Publié le 13 mars 2026 à 19:40

Crédit Photo : Le Petit Lillois / Quentin Delcourt
Tenter de vous faire rentrer dans les coulisses des matchs du LOSC, voici l’objectif de cette rubrique qui perdure semaine après semaine. Le Petit Lillois vous liste ainsi les choses que vous n’avez peut-être pas vues au stade ou à la télévision lors de la défaite concédée par les Dogues (0-1) face à Aston Villa ce jeudi.
Deux ans après un duel dont tout le monde se souvient, que ce soient supporters, joueurs ou entraîneurs, d’un camp comme dans l’autre, l’Europa League permettait au LOSC et à Aston Villa de se retrouver pour une revanche ce jeudi, dans l’enceinte de la Decathlon Arena – Stade Pierre-Mauroy. Cette dernière, bouillonnante comme elle ne l’avait plus été depuis bien longtemps, a accueilli 2600 supporters britanniques dans son parcage visiteurs. Eux aussi, ils ont mis l’ambiance. Déjà dans le métro, les nouvelles rames subissaient leur courroux : leurs chants, leurs sauts et leur ivresse. Ils étaient d’autant plus mis dans l’ambiance que des stickers à l’effigie du portier argentin Emiliano Martinez, placé dans des positions dirons-nous insolites, ornaient ponctuellement les murs du centre-ville de Lille.
L’arrivée de cette horde aux abords de l’enceinte lilloise ne s’est pas faite sans heurt, avec quelques échauffourées entre supporters britanniques et membres des forces de l’ordre. Ceux-ci ont été enregistrés et relayés par leurs propres médias, même s’ils qualifiaient le tout d’incident mineur. Le football reprenait heureusement ses droits à leur entrée dans le parcage, où ils pouvaient admirer des tribunes revêtues en partie de blanc, de rouge et de bleu.
La pression au coup d’envoi, elle était aussi là : le public lillois allait-il répondre présent ? Si le stade n’était pas plein, sans doute en raison d’un horaire toujours délicat à négocier (18h45), l’ambiance, elle, était totalement au rendez-vous. Des chants lancés en Nord comme en Sud, un stade debout à l’unisson… Ce frisson, on l’a retrouvé. Si elle n’a pas tenu pendant 90 minutes, la faute à un scénario de rencontre moins favorable, le fait que tout reparte de plus belle à une dizaine de minutes du coup de sifflet final était aussi beau à voir. Les supporters lillois, peu importe les défauts de leur équipe, n’ont jamais lâché. Ne reste plus qu’à les récompenser sur le terrain lors du match retour. Le message est passé.
Des encouragements et des sifflets
Les encouragements étaient donc bien présents, ce sur quoi les Dogues n’ont néanmoins pas réussi à capitaliser, au contraire de leurs prédécesseurs. Deux ans auparavant, Yusuf Yazici avait fait trembler les filets à l’issue du premier quart d’heure, lançant ainsi tout un peuple dans une euphorie générale. La nature plus prudente de la rencontre disputée ce jeudi n’a pas permis de revivre des moments aussi intenses.
C’est même plutôt la frustration qui prenait le pas sur le reste sur le terrain, à commencer par celle de Romain Perraud sur une frappe lointaine trop molle (44′). Le latéral s’excusait alors auprès de ses coéquipiers, mais pas seulement. Il s’adressait également aux tribunes à travers de grands gestes, signe d’un certain dévouement et d’un respect certain.
Des gestes ? Il y a aussi eu celui de Benjamin André, qui se tapait intentionnellement le visage après sa blessure. C’était le seul moyen trouvé sur le coup pour laisser jaillir sa rage, celle inhérente à l’obligation de devoir céder sa place à la pause (Bouaddi, 46′). Aïssa Mandi a lui aussi eu son petit geste. Il quittait momentanément son positionnement en charnière centrale pour se déporter vers Matias Fernandez-Pardo lors de son entrée en jeu (52′). Une tape dans la main, quelques mots, l’international algérien a tout fait pour lui apporter un supplément d’âme. Cela aurait pu payer, si l’ailier lillois avait été plus adroit face aux cages. Il a tenté, en vain, avec un arrêt d’Emiliano Martinez sur sa frappe enroulée (75′).
Le portier argentin, justement, devait être défendu par les membres de la sécurité. Des filets étaient à chaque fois placés dans son dos pour le protéger d’éventuels jets de projectiles venus des tribunes. Un projectile ? Romain Perraud n’a pas su en éviter un. Après avoir assommé un Lorientais de la même manière quelques jours plus tôt en Ligue 1, c’était à son tour de prendre le cuir en pleine face (59′). C’est ce que l’on appelle le karma, même pour les Dogues.
Enfin, les encouragements ont également parfois laissé la place aux sifflets. Il y a évidemment eu ceux adressés à Emiliano Martinez, tout de même moins conspué que ce qu’il avait pu vivre deux ans plus tôt, mais il n’a pas été le seul. Deux joueurs du LOSC en ont également fait les frais. Il s’agissait de Félix Correia, sifflé dès son entrée en jeu (66′), et de Hakon Haraldsson, sifflé à sa sortie (83′).
Amadou Onana fait l’animation
La zone mixte du soir a été moins animée que celle, quelques jours plus tôt, qui avait vu les Merlus s’agacer alors que certains membres de leur délégation s’étaient perdus en loge. Benjamin André était cette fois le premier à la quitter, la tête basse. Il ne laissait rien transparaître, dans sa démarche, sur la gravité de sa blessure.
Ce sont ensuite les Villans, très sages dans leur vestiaire au point de se demander s’ils étaient satisfaits de leur succès (0-1), qui nous ont proposé quelques histoires à raconter. La première se rapporte à leurs crampons, tous nettoyés un par un par un membre de leur staff. Ils brillaient de mille feux après être passés par la célèbre étape de la plonge.
Lucas Digne jeté en pâture
Un sourire, il fallait attendre Amadou Onana pour en voir un. Les Lillois avaient rapidement fait le job, alors que Romain Perraud et Nabil Bentaleb s’étaient rapidement rapprochés des médias français pour leur transmettre leurs impressions à chaud. L’UEFA est souvent intransigeante sur les délais. Cela ne semblait cependant pas toucher les joueurs d’Aston Villa, qui refusait un à un les sollicitations des journalistes britanniques. Leurs homologues français ont bien tenté de les aider en alpaguant Amadou Onana. Mais là aussi, un refus.
« Non, pas moi… Vous allez avoir Lucas (Digne), je l’ai briefé », s’amusait-il en filant, jetant en pâture l’un de ses coéquipiers. Il aurait pourtant pu avoir le temps de discuter, ce qu’il a d’ailleurs fait pendant plusieurs minutes avec Arnaud Bodart, au point de voir la sécurité les séparer pour éviter de nouvelles tentatives d’interviews. Amadou Onana saluait également Nathan Ngoy, compatriote belge, puis donnait rapidement ses indications à son photographe personnel. Voir échanger de cette façon en zone mixte est particulièrement rare.
Des échanges ? Ils ont justement été pour Lucas Digne. L’international français, formé à Lille, ne pouvait pas se défiler après les mots de son coéquipier. Il accomplissait sa mission, en recroisant quelques têtes connues. L’ancien Lillois donnait son maillot à une vieille connaissance croisée à l’occasion du côté des médias. C’est ainsi qu’il concluait le bal des allés et des venues. La Decathlon Arena – Stade Pierre-Mauroy n’en reverra d’ailleurs plus avant quelque temps. Le prochain match prévu dans son enceinte, ce sera le 04 avril avec un Derby du Nord. Voilà une belle manière de faire sa rentrée.






