Publié le 10 mai 2026 à 11:03

Crédit Photo : Le Petit Lillois / Nicolas Poirier
Milieu de terrain de formation, Ngal’ayel Mukau évolue étonnamment sur l’aile droite avec le LOSC. C’est du moins le cas en cette fin de saison, période durant laquelle sa progression est une « surprise » à Lille.
Lorsque le prix de la « Pépite du Mois » lui était mentionné en conférence de presse, Bruno Genesio fronçait les sourcils, ne sachant pas véritablement à quoi cela pouvait correspondre. C’est bien là le signe que cette distinction individuelle n’est qu’anecdotique, créée de toutes pièces ces dernières saisons par la Ligue.
Elle n’est néanmoins pas totalement dénuée de sens, soulignant tout de même des dynamiques, tout en étant l’occasion de mettre en lumière certaines individualités. Lauréat de ce prix au mois d’avril, Ngal’ayel Mukau a ainsi soudainement vu les projecteurs se braquer sur lui dans l’auditorium du Domaine de Luchin.
La recherche d’une solidité
Questionné sur le rôle que tient Ngal’ayel Mukau, aligné sur l’aile droite devant Thomas Meunier depuis le succès empoché à Rennes (1-2) le 15 mars et la blessure contractée par Gaëtan Perrin contre Aston Villa quelques jours plus tôt, dans son dispositif tactique, Bruno Genesio revenait sur la genèse de cette initiative : « C’est une idée qu’on a eue avec le staff, parce qu’on estimait qu’il pouvait nous amener cette solidité dont on avait besoin pour retrouver de la confiance, et renouer avec des victoires », expliquait le technicien lillois.
Une comparaison tricolore
Cela fait plusieurs semaines, entre journalistes, que l’international congolais est sujet à débats, observé de près. La raison ? Son cas divise. Certains n’apprécient guère, quand d’autres constatent des progrès (voir ci-dessous). De ces échanges est née une comparaison avec Blaise Matuidi (84 sélections de 2010 à 2019), milieu de terrain régulièrement aligné par le passé sur l’aile gauche par Didier Deschamps en équipe de France.
« La comparaison est totalement justifiée », validait Bruno Genesio en conférence de presse. « On se les faite nous-mêmes, avec le staff. Au départ, on n’y avait pas pensé, mais en le voyant… »
Un déficit offensif
Le LOSC en est néanmoins conscient. Avec Ngal’ayel Mukau, son collectif se prive de perspectives plus offensives : « C’est une évidence. On ne peut pas demander à Ngala’ de faire ce que peut faire Ethan (Mbappé) lorsqu’il joue à droite (faisant référence au joueur mentionné par son interlocuteur, ndlr). C’est un milieu de terrain défensif de formation, on ne peut pas lui demander de déborder, d’aller faire des 1 contre 1, même s’il en fait quelques-uns. Et forcément, ce qu’on gagne d’un côté, peut-être qu’on le perd un petit peu de l’autre », reconnaît l’entraîneur du LOSC, ne pouvant nier ce qui est à l’origine des débats précédemment cités chez les médias.
Bruno Genesio préfère, lui, simplement juger que « c’est différent », que cela entraîne la réalisation d’un « jeu différent » : « C’est plus par la passe qu’il va nous trouver des décalages que par le dribble ou les appels en profondeur par exemple, compare-t-il. Mais c’est bien aussi d’avoir des profils différents et complémentaires, parce qu’on voit que quand Ethan rentre, face à une équipe qui commence à être un peu fatiguée, ça fait des dégâts aussi », soulignait également le technicien, sous-entendant peut-être que le dernier nommé n’était pas encore prêt à briguer un statut de titulaire.
Progrès constatés
Bruno Genesio, dont le contrat le liant au LOSC approche de son terme, juge que « tout a bien fonctionné » comme lui et son staff l’avaient imaginé. Il note même une évolution individuelle positive : « Je trouve qu’il a beaucoup progressé dans ce qu’il fait avec le ballon à ce poste-là et dans les positions qu’il arrive à trouver, à occuper », soulignait spontanément Bruno Genesio. Lui-même est quelque peu bluffé, qualifiant de « surprise » cette progression à ce poste. Elle est tout de même la conséquence de séances productives : « On le voit travailler à l’entraînement. »
« Il y a aussi une grande complémentarité avec Thomas (Meunier) »
Le technicien en profitait pour valoriser l’état d’esprit du jeune Ngal’ayel Mukau : « C’est un garçon qui est toujours positif, qui a toujours le sourire, qui vient toujours sur le terrain pour progresser, pour s’entraîner sérieusement », déclarait-il spontanément. « On est surpris de la vitesse à laquelle il s’adapte à ce nouveau poste, avec des qualités autres que celles qu’on peut avoir avec Ethan, par exemple, ou avec Félix lorsqu’il a joué à droite. »
Il était temps pour Bruno Genesio de conclure, terminant même, tel un bon élève de première, sa dissertation par une ouverture : « Ngala’ nous a amené beaucoup de solidité et surtout, aussi, une grande complémentarité avec Thomas (Meunier), notait-il, ajoutant une pièce dans la machine. Leur association, je trouve qu’il y a une complémentarité qui permet à l’équipe d’être performante à ce niveau-là », terminait ainsi l’entraîneur du LOSC, qui ne devrait sans doute pas bouleverser ce qui fonctionne à l’approche d’un déplacement périlleux à Monaco. Rendez-vous ce dimanche (21h) pour ce choc.






