Publié le 21 septembre 2026 à 12:32

Crédit Photo : LOSC Médias
Cette saison encore, Le Petit Lillois tente de vous faire vivre les coulisses des rencontres du LOSC. On se concentre cette fois sur ce que vous n’avez peut-être pas vu lors de la première défaite lilloise en Ligue 1. C’était à Nice (2-1).
C’est comme des âmes en peine, enfin l’on suppose (lire ci-dessous), que les Dogues ont un à un quitté l’enceinte de l’Allianz Riviera ce dimanche, battus (2-1) pour la première fois de la saison en Ligue 1. Invaincus jusqu’alors, ils ont été surpris par l’état d’esprit affiché et la stratégie mise en place par l’OGC Nice, pourtant lanterne rouge au coup d’envoi. Le LOSC, dont la défense a vacillé devant Mohamed Amoura (22′, 67′), s’est réveillé trop tardivement (Ayase Ueda, 80′) pour conserver sa place de leader, voire même simplement son invincibilité.
La déception inhérente à une défaite ne nous empêche heureusement pas de tenter de vous faire vivre les coulisses d’une rencontre, même à Nice. Il est temps.
Un stade à moitié vide
Comme à Toulouse deux semaines plus tôt, les trombes d’eau de l’année dernière laissaient cette fois-ci place à un soleil de plomb sur la Côte d’Azur. Les trente degrés étaient frôlés, ce qui a peut-être contrarié des Dogues plus habitués à ces chaleurs. Le public, de son côté, ne répondait pas pour autant présent. Le parvis de l’Allianz Riviera était à peine sillonné, tandis que ses tribunes n’étaient peuplées que par 19 405 spectateurs, moitié moins que sa capacité totale.
Cette affluence se constatait dès l’échauffement, lors duquel Alidu Seidu devait se contenter d’un accueil timide, lui qui venait pourtant d’être recruté en provenance du Stade Rennais. L’aigle qui apparaissait dans les airs pour se poser sur la pelouse avant le coup d’envoi était plus applaudi, tout comme Olivier Giroud à son entrée en jeu (64′). Le Lillois les remerciait d’ailleurs immédiatement en les applaudissant à son tour. Respect partagé.
Un hommage émouvant
Union et communion sont néanmoins toujours partagées à Nice lorsqu’il s’agit de rendre hommage aux victimes de l’attentat subi par la ville en 2016. En plus des lumières et des chants à la 86e minute, l’avant-match a été marqué par le discours de proches de certaines victimes. Celles-ci ont d’ailleurs reçu un trophée commémoratif en leur mémoire.
De la frustration au m²
En ce qui concerne le pré, les premières minutes ont été marquées par un but. Enfin presque. Djibril Coulibaly concluait une percée en solitaire par une frappe instinctive. Celle-ci terminait sa course dans la lucarne extérieure, puis derrière les filets de Berke Özer. Ces derniers avaient tremblé, suffisamment tremblé pour tromper une partie du stade ainsi que la régie de Ligue 1+. Celle-ci annonçait une réalisation niçoise avant de se raviser dans la foulée (4′).
Le Turc a quant à lui fait sourire, donnant de sa personne pour stoppait Elye Wahi dans sa course quelques instants plus tard (20′). Gardien de but est un métier à risque.
AÏE ! 😖#OGCNLOSC pic.twitter.com/cu0oTbieR8
— L1+ (@ligue1plus) September 20, 2026
Ce premier coup d’éclat niçois n’était que les prémices de ce qui attendait les Dogues. Ces derniers, en dessous de tout au cours du premier acte, semblaient parfois contrôlés par leurs émotions. Nabil Bentaleb et Hakon Haraldsson ont notamment laissé échapper leur frustration à plusieurs reprises, que ce soit au travers de cris véhéments à l’encontre du corps arbitral ou de leurs propres coéquipiers. La tension et l’absence de maîtrise paraissaient palpables sur le pré.
En tribunes, les dégâts étaient constatés. Olivier Létang, qui n’apparaissait que quelques secondes à l’écran (41′), dégageait un air dépité à l’approche de la pause. Cette mine ne l’a finalement pas quitté de la soirée.
Euphorie opposée entre dirigeants
Le camp niçois pouvait lever les bras, savourer encore et encore au coup de sifflet final. Dans la difficulté depuis le début de la saison, les Aiglons ont longtemps paradé sur le pré, fêtant pendant de longues minutes leur premier succès de la saison, leur premier succès à domicile ces 326 derniers jours. Le traditionnel coup de canon retentissait, imitant celui qui nous avait fait sursauter à midi pile en haut de la Colline du Château.
C’était ensuite aux entrailles de l’Allianz Riviera de trembler sous les cris de joie. Le vestiaire niçois, pourtant pas si proche de la zone mixte, faisait résonner l’ensemble des couloirs aux alentours. Maurice Cohen, président de l’OGC Nice, passait rapidement saluer les journalistes avec le sourire, tandis que Roger Ricort, directeur sportif, ne cachait pas ses émotions. Euphorique, il estimait que ses Aiglons avaient gagné « avec la manière » et qu’ils auraient « même pu mettre huit buts » face à cette équipe du LOSC. Ses interlocuteurs acquiesçaient, emportés par l’énergie de l’instant.
Loin, très loin de cette euphorie locale, Davide Ancelotti paraissait atteint à son passage en conférence de presse. L’Italien venait de concéder sa première défaite à la tête du LOSC. Son vestiaire a quant à lui sérieusement été sermonné par Olivier Létang. Le président lillois, accompagné quelques minutes plus tard par Didier Roudet, quittait ensuite à grandes enjambées l’enceinte niçoise. Il disparaissait ainsi, sans jamais plus réapparaître.
Les obligations se perdent
Dans un monde où les médias sont apparentés à des contraintes et où l’information est de plus en plus assimilée à de la communication, les obligations sont des suggestions et le plus basique des règlements ne devient qu’un peu d’encre sur un bout de papier. Les journalistes ne s’en soucient d’ailleurs plus, trop régulièrement bafoués pour encore être portés par la moindre velléité.
À l’issue d’une rencontre, le pré foulé, les acteurs du jeu n’en ont pourtant pas encore totalement terminé avec les missions inhérentes à leur métier. À leur grand dam, il faut parler. Le capitaine doit tout du moins tenir ce rôle lorsque le collectif est touché et préfère garder le silence. Ce fut le cas ce dimanche à Nice, où Benjamin André s’est présenté devant micros et caméras. Il a ainsi pris ses responsabilités.
Se montrer bavard n’est pas la seule obligation, il y a aussi tout un circuit à respecter. « L’ensemble des joueurs des deux équipes devront obligatoirement passer par la zone mixte mais ne sont pas tenus de donner des interviews », est-il possible de lire dans le règlement de la Ligue de Football Professionnel (LFP), instance censée régir le fonctionnement du championnat de France. Tout ceci a été contourné à Nice, là où seules deux individualités par club (et encore) ont pointé le bout de leur nez. Le reste a tout simplement outrepassé ses obligations, empruntant d’autres couloirs pour quitter l’enceinte de l’Allianz Riviera.
Même si aucun mot n’aurait pu être échangé, une simple interaction, même brève, peut permettre de mieux ressentir certaines émotions, de mieux comprendre un ressenti, de mieux constater ce qui anime un collectif, même abattu par un revers. Cela peut permettre d’enrichir des notes, voire même d’aider à l’écriture d’un article, à la confection d’un son. Mais non, même la plus simple règle n’est plus, et le cas de Nice est loin, très loin d’être une exception. Bientôt, il ne sera simplement plus possible d’exercer notre métier.
Pas les retrouvailles
Un autre couloir emprunté, mais pas question de manquer des retrouvailles. À quelques mètres à peine de cette fameuse zone mixte, c’est avec le sourire qu’Olivier Pantaloni, successeur de Claude Puel à la tête de l’OGC Nice, retrouvait Mickaël D’Amore – ils se sont côtoyés pendant de nombreuses années à l’AC Ajaccio – et Benjamin André. Le technicien niçois a vécu sa première expérience à ce poste avec le milieu de terrain à ses côtés. C’était toujours sur l’Île de Beauté, de 2009 à 2012. Les accolades ont été franches, les échanges brefs mais doux. Voilà une belle façon de conclure la soirée : un peu de douceur dans ce monde de brut.
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