Publié le 27 décembre 2025 à 17:01

Crédit Photo : Le Petit Lillois / Quentin Delcourt
Six mois après avoir quitté le LOSC, comment Gabriel Gudmundsson s’en sort-il en Premier League ? On fait le point.
Transféré cet été du LOSC vers le Yorkshire, Gabriel Gudmundsson découvrait la Premier League avec l’étiquette d’un joueur encore méconnu du grand public anglais. Six mois plus tard, le Suédois a-t-il réussi à faire oublier les frissons défensifs des saisons passées ? Pour dresser le bilan, nous avons interrogé Dave, abonné en tribune Don Revie depuis 30 ans, et Callum.
« Gudmund-who ? » et scepticisme
À Leeds, le mercato est toujours une période de stress intense. Lorsque le nom de Gudmundsson est sorti du chapeau, l’accueil fut tiède. Le club sortait d’années compliquées au poste de latéral gauche, souvent le talon d’Achille de l’équipe.
« Pour être honnête, quand l’annonce est tombée, ma première réaction a été : C’est qui ?, affirme Dave avouant le nombrilisme qui entoure la Premier League et ses fans. On avait besoin de certitudes défensives. Venant de Ligue 1, on a toujours peur que le joueur soit trop tendre physiquement pour les duels du samedi après-midi ici. On craignait un nouveau pari risqué. On savait qu’on signait un athlète, mais on ne savait pas si on signait un vrai footballeur de Premier League, » affirme-t-il dubitatif.
« Le LOSC est un bon endroit pour piocher de nouvelles recrues »
Callum, plus centré sur la DATA, était lui aussi mitigé malgré certaines de ses statistiques positives. « Sur le papier, ses stats de progression de balle étaient excellentes à Lille, mais son ratio de passes décisives m’inquiétait. Malgré l’analyse de ces statistiques avancées, le supporter se voulait optimiste. Je connais plutôt bien Lille, surtout après leur campagne en Ligue des Champions, et quand on voit les dernières ventes du LOSC, on se dit que c’est peut être un bon endroit où piocher de nouvelles recrues. »
Un premier bilan : Un « moteur » qui compense ses lacunes
Six mois ont passé, et le scepticisme a laissé place au respect. Si Gudmundsson n’est pas le joueur le plus soyeux techniquement, son volume de jeu a conquis un public qui valorise l’effort par-dessus tout.
« Il a cette mentalité de chien de garde que les fans de Leeds adorent, explique Callum. Ce qui m’a frappé, c’est sa capacité à répéter les efforts à haute intensité. Dans le système de Farke, il couvre une distance hallucinante. Contre Liverpool, il a magnifiquement géré Mohammed Salah. Défensivement, il est beaucoup plus solide qu’on ne le pensait. Si les qualités défensives sont soulevées par les supporters, l’apport offensif n’en est pas moins salué. Il a un volume de course exceptionnel, ses montées face à Liverpool ont été assez incroyables ! »
Cependant, tout n’est pas parfait et Dave, en vieux briscard, pointe du doigt le défaut récurrent du Suédois : « C’est un soldat, c’est indiscutable. Mais bon sang, sa dernière passe… Il fait tout le travail, il remonte 40 mètres, il élimine un joueur, et au moment de centrer, ça finit en tribune ou sur le premier défenseur. C’est frustrant ! Mais on lui pardonne parce qu’il revient tacler dans la seconde qui suit. »
Quelle suite ?
Alors que la deuxième partie de saison s’annonce cruciale pour le maintien du club, quel rôle pour l’ancien Lillois ?
Pour Callum, il est désormais un titulaire en puissance, mais attention à la concurrence : « Il doit épurer son jeu technique. S’il arrive à lever la tête plus souvent dans les 30 derniers mètres, il peut devenir un chouchou du stade. Pour l’instant, c’est un 7/10, car il est consistant et régulier. Pour Leeds, l’objectif est clair : le maintien. On va avoir besoin d’un Gabriel Gudmundsson de haut niveau pour se maitenir »
« Sans lui, notre côté gauche prend l’eau »
De son côté, Dave conclut avec pragmatisme. « Je ne m’attends pas à ce qu’il devienne Roberto Carlos, nous confie-t-il avec sourire Mais tant qu’il défend son couloir comme il le fait depuis octobre, il aura sa place dans le onze. Il a l’ADN Leeds : pas de strass, pas de paillettes, juste du boulot. Je veux juste qu’il reste en bonne santé, car sans lui, notre côté gauche prend l’eau.«






