Publié le 8 août 2026 à 12:37

Crédit Photo : Robert Hradil/Getty Images
L’UEFA maintient sa poigne sur Gianni Infantino, même après les excuses publiques réalisés par la FIFA. Ces derniers font suite à l’abandon du projet de vente de parts de la Coupe du monde à des organismes privés.
Un projet secret et des alliances polémiques
Gianni Infantino était à la limite depuis trop longtemps : sa complicité avec Donald Trump avait déjà entraîné des polémiques, mais il ne s’est pas arrêté en si bon chemin. Sans réel contre-pouvoir, avec le sentiment d’avoir carte blanche, l’Italo-Libano-Suisse a franchi une ligne rouge qui pourrait bien lui coûter cher. Le président de la FIFA avait concocté, dans le plus grand des secrets, un projet de vente de parts de la Coupe du monde à des investisseurs privés, dont certaines destinées au clan du Président américain. Révélé par The Times, le projet a provoqué une déflagration mondiale et le sentiment que plus personne ne pouvait arrêter Infantino.
Mais l’UEFA, en conflit permanent avec la FIFA, en a profité pour tenter d’accélérer la chute du surpuissant patron de la plus grande instance du sport mondial. L’instance européenne n’a sans doute pas digéré non plus que la FIFA et la banque américaine JP Morgan aient voulu sponsoriser le projet controversé et avorté de la Super League. Ces deux entités se retrouvent aujourd’hui derrière cette volonté de vente par morceaux de la Coupe du monde, selon The Guardian et L’Équipe.
Entre coulisses politiques et menace de boycott
Résultat : le Slovène Čeferin et les 55 fédérations membres ont brandi la menace de dissuasion la plus forte : le boycott de la Coupe du monde ! Autrement dit, aucun pays européen, dont le tenant du titre espagnol, ne participerait au Mondial 2030 si ce projet était maintenu. L’UEFA n’a pas été la seule à se révolter contre la FIFA, car la CONCACAF et l’AFC ont suivi en grande partie cette levée de boucliers. En revanche, on ne peut pas en dire autant de la CAF de Patrice Motsepe, toujours aussi solidaire de Gianni Infantino.
Derrière cela se cache une explication sans doute plus sombre. Selon les informations du Times, Gianni Infantino aurait proposé la finale de la Coupe du monde 2030 au Maroc en échange d’un soutien pour rester président de la FIFA. Un énième pied de nez à l’UEFA, l’Espagne étant à la lutte avec le Maroc à ce sujet. Des relations très conflictuelles opposent donc la FIFA et l’UEFA, et le boycott demeure maintenu malgré la reculade paniquée et les excuses d’Infantino sur ce projet rapidement abandonné.
Du côté des clubs, il n’y aurait aucun accord non plus entre les deux instances sur la Coupe du monde des clubs 2029. Selon plusieurs sources, l’UEFA cherche un candidat pour se présenter face à Infantino et aurait sondé le président du Paris Saint-Germain et de l’ECA, Nasser Al-Khelaïfi. Bien que le patron du PSG reste très apprécié des dirigeants européens, il aurait refusé. À l’heure actuelle, il n’y a toujours aucun candidat pour lutter face à l’Italo-Libano-Suisse, qui conserve l’appui de nombreux pays à travers la planète, dont l’Argentine, qui l’a d’ailleurs réaffirmé cette semaine.
Un président lâché de toutes parts
Mais le président de la FIFA, toujours officiellement soutenu par son instance dans un communiqué paru mercredi, est tout de même fragilisé et lâché par son numéro 3, le Français Kevin Lamour, ainsi que par d’autres personnalités de l’instance comme Arsène Wenger, la Britannique Jill Ellis (directrice du football) et la Néo-Zélandaise Sarai Bareman (directrice du football féminin). Toutes ces personnalités étaient d’ailleurs absentes lors de la réunion de crise tenue… au Maroc.
Gianni Infantino est aussi lâché par deux chefs d’État du G7 : Emmanuel Macron, président de la République française, soutient fermement Aleksander Čeferin dans son action après l’avoir appelé la semaine passée, selon L’Équipe, et avoir guidé Philippe Diallo sur la position à adopter. Le second ? Mark Cheney, Premier ministre canadien, qui a officiellement retiré sa confiance. Certaines fédérations demandent même publiquement la démission de Gianni Infantino, à l’image de la Norvège. En Amérique du Sud, la CONMEBOL est récemment sortie du silence et a exprimé sa « préoccupation face aux actions unilatérales répétées de la FIFA ».
Du côté des joueurs et anciens joueurs, la situation bouge également. Le syndicat des joueurs, la FIFPRO, a dénoncé un « abus de pouvoir » de Gianni Infantino la semaine dernière, tandis que le Ballon d’or 2000, Luís Figo, réclame le départ de celui dont il dénonce le comportement : « le plus fourbe » qu’il n’ait « jamais vu » dans le football.






