Publié le 4 février 2026 à 20:02

Crédit Photo : LOSC Médias
Ce lundi 2 février, date butoir du mercato hivernal 2026, le LOSC a enregistré l’arrivée de l’expérimenté Gaëtan Perrin. Portrait de la deuxième recrue lilloise cet hiver.
En quête de renforts offensifs, le LOSC a accéléré la cadence sur le marché des transferts lors de sa date butoir. Alors que le mercato fermait ses portes ce lundi à 20h00, le LOSC a enregistré les arrivées de Noah Edjouma (20 ans) et de Gaëtan Perrin (29 ans), deux renforts offensifs très attendus par l’ensemble du club lillois. Avant que l’ailier ne dispute ses premières minutes sous les couleurs lilloises, partez à la découverte de sa carrière et de son profil : Portrait.
Tout savoir sur Gaëtan Perrin
Né à Lyon le 7 juin 1996, Gaëtan Perrin découvre le football à l’Olympique Saint-Quentinois Fallavier avant de rejoindre l’Olympique Lyonnais à l’âge de 9 ans. Après avoir gravi les échelons au sein du club rhodanien, il franchit un cap lors de la saison 2015-2016. En quatre rencontres d’UEFA Youth League, il inscrit quatre buts et délivre trois passes décisives.
S’il a marqué les esprits dans les catégories jeunes, Gaëtan Perrin peine à se faire sa place dans le groupe professionnel. Ce n’est que le 14 février 2016 que le Lyonnais de naissance dispute ses premières minutes en professionnel. En remplaçant Alexandre Lacazette, il participe à la large victoire de l’OL sur le Stade Malherbe Caen (4-1). Buteur face au FC Nantes le mois suivant, Gaëtan Perrin ne parvient malgré tout pas à s’installer durablement dans le groupe professionnel de Bruno Genesio. Après trois matchs et un but, le Lyonnais est prêté à l’US Orléans, pensionnaire de Ligue 2.
Direction Orléans
Près d’une semaine après son arrivée, la Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG) invalide le prêt de Gaëtan Perrin et interdit le club orléanais de tout recrutement. Coup du destin ? Peut-être, puisque c’est un ancien Lillois, Jean-Eudes Aholou qui, par son départ, permet à Gaëtan Perrin de rejoindre l’USO dans une opération réalisée sous la forme d’un prêt sans option d’achat.
« Il arrive avec un statut et des attentes »
Pour sa première saison sous les couleurs orléanaises, Gaëtan Perrin dispute 28 matchs en Ligue 2 (1538 minutes) au cours desquels il inscrit trois buts et délivre une passe décisive. Adrien, supporter des Guêpes, se souvient d’un jeune joueur plein de potentiel. « Il est arrivé du centre de formation de l’OL, il avait même disputé des matchs en professionnel, donc forcément il arrive avec un certain statut et des attentes. » Malgré ces espérances, certaines limites sont rapidement apparues. « On sentait qu’il avait du ballon, mais il était encore un peu tendre pour le haut niveau. »
La saison suivante, le Lyonnais s’engage définitivement en faveur du club loirétain. Durant ces quelques années en Ligue 2, où il s’illustre mais n’excelle pas, Gaëtan Perrin poursuit son acclimatation au football de haut niveau. Adrien évoque un « joueur pas toujours titulaire et rarement indispensable, sauf lors de sa dernière saison en National après la descente. »
Avec 13 buts et 9 passes décisives lors de la saison 2020-2021, le milieu offensif affole les compteurs en troisième division. Le supporter orléanais se souvient de cet exercice. « Juste après la descente en National, il n’a que 24 ans et réalise sa meilleure saison, mais on ne finit que sixième… »
À Orléans, bilan satisfaisant
Au moment de dresser le bilan de son passage dans le Loiret, les avis sont nuancés. Pour Tom, il a, durant toutes ses années, « très souvent été le meilleur joueur de l’effectif. » Un joueur dont on se souvient. « Il a laissé une trace auprès des supporters. Preuve en est, son nom ressort encore quelques fois lorsque je me rends au stade », avoue-t-il, plus enjoué qu’Adrien.
« Personne ne souhaite se cantonner au banc »
Pour son homologue, le bilan est plus contrasté. « C’était un très bon joueur, mais je pense que les supporters de l’USO ont deux sentiments qui se mêlent quand on évoque Gaëtan Perrin. De la satisfaction, car il a réalisé de belles choses, mais aussi de la frustration. On aurait aimé le voir plus souvent car les entraîneurs ne lui faisaient pas assez confiance. »
Ce statut de « supersub » qui l’a suivi durant ses premières années en professionnel, Gaëtan Perrin l’a déjà évoqué dans un entretien donné à L’Yonne Républicaine. « Cette étiquette de Super-sub, en vrai, elle peut être agréable sur un match ou deux quand ça se passe bien. Mais sur la durée, ce n’est clairement pas l’objectif d’un footballeur professionnel », déclarait le natif de Lyon, avouant que « personne ne souhaite se cantonner au banc et faire des bouts de match. Performer dans la durée et sur la régularité, c’était important pour moi pour vraiment et définitivement lever cette étiquette. »
L’éclosion en Bourgogne
Après cette saison pleine en National, l’heure est venue de revenir dans l’antichambre de l’élite pour Gaëtan Perrin. Le 1ᵉʳ juillet 2021, l’offensif français s’engage en faveur de l’AJ Auxerre. Une arrivée bienvenue pour Simon, fidèle de l’Abbé-Deschamps. « Lors de son arrivée en 2021, Gaëtan Perrin venait s’inscrire dans un projet sérieux porté par Jean-Marc Furlan. Il sortait d’une grosse saison en National 1, où il figurait dans le top 3 des meilleurs buteurs et meilleurs passeurs du championnat. »
Simon l’avoue, au départ, il voyait en Gaëtan Perrin un joueur de rotation, capable d’apporter un plus en sortie de banc. « À l’époque, je le voyais comme un très bon joueur de complément, arrivant dans un club idéal pour poursuivre sa progression. Il s’intégrait dans un potentiel offensif déjà très qualitatif avec des joueurs comme Charbonnier, Hein, Sakhi, Dugimont, Autret ou encore Sinayoko. »
À l’issue de cette première campagne, l’AJ Auxerre boucle sa saison à une prometteuse troisième place. Après avoir écarté Sochaux lors du deuxième tour des play-offs, les Bourguignons se retrouvent face à l’AS Saint-Étienne pour le barrage d’accession à la Ligue 1. Au match aller, disputé à l’Abbé-Deschamps, l’AJA est rapidement mise sous pression et concède l’ouverture du score dès la 15ᵉ minute. Entré peu après l’heure de jeu (62ᵉ), Gaëtan Perrin va alors changer le cours de l’histoire. À deux minutes du terme, il égalise et fait basculer tout un stade dans l’espoir.
« Un tel moment dès sa première saison, ça marque les esprits »
Pour Simon, qui se remémore cet instant, il s’agit du moment le plus marquant de Perrin sous le maillot auxerrois : « À deux minutes de la fin, il égalise contre Saint-Étienne, à domicile, lors du barrage d’accession à la Ligue 1. Ce but a permis à tout un stade de rêver d’un exploit à Geoffroy-Guichard. Un tel moment dès sa première saison, ça marque les esprits. »
Victorieux des Verts aux tirs au but une semaine plus tard, les coéquipiers de Gaëtan Perrin accèdent à la Ligue 1. Il conclut sa première saison avec six buts et deux passes décisives en quarante rencontres toutes compétitions confondues, son bilan est positif. Un avis partagé par Simon, qui en profite pour revenir sur l’association de Gaëtan Perrin avec les autres offensifs de l’équipe et le public de l’Abbé-Deschamps. « Il s’est rapidement épanoui dans ce système et est devenu, avec Gauthier Hein, l’un des chouchous du public. Son attachement au maillot, son état d’esprit guerrier et son abnégation ont fortement contribué à cette popularité. »
Descente, puis montée
La saison suivante, malgré un bilan personnel honorable, cinq buts et deux passes décisives en 39 rencontres, Gaëtan Perrin ne parvient pas à éviter la relégation de l’AJ Auxerre. Les Bourguignons terminent 17ᵉ, à un petit point seulement du FC Nantes, seizième et premier non-relégable. Une issue d’autant plus cruelle que, cette saison-là, quatre clubs de l’élite sont directement relégués afin de permettre à la Ligue 1 de passer à 18 équipes dès l’été 2023.
De retour en Ligue 2, Gaëtan Perrin change de dimension. Étincelant, il porte l’AJA jusqu’au sommet du championnat. Auteur de sept buts et dix passes décisives, il s’impose comme l’un des grands artisans du titre de Ligue 2 et contribue largement au retour immédiat de l’emblématique club de l’Yonne dans l’élite, pour la saison 2024-2025. Cette confirmation en deuxième division marque un véritable tournant : Perrin franchit un cap et s’affirme ensuite en Ligue 1. Une saison individuelle de haut niveau, qui a marqué tous ceux passés dans les travées de l’Abbé-Deschamps.
Historique pour certains, Simon commente cet exercice individuel. « Sa dernière saison reste également un souvenir fort : avec 10 buts et 11 passes décisives, il a grandement contribué au maintien rapide de l’AJA parmi l’élite. » Cette saison-là, l’AJ Auxerre termine onzième, avec 42 unités, neuf de plus que le Stade de Reims, barragiste.
« Une saison accomplie a tous les niveaux »
Interrogé au cours de cet exercice par L’Yonne Républicaine, Gaëtan Perrin est revenu sur son bilan statistique (avec huit buts et sept passes décisives au moment de l’entretien). « Le regard est forcément positif avec effectivement des stats, mais également une régularité dans les performances. Accompagné de tout ça, un collectif qui tourne vraiment très bien. C’est une saison plutôt accomplie à tous les niveaux. »
Ce changement de dimension, l’offensif l’explique par un âge synonyme de maturité. « Le déclic ? Il y a le côté 28 ans, plus de maturité, prendre des responsabilités. C’est quelque chose qui ne m’a jamais posé de problème, mais cette année, je l’ai fait avec beaucoup de naturel et de simplicité. » En plus de cette maturité acquise avec l’âge, Gaëtan Perrin a avoué s’être imposé une certaine rigueur. « J’ai mis en place des petits détails individuellement depuis cette trêve. Je savais que ça allait être une saison importante pour le club, mais pour moi également. À force de travail et de détails, que ce soit sur le terrain ou en dehors, aujourd’hui ça porte ses fruits. »
Chicago ou Krasnodar ?
Au cours de cette saison réussie aussi bien individuellement que collectivement, un grain de sable aurait pu enrayer la machine : une offre de Chicago durant le mercato hivernal 2025. Si l’AJA avait retenu son maître à jouer, Gaëtan Perrin reconnaît que cette période l’avait perturbé. « Une fois que ce mercato hivernal est passé, je me suis reconcentré à 200 %. Ce switch et ce côté mental ont été réussis. Je mets en avant ce côté psychologique et mental qui, je pense, fait toute la différence. Je suis fier de pouvoir rebondir dans toutes les circonstances. »
Auteur de plusieurs bijoux pour conclure cette campagne, Gaëtan Perrin attise les convoitises. D’abord suivi par le RC Lens, c’est finalement en Russie, au FK Krasnodar, qu’il décide de poursuivre sa carrière. Un choix commenté par Simon, notre interlocuteur bourguignon. « Son départ vers la Russie a été surprenant, mais à son âge, il est difficile de lui reprocher d’avoir voulu tenter une expérience à l’étranger, tout en triplant son salaire. Selon certains médias, il percevait environ 45 000 euros mensuels à Auxerre, un montant relativement faible au regard de sa contribution sportive », avoue le fidèle des travées de l’Abbé Deschamps.
« Il a clairement marqué le club »
Si le supporter avoue une certaine frustration à voir son protégé s’en aller, il admet que la majorité des supporters a accepté ce transfert. « Globalement, les supporters ont été surpris par ce départ, au même titre que celui de Jubal. Mais compte tenu des services rendus, la majorité l’a accepté, non sans une certaine déception. »
Avec un départ au sommet de son art, Gaëtan Perrin a marqué la Bourgogne de son empreinte. « Il a clairement marqué le club, assure Simon, louant à la fois les qualités techniques et humaines de l’ancien métronome de l’entrejeu auxerrois. Il a laissé une trace à la fois en tant qu’homme et en tant que joueur. Très apprécié du public grâce à ses performances et ses fulgurances régulières chaque week-end, il l’était aussi pour sa personnalité. »
Quelques mois et puis s’en va
En juillet 2025, Gaëtan Perrin quitte l’AJA pour s’engager avec le FK Krasnodar. Son passage en Russie dure sept mois, une période marquée par des difficultés d’acclimatation liées au contexte local et à l’intégration dans un nouvel environnement de vie. Sur le plan sportif, ses statistiques et son temps de jeu restent en deçà de ses standards habituels, ne parvenant pas à s’imposer durablement comme un titulaire indiscutable dans l’effectif russe.
Face à cette situation, le néo-Lillois fait le choix de revenir en Ligue 1 lors du mercato hivernal suivant. Le 2 février 2026, il signe officiellement au LOSC. Ce transfert clôt sa parenthèse à l’étranger et lui permet de rejoindre un projet ambitieux dans un championnat qu’il connaît parfaitement, avec l’objectif de retrouver la régularité et l’influence technique qui étaient les siennes avant son départ.
Une dernière journée de mercato mouvementée
Tout proche de rejoindre l’AJ Auxerre dans la matinée du lundi 2 février, le dossier connaît un retournement de situation puisque c’est dans le Nord, au LOSC, que Gaëtan Perrin s’engage finalement jusqu’en 2028. Cette situation a bouleversé l’ensemble du public de l’Abbé-Deschamps, à commencer par Simon. « J’ai vécu cet épisode comme un coup de poignard, avoue-t-il encore touché par ce transfert. Il existait, selon plusieurs sources, un accord oral pour un retour à l’AJA depuis plusieurs semaines. Le club russe tardait à finaliser le transfert, cherchant davantage de garanties financières, ce qui a mené à la mise en place d’un prêt avec option d’achat dans les derniers jours du mercato. »
« Son choix est logique, le timing est frustrant »
Pour le supporter auxerrois, la médiatisation du dossier a complexifié son aboutissement. « Une fois que le FK Krasnodar avait accepté l’offre de l’AJ Auxerre, la médiatisation rapide de l’information a permis à Lille d’intervenir et de proposer un transfert sec, solution plus avantageuse pour le club russe et plus sécurisante pour le joueur. »
Déçu que ce dossier ait pris ce tournant, Simon avoue comprendre la situation. « Son choix est assez logique en termes d’ambitions sportives. Le timing, en revanche, reste frustrant. » Il poursuit en dégageant la tendance des supporters des Bleus et Blancs. « Les supporters sont partagés : certains reprochent la situation à la direction, d’autres au joueur. De mon côté, je pense qu’il faut rapidement tourner la page et se concentrer sur l’objectif principal du club, à savoir le maintien en Ligue 1. »
Polyvalent, technique et décisif
Gaëtan Perrin est un joueur qui aime le ballon et la responsabilité. « C’est un joueur qui aime toucher le ballon et organiser le jeu », explique Simon, qui se souvient d’un ailier parfois « chef d’orchestre offensif » la saison dernière, notamment aux côtés de Traoré. Capable de faire basculer une rencontre, Perrin s’est illustré par « de nombreux buts spectaculaires et par sa faculté à délivrer des passes décisives avec panache. »
Son impact ne se limite pas à la phase offensive. « Son jeu repose sur une grosse débauche d’énergie », poursuit Simon, soulignant également « sa forte implication défensive lorsque l’équipe n’a pas le ballon ». Combatif, vif et percutant, Perrin possède « une vraie capacité d’élimination, appuyée par un centre de gravité assez bas », comme le décrit Adrien, supporter de l’USO. Un profil parfaitement adapté à un jeu de transitions rapides, même si dans ce registre il pourrait évoluer dans une équipe « davantage portée sur la possession et le jeu face à des blocs bas ». De quoi donner des idées à Bruno Genesio.
« Sa capacité à garder le ballon est assez choquante »
Malgré un petit gabarit, le milieu offensif dispose « d’excellents appuis, d’une très bonne frappe de balle, tout en étant capable de se montrer dangereux sur coups de pied arrêtés, notamment les coups francs. » Un sentiment partagé par Tom, marqué par « son excellente vision de jeu et sa capacité à s’adapter et à garder le ballon, assez choquante. »
Si le jeu aérien ne constitue pas son point fort, son tempérament de compétiteur fait l’unanimité. « Il peut parfois être râleur ou nerveux, concède Simon, mais ça traduit surtout sa mentalité de gagneur. » Autant d’éléments qui rendent son adaptation dans un collectif dominant et un jeu d’attaque placée particulièrement intéressants à observer.






