Publié le 17 avril 2026 à 19:03

Crédit Photo : Le Petit Lillois / Victor Orgaer
Bruno Genesio est apparu en conférence de presse ce vendredi pour introduire la rencontre à venir entre le LOSC et l’OGC Nice. Sa situation personnelle, la dynamique en cours et la lutte pour le podium, voilà les sujets évoqués.
Mille saisons en une
Comment vous sentez-vous psychologiquement, vous venez de faire votre retour dans la région après les obsèques de votre père, pour aborder ce match contre Nice ?
Je vais bien. Je suis bien entouré, donc ça va. Ce sont toujours des moments particulièrement difficiles, mais le plus important est d’avoir les bonnes personnes à côté de soi. C’était le cas avec les amis et la famille, le club a également été très présent. Cela fait du bien de retrouver l’équipe, les joueurs, surtout pour aborder une fin de saison qui s’annonce très excitante. On se remet tout de suite dans le bain pour aborder ce match de demain (LOSC – OGC Nice, samedi 21h05).
Comment avez-vous vécu cette saison jusqu’à présent ? Une saison marquée par de nombreux aléas sportifs, ainsi que par des drames personnels.
Comme je l’ai dit tout à l’heure, ce qui est important dans ces moments-là, c’est de se sentir soutenu. Nous, les coachs, on fait des choix. Parfois, ils sont bons. Parfois, ils sont moins bons. Parfois, ils sont même mauvais parce que c’est l’essence même de notre travail.
Mais ce qui est important, c’est la régularité qu’on a dans le travail, dans ce qu’on souhaite inculquer à notre staff, à notre groupe de joueurs. Il y a eu des périodes très difficiles : après le match de Belgrade, par exemple, c’était un peu difficile. Mais le fait d’avoir beaucoup de monde autour et d’avoir aussi, malgré tout, des retours positifs même dans ces moments-là, ça m’a beaucoup aidé. Ça m’a beaucoup aidé à garder le cap.
Je pense que j’ai aussi dans mon caractère une forme de résilience naturelle qui me permet aussi à la fois de me remettre en question tout le temps, mais aussi d’être capable de supporter beaucoup de choses. Et puis, je le dis souvent aussi, et je le dis aux joueurs, chaque expérience, qu’elle soit positive ou négative, nous apprend sur nous-mêmes et aussi sur notre métier. C’est ce qui est aussi enrichissant dans notre job.
Une nouvelle dynamique
Justement, vous êtes sur une belle série après une période difficile. Pouvez-vous nous expliquer les raisons de ce rebond ?
Il y a plusieurs choses. La première, c’est la stabilité et le calme (terme à nuancer au vu de l’hésitation du technicien, ndlr) qui ont régné autour de nous lors de cette période. Je parle en interne, évidemment qu’il y avait des interrogations et des critiques en externe. La deuxième chose, et je l’ai souvent souligné, c’est qu’on a un groupe travailleur avec un très bon état d’esprit. Et ça, dans les moments difficiles que l’on peut traverser dans une saison, c’est important.
Et puis, la troisième chose, c’est qu’il faut parfois un petit déclic, ce qui n’est parfois pas grand-chose. Le contenu de nos matchs était plutôt bon, à l’exception de Belgrade (0-1) et de Strasbourg (1-4) sur lesquels nous n’avions pas été à la hauteur, mais on ne validait pas, ce qui est le plus important lorsque l’on fait du sport de haut niveau. Il y a plein d’explications, les blessures et les absences, mais on ne validait pas ces contenus plutôt positifs. Et puis il y a eu un match à Angers (0-1), qui n’a peut-être pas été le meilleur match de ce début d’année, mais sur lequel on a réussi à valider la chose par un résultat, où on s’est accrochés.
Et puis petit à petit la confiance est revenue, et notre jeu s’est de nouveau remis en place. C’est un ensemble de choses qui fait qu’aujourd’hui on en est là, qu’on est revenu dans la course. Mais ça montre aussi que tout est très fragile. Et si on l’a fait dans un sens, c’est que ça peut arriver dans l’autre sens. Donc il faut rester vigilant, concentré et sérieux jusqu’à la fin.
Est-ce que vous sentez que l’ambiance de travail, et même du quotidien, a changé et s’est améliorée avec les résultats, ou même en janvier ça allait ?
Le travail n’a pas changé. C’est-à-dire qu’en janvier, les entraînements étaient de qualité. L’engagement et l’implication des joueurs n’ont jamais baissé. Mais c’est évident que lorsque vous êtes dans une période comme on l’a été au mois de janvier, ou lorsque vous êtes dans une période comme on l’a en ce moment, l’ambiance générale, que ce soit les joueurs, le staff, les gens qui sont autour de nous et qui travaillent tous les jours pour nous mettre dans les meilleures conditions, on voit bien qu’il y a plus de joie, qu’il y a plus de sourire, qu’il y a plus de lâcher-prise aussi, et c’est ce qui est important dans ce qu’on fait en ce moment.
Mais ça c’est dans tous les groupes pareil. C’est sûr qu’au mois de janvier, lorsque vous enchaînez les défaites, c’est plus difficile mentalement. Mais par contre, sur l’engagement et l’investissement, il n’y a pas de différence pour moi.
La lutte pour l’Europe
Avez-vous l’impression, c’est le mien, d’être l’équipe la mieux armée, celle qui possède le plus de certitudes dans la course à la Ligue des Champions ?
S’il y a des contretemps qui arrivent aux autres, ça peut aussi nous arriver. Monaco, il y a une semaine, était encensé. Ils ont eu un coup d’arrêt à Paris (contre le Paris FC, 4-1). Ça peut aussi nous arriver. À nous de tout faire pour que ça ne nous arrive pas.
Pour tout faire pour que ça ne nous arrive pas, il faut continuer de bien travailler, de jouer comme on le fait, avec l’envie de marquer des buts, mais aussi avec cette envie de défendre ensemble, d’avoir un bloc compact, d’avoir une mentalité exemplaire.
On peut toujours dire que le calendrier est favorable, pas favorable. Sur les fins de saison, on sait que les équipes qui luttent pour le maintien sont très difficiles à jouer dans l’ensemble. Pour moi, il n’y a pas de calendrier favorable ou défavorable.
Ce qui est intéressant, c’est notre dynamique, c’est ce qu’on montre dans le contenu de nos matchs, c’est ce qu’on montre dans l’état d’esprit, dans ce qu’on dégage. Mais il faut l’entretenir, il faut le cultiver, continuer à le développer pour éviter justement… Parce que l’équilibre du groupe est toujours très fragile. Il faut l’entretenir.






