Publié le 14 mars 2026 à 06:46

Crédit Photo : Le Petit Lillois

Mené de deux pions après quinze minutes d’absence en première période, le LOSC a fini par renverser le Gazélec Ajaccio sur ses terres. Sa jeunesse a arraché la victoire à la dernière seconde (4-3) ce vendredi soir grâce à l’entrée déterminante d’Antoine Livemont.

Qui a bien osé dire que l’on s’ennuyait avec les matchs du LOSC ? Il ne faut pas avoir les yeux en face des trous pour dire ça… ou tout simplement se rendre au Domaine de Luchin pour suivre les exploits d’autres Dogues, des éléments plus jeunes. L’équipe réserve de Stéphane Pichot ouvrait la dixième journée de National 3 avec la réception du Gazélec Ajaccio, candidat lui aussi aux plus hautes places du classement, ce vendredi. Ce duel a été spectaculaire et, les crocs plus affûtés que ceux de son adversaire, c’est Lille qui l’a emporté sur le fil (4-3).

Un trou de quinze minutes

Invaincu sur ses terres depuis le début de la saison, le LOSC avait évidemment à cœur de maintenir cette belle dynamique au Domaine de Luchin, le tout dans un froid de canard dont on n’avait plus du tout l’habitude. Les Dogues ne sont heureusement pas frileux et débutaient la rencontre tambour battant. Younes Lachaab lançait les hostilités avec une premier frisson dans la surface corse (6′), quand trois tentatives consécutives étaient contrées une à une (15′) par les visiteurs. Un cran au-dessus, les Lillois concrétisaient logiquement leur domination grâce à un bon mouvement d’Angel Yondjo, qui provoquait un penalty (25′). C’est Adame Faïz, clinique sur les phases arrêtées, qui transformait l’essai (26′).

Ce but n’était néanmoins pas une bonne nouvelle pour les Dogues, qui perdaient totalement pied dans la foulée de cette réalisation. Thomas Sajous était d’abord abandonné par sa défense, alors qu’un centre manqué devenait une passe-clé après des erreurs d’appréciation de Maxima Goffi et Hugo Bayomog. Le portier lillois remportait son premier duel, mais ne pouvait que toucher du bout des doigts une deuxième tentative sur le second ballon (30′). Surpris, les Dogues l’étaient une seconde fois après une perte d’appui de Maxima Goffi, qui n’était pas « à 100 % de ses capacités » mais désireux de rejouer malgré son pépin de la semaine passée. Thomas Sajous se faisait piéger à bout portant par une frappe croisée (31′).

Si le défenseur se reprenait pour stopper une énième phase de transition corse (33′), qu’Adame Faïz touchait une nouvelle fois la barre sur un coup franc (45+2′), les visiteurs enfonçaient le clou grâce à une erreur de jugement du portier lillois. Il repoussait une première tentative d’une claquette maladroite et le cuir retombait dans les pieds d’un offensif qui n’en demandait pas tant (44′). L’écart était fait à la pause (1-3).

Une remontée fantastique

Et pourtant, rien n’est jamais fait d’avance avec la jeunesse lilloise, qui a su trouver les ressources pour renverser la situation au retour des vestiaires. Très fringant sur ses phases de transition, le Gazélec Ajaccio s’est soudainement retrouvé acculé dans son but, incapable de ressortir le ballon lors de ses maigres récupérations. La pression était intense et les actions s’enchaînaient, les manqués aussi (Ayodele, Lacchab 61′ et 66′, Camara 71′, Yondjo 74′).

C’est finalement sur coup de pied arrêté que les Dogues parvenaient à réduire l’écart. Lilian Baret s’élevait plus haut que tout le monde pour placer une tête piquée au fond des filets (77′). Le rebond venait tromper la défense et le gardien. Le château de cartes corse s’écroulait ensuite, avec l’égalisation signée Adeshina Ayodele (79′). Il transformait froidement un joli cadeau de Younes Lachaab pour mettre les deux équipes dos à dos.

S’il y a ensuite eu quelques minutes de relâchement, comme s’ils devaient momentanément reprendre leur souffle, les Dogues remettaient le bleu de chauffe en fin de match. Antoine Livemont, souvent décisif lors de ses entrées en jeu en 2026, a réitéré la performance. Alors qu’il venait de réaliser ses premières foulées, il trompait le gardien corse entre ses jambes d’une frappe à ras de terre bien sentie (90+3′). Les Dogues exultaient alors de joie, se jetant dans les bras les uns des autres au poteau de corner. Ils le savaient, c’était terminé. L’arbitre sifflait la fin de la rencontre dans la foulée, au grand dam des Corses, battus très loin de l’Île de Beauté (4-3).

Les déclarations de Stéphane Pichot

Quel est votre sentiment après ce match ? C’est la réaction que vous retenez ?

Oui, bien sûr. On fait 25 très, très bonnes premières minutes, vraiment. On a la maîtrise, on a les occasions, on arrive à marquer un but. Ce but, je pense qu’il nous a un petit peu fait perdre le fil. L’équipe adverse est venue nous presser un petit peu plus, et on a perdu un peu le fil de ce qu’on voulait faire. On a été dominés. On n’a pas gagné les duels pendant une douzaine de minutes et on prend trois buts, dont le troisième, où il y a eu une multitude d’erreurs.

Tout ça fait qu’on est menés 3 à 1 à la mi-temps. Je ne vais pas dire contre le cours du jeu, parce qu’ils ont poussé pendant un quart d’heure, mais je trouve que c’était cher payé. Ce qu’on savait, et c’est ce que l’on s’est dit à la mi-temps, c’est que si on marquait un nouveau but, on allait leur mettre le doute.

Je suis totalement satisfait de la deuxième mi-temps, où on a réussi à les acculer vraiment sur leur but. On les a mis sur le reculoir tout le temps. On a eu beaucoup d’occasions, tellement que je me suis dit que ça n’allait pas nous sourire (sourire). On a réussi à recoller, à égaliser. Et puis, on a encore ce sursaut d’énergie pour aller chercher cette victoire. Ça montre le caractère de l’équipe, des rentrants. Les garçons ont obtenu trois points, mais au-delà de ça, c’est l’état d’esprit qui est encore à retenir.

Qu’est-ce qu’on ressent quand on est coach et qu’on finit un match comme ça ?

On sent qu’on a réussi à créer une dynamique, qu’il y a de la qualité. On fera le point sur le nombre d’opportunités et d’occasions, mais je pense qu’il y en a un sacré paquet et ça montre qu’on est capable de s’en créer. Mais aussi qu’il faut être un peu plus réaliste, pour ne pas se faire peur comme ça. On va continuer à travailler en insistant sur ces points-là, l’exigence de la rigueur des deux surfaces.

C’est très rare de gagner un match quand on prend trois buts. Il y a aussi l’aspect défensif, mais c’est très rare d’en marquer quatre. C’est le côté positif et c’est ce que l’on va retenir.

Vous avez pris l’habitude de savoir toujours vous en sortir en fin de match. Comment l’expliquez-vous ?

C’est un peu notre dynamique du moment. On essaie de pousser pour aller chercher un résultat, ça c’est sûr. À chaque fois, on leur dit de continuer à pousser et c’est forcément plus facile à faire quand on a les points du maintien. Et puis on leur a toujours dit qu’on était ici pour gagner. Il faut apprendre à gagner. C’est un mot qu’on essaie de mettre toute la semaine à l’entraînement. Malgré les péripéties, même si on est bon, même si on est moins bon, il faut toujours avoir ça en tête. Aller chercher la victoire, c’est quelque chose qu’on essaie d’ancrer chez les garçons.

Il y a un objectif pour la fin de saison avec les résultats qui s’enchaînent ?

Non, l’objectif est de gagner le plus de matchs possibles. Toujours de faire avancer les garçons pour qu’on soit toujours de mieux en mieux. Ces matchs-là, avec cette équipe jeune, on ne les gagnait pas en début de saison.

Ça montre que les garçons ont individuellement évolué. Collectivement, on a aussi progressé. La saison est encore longue.

Antoine (Livemont) a encore eu ce rôle de super-sub en sortie de banc. Comment tu le vois ce joueur ?

Antoine, c’est un garçon exceptionnel au niveau de la mentalité et de l’état d’esprit. Il n’a pas toujours l’opportunité de jouer. Mais malgré ça, il est à fond à tous les entraînements. Ce n’est pas un hasard s’il arrive à tirer son épingle du jeu. J’ai beaucoup de garçons de qualité.

Je ne peux pas faire jouer tout le monde. Antoine le sait et il prend son rôle à cœur. Il n’a pas que son rôle de super-sub, il a aussi son rôle d’exemplarité dans le groupe.

Pour les jeunes, il faut vraiment s’attacher à ça. Son attitude fait qu’il arrive à être efficace. Je pense que ça fait partie des garçons qui sont les plus efficaces du groupe en termes de ratio occasions-buts, en termes de minutes jouées-buts, c’est un exemple pour tout le monde.

LOSC – Gazélec Ajaccio : 4-3 (1-3)

Les buts : Faiz (26′), Baret (76′), Ayodele (79′), Livemont (90+3′) pour le LOSC, Colonna (30′), Diomande (31′), Djellal (44′) pour le Gazélec Ajaccio
Les avertissements : Noumbissie (72′) pour le LOSC, Fiori (45+1′), Finidori (79′) pour le Gazélec Ajaccio

La composition lilloise : Sajous – Bayomog (Camara 63′), Goffi, Bonnechère, Noumbissie – Baret, Hamidi – Faiz (Traoré 63′), Yondjo, Lachaab (Livemont 90+2′) – Ayodele

La composition ajaccienne : Fogacci – Bilendo Duma, Kheroua, Randazzo, Maimone Tacussel – Colonna (Dangoumau 66′), Finidori, Diomande (Foulon 83′) – Djellal, Fiori, Mailly

Classement et Calendrier

Cette nouvelle victoire (4-3), un cinquième match consécutif sans défaite (4 victoires, 1 nul), est évidemment une belle opération comptable. Le Gazélec Ajaccio (4e), qui a disputé une rencontre de moins, est désormais à distance avec cinq points de retard sur les Dogues, solidement ancrés à leur deuxième place avec 33 unités. Ils mettent légèrement la pression à l’US Pays du Valois, qui possède tout de même deux points d’avance malgré deux matchs de moins.

Pour espérer, on ne sait jamais, viser plus haut, la réserve du LOSC va encore devoir enchaîner les bons résultats. La tâche ne sera néanmoins pas aisée avec un déplacement prévu sur la pelouse de l’Iris Club de Croix de Valentin Vanbaleghem, Anzo Lesage ou encore Ryad Habbas le samedi 21 mars à 18 heures.