence sur les acteurs du jeu. Ils ont d’abord salué Sofiane Boufal (32 ans), ancien de la maison lilloise (2015-2016), l’applaudissant avec ferveur à sa sortie (65′). Ils paraissaient également emballé par l’entrée du jeune Ethan Mbappé (66′), mais changeaient de ton à la sortie de Félix Correia (74′). Le Portugais a subi une sérieuse bronca, copieusement sifflé par une partie des supporters lillois. Ce comportement contrastait avec, en parallèle, les chants entonnés en l’honneur d’Olivier Giroud.
Les sifflets ont « touché » Félix Correia, miné, mais également l’ensemble du vestiaire lillois. Ce dernier a d’ailleurs apporté son soutien à l’ailier portugais, multipliant les prises de position sur les réseaux sociaux. Ce sentiment s’est additionné à une importante frustration, ce qui a poussé les Dogues à se murer dans le silence. Seul Nathan Ngoy, déjà désigné pour apparaître sur la petite lucarne, a réalisé quelques déclarations en zone mixte. Il semblait touché lui aussi.
Pour le reste, la très grande majorité du vestiaire lillois a déguerpi sans passer par l’espace dédié aux médias ou a profité du passage de Bruno Genesio en conférence de presse pour se faire la malle. Il a uniquement été possible d’apercevoir Romain Perraud, visible avec son enfant dans les bras. C’est tout. C’est finalement Olivier Létang qui réalisait quelques déclarations, avec la volonté de prendre à son tour la défense de Félix Correia.
😞 Sorti sous les sifflets lors de #LOSCHAC, Félix Correia est apparu très touché dans les vestiaires, tout comme l’effectif qui ne comprend pas forcément autant de sévérité. Olivier Létang et Bruno Genesio sont montés au créneau devant la presse 🔽https://t.co/xgNv4uo5mp
— Le Petit Lillois ⚜️ (@LePetitLillois) May 3, 2026
Comme à la maison
Ce sont donc les Normands qui ont animé la zone mixte. Plutôt calmes et discrets, ce ne sont pas les joueurs qui ont été ses acteurs, mais son équipe dirigeante et son équipe de communication. Cette dernière réalisait chacune de ses interventions aux côtés des médias normands, s’installant ainsi elle-même tel un organisme de presse. Elle croisait de cette façon certaines têtes connues, telle que celle de Nicolas Dehon (passé par le HAC de 2005 à 2008 en tant qu’entraîneur des gardiens) qui les félicitait pour leur performance du soir.
Cette équipe de communication est la seule à avoir agi ainsi cette saison au Stade Pierre-Mauroy, jusqu’à recevoir des burritos avant de mettre les voiles avec l’ensemble de la délégation havraise. Au contraire du LOSC, qui était arrivé au Havre en avion, c’est en bus que les Normands rentraient dans leur belle région.
En ce qui concerne l’équipe dirigeante, Mathieu Bodmer et Julien Momont étaient comme des poissons dans l’eau, grands habitués de la région lilloise. Déjà présents non loin des médias en avant-match, ils discutaient brièvement avec de vieilles connaissances après le coup de sifflet final. Le dernier nommé s’amusait d’ailleurs lorsqu’on lui souhaitait un bon retour : « Oh, je ne suis qu’à douze minutes vous savez », rigolait-il. Julien Momont, ancien correspondant pour L’Equipe dans le Nord, profite de l’occasion pour renouer avec sa famille. Et il a bien raison !






