Publié le 12 janvier 2026 à 00:12

Bruno Genesio sur le banc du LOSC.

Crédit Photo : Le Petit Lillois / Corentin Betrancourt

Par - Catégories : Football, LOSC-

Le LOSC n’ira pas plus loin en Coupe de France cette saison. Défaits par l’Olympique Lyonnais, les Dogues sortent aux portes des 8e de finale. Présent en conférence de presse, Bruno Genesio est revenu sur la performance de son équipe.

Bruno, quel enseignement tirez-vous de ce match avec malheureusement des scénarios qui se répètent : la semaine dernière c’était un carton rouge, là c’est un but encaissé très rapidement.

On se met en difficulté tout seul depuis quelques matchs déjà. Ce soir on a réussi à revenir au score, ce qui n’était pas chose simple vu le début de match qu’on a eu. Puis on a concédé une demi-occasion sur un centre. On a encaissé ce deuxième but juste avant la mi-temps, ce qui nous fait très mal. Après, en deuxième mi-temps, je pense qu’on a eu une domination et une possession un petit peu stérile. On manque de dangerosité dans nos attaques. On fait plutôt des bonnes choses jusqu’à l’approche de la surface mais ça ne débouche pas suffisamment sur des occasions nettes de but.

Comment tu expliques que ce n’est pas la première fois qu’on sent le LOSC en difficulté ? Comment tu l’analyses toi ?

Je pense qu’il y a des périodes où il faut jouer un peu plus en première intention. Lorsque vous avez un peu moins de confiance, on a tendance à rajouter une touche ou à prendre un peu moins de risques. Il faudrait qu’on arrive à se débloquer avec un match normal. On est très souvent en train de courir derrière le score ou un fait de jeu. Ce n’est pas simple, surtout face à de bonnes équipes. Lyon est une bonne équipe, on l’a vu ce soir. Il ne faut pas lâcher parce qu’on voit un comportement d’une équipe qui a beaucoup de vertus, beaucoup de qualités. Il nous manque l’essentiel dans le football, c’est de réussir à se créer des occasions pour marquer des buts. C’est le but du jeu.

Le premier but est un fait de jeu assez incroyable, ça change tout le match ?

Oui, ça change beaucoup de choses. Peut-être pas tout le match parce qu’il reste une heure et demie. D’abord, ça met les Lyonnais dans une position idéale. Mentalement, ce n’est pas simple à assumer. Malgré tout, on a réussi à le faire, à revenir dans le match. Je pense qu’on méritait de retourner à la mi-temps sur un score nul. Dans ces périodes-là, il n’y a rien qui tourne en votre faveur. En fin de match, Tiago Santos décoche une frappe extraordinaire, elle tape le poteau. Elle peut très bien faire poteau rentrant ou poteau puis revenir sur un attaquant. Ce sont des périodes où rien ne tourne en notre faveur. La première chose importante, c’est de garder notre qualité dans le jeu, ce qui a été le cas ce soir, de garder l’état d’esprit. J’ai vu des joueurs tout donner, faire le maximum avec les possibilités du moment. Malheureusement, on n’est pas récompensés, mais il faut garder la tête froide dans ces moments-là. C’est le plus important, garder la solidarité qui nous anime depuis le début de saison et continuer à travailler.

Depuis plusieurs matchs, j’ai l’impression que Hakon Haraldsson vient très bas chercher les ballons. Est-ce que c’est une consigne de votre part ?

Dans les sorties de balle, oui, parce qu’on demande beaucoup de permutations à nos milieux de terrain. C’est un joueur qui aime bien venir dans des positions un peu plus basses face au jeu. Quand on est plus haut sur le terrain, j’aime qu’il soit dans une position plus de numéro 10. On a terminé en 4-4-2, donc il a repris une position plus basse avec Gala en fin de match. Mais c’est lui qui est à l’origine du but. C’est lui qui est à l’origine de beaucoup d’actions offensives qui ne débouchent pas à mon goût suffisamment sur des occasions ou sur des situations dangereuses comme ça devrait être le cas. Il nous manque cette petite justesse technique dans nos derniers choix de passes ou de déplacements devant le but.

« Je ne suis pas inquiet parce que je vois quand même une équipe qui produit du jeu »

Arnaud avait déjà vécu ce genre de désaventure à Nice. Le dernier match, il avait été très bon. Est-ce que vous avez eu le temps d’échanger un peu avec lui à la mi-temps ou après ce match ? Comment ça se fait qu’on se trouve comme ça au bout de 30 secondes ? Ça paraît impensable.

Je n’ai pas échangé avec lui parce qu’à la mi-temps, on s’est évertué à corriger ce qu’on devait corriger. Ce n’est pas simple. C’est un métier difficile, le rôle de gardien. Encore plus lorsque vous êtes numéro 2 et que vous n’avez qu’une seule compétition à jouer. Mentalement, ce n’est pas facile de bien se préparer. C’est comme ça, on ne va pas l’accabler. On a réussi à revenir au score. On peut se dire que malgré tout, on avait la possibilité, malgré cette erreur, de se qualifier derrière. On a subi un deuxième but sur une erreur défensive à mes yeux. On savait qu’ils étaient dangereux sur ces situations-là, avec Tolisso qui venait à s’intégrer sur les centres. Il faut qu’on arrive à corriger ces petites erreurs de concentration. Mais je crois que c’est surtout sur l’aspect offensif qu’on doit s’améliorer. Compte tenu de la domination qu’on a eue, en tout cas territoriale, on doit être capable de se créer davantage d’occasions nettes dans un match comme celui-ci. Il y a toujours des leviers. Je l’ai dit, la première chose, c’est d’analyser, d’être capable de faire la part des choses entre le résultat brut et le contenu du match. On est tous là pour gagner des matchs, dans une compétition comme la Coupe de France encore plus puisqu’il n’y a pas de rattrapage. Aujourd’hui, le tirage, on va le regarder à la télé, on ne sera pas dedans. Donc ça, c’est une grosse déception. Mais après, en analysant froidement le match, il y a plein de choses qui sont positives. Je parlais aussi du match de Nabil (Bentaleb) derrière, à un poste qui n’est pas le sien, qui a été très beau par exemple. Donc il y a plein de choses positives à tirer de ce match aussi. Dans la préparation de nos actions, je trouve qu’on est de manière régulière très performant. Après, il y a des choses à améliorer. On le sait maintenant. C’est à nous aussi, le staff, on est là pour ça, de trouver les solutions et tout ce qu’il faut faire à l’entraînement pour pouvoir s’améliorer le week-end.

Le mois de janvier est très dense pour vous. Vous avez pas mal de matchs. Comment vous les appréhendez ? Est-ce que vous allez avoir le temps de corriger tout ce qu’il faut avec ces matchs qui arrivent rapidement ?

Oui, on va avoir beaucoup d’enchaînements de gros matchs tous les trois jours. Après, on travaille aussi beaucoup avec l’analyse vidéo des matchs qui sont très importantes. Et sur les retours vidéo qu’on peut faire, soit individuellement, soit collectivement. Après, on a toujours quelques séances pour pouvoir travailler des associations, des déplacements et puis aussi des circuits de passes qui soient plus nets que ce qu’on a pu faire ce soir.

Vous n’êtes pas inquiets pour la suite ?

Non, je ne suis pas inquiet parce que je vois quand même une équipe qui produit du jeu, malgré les deux dernières défaites. La défaite contre Rennes à 10 contre 11 quasiment tout le match, on a fait quasiment un jeu égal avec des situations où on aurait pu revenir au score. Ce soir, je pense qu’on ne mérite peut-être pas de gagner, mais pas forcément de perdre non plus. Donc voilà, il y a quand même, je le dis, plein de choses positives, même si lorsqu’on perd, on ne peut pas être satisfait et on ne l’est pas. Et c’est dur ce soir d’assumer cette défaite, cette élimination aux Coupes de France parce que c’est une compétition qui est importante et qui tient énormément à cœur les joueurs, le staff, le club. Et de sortir comme ça prématurément, c’est une grosse, grosse déception. Pour renverser ce genre de match, il faut parfois un peu de folie.

Vous n’avez pas vraiment pu vous appuyer sur un public nombreux. Est-ce que vous êtes déçus, voire surpris qu’il y ait une affluence aussi petite, faible pour ce genre de match ?

L’affluence n’était pas celle qu’on pensait. Mais par contre, j’ai trouvé qu’il y a eu de l’engouement dans le match. On a senti le public nous pousser, nous aider. Donc l’ambiance, c’est vrai que ce n’était pas ce à quoi on pouvait s’attendre. Pour une affiche comme celle-ci, peut-être qu’on s’attend à plus. Dimanche soir, 21h, le froid, peut-être que ça explique certaines choses. Mais en tout cas, il y avait de la ferveur dans le stade. Malgré les 20 000 ou 25 000 personnes qui étaient présentes, j’ai trouvé une bonne ambiance qui nous a portés jusqu’à la fin. Je pense que le public y a cru, comme nous, jusqu’à la fin. Jusqu’à cette frappe de Tiago Santos qui s’est écrasée sur le poteau. Et ça n’a pas été pour nous un handicap. Au contraire, j’ai trouvé le public très bien.

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