Publié le 14 décembre 2025 à 20:31

Bruno Genesio, entraîneur du LOSC, au bord du terrain.

Crédit Photo : Le Petit Lillois / Nicolas Opigez

Par - Catégories : Football, LOSC-

A l’issue de la victoire quatre buts à trois contre l’AJ Auxerre, Bruno Genesio est revenu sur la rencontre en conférence de presse. Le technicien a notamment évoqué le mental de son équipe et l’entrée en jeu de Soriba Diaoune.

Comment tu as vécu ce match ?

C’est dur, c’est dur et bon. C’est dur parce que j’ai un sentiment d’impuissance quand même. On est sur le banc, on ne maîtrise pas grand-chose finalement. Et puis c’est bon parce que lorsque ça se termine comme ça, ça valide tout le travail qu’on fait depuis le début de saison. Et je trouve que c’est un match qui caractérise bien l’état d’esprit de ce groupe. Ce que ce groupe est capable de faire, parfois grâce à des qualités footballistiques comme ça a été le cas en première mi-temps à onze contre onze, et parfois avec des valeurs autres que les qualités footballistiques, c’est le mental, le dépassement de soi, avec des leaders, avec des rentrants qui de nouveau amènent un plus. Je trouve que ça résume plutôt bien notre première partie de saison en championnat.

Si on va un peu plus loin, est-ce qu’on peut dire aussi que ça résume un peu cette première partie de saison, dans le sens où il y a des fautes individuelles qui relancent les adversaires et aussi ce côté gros caractère qui vous permet aussi de rester dans les matchs ?

Oui, c’est vrai, c’est pour ça que je vous dis que c’est un match qui caractérise parfaitement notre groupe avec des choses à améliorer, des choses positives. Mais en tout cas, c’est agréable de diriger un groupe comme ça avec des valeurs que j’apprécie et sur lesquelles j’insiste depuis le début. De voir que les joueurs répondent présents dans ce domaine-là, c’est une grande fierté pour nous le staff et pour tout le club je pense. Après oui, il y a des imperfections, il y a des erreurs, mais ça fait partie du jeu. Mais si on est capable de garder cet état d’esprit, cette ambiance qu’il y a dans ce groupe et de tout le monde, ceux qui débutent, ceux qui ne jouent pas, ceux qui rentrent, on peut faire de très belles choses.

« Soriba Diaoune ? C’est un but très important qu’il marque. »

Vous nous avez dit après Le Havre, le but en fin de match, qu’il fallait réussir à garder votre contrôle sur le banc. Cette fois-ci, on vous a vu célébrer avec Benjamin André le quatrième but, là c’était impossible de garder le contrôle.

Il y a parfois des émotions qui nous dépassent sur le banc. Parfois, en revoyant les matchs à froid, on se dit : « Putain, j’ai fait le con. » Mais c’est ça le foot aussi, et c’est aussi pour ça qu’on fait ce métier, qu’on vit ce genre d’émotions, surtout quand ça se termine bien. Mais il y a aussi parfois des émotions et des défaites dans lesquelles on partage beaucoup de choses. C’est aussi notre métier, c’est l’essence de notre métier. J’ai aussi une pensée pour Christophe (Pélissier), qui fait du bon boulot aussi. Il a eu une période un peu plus difficile, mais il s’est accroché. Je lui ai dit qu’il fallait continuer à s’accrocher, parce qu’évidemment, c’est une équipe qui nous a posé des problèmes, notamment parce qu’on était en infériorité numérique. Je pense qu’on a tous les mêmes réactions et les mêmes émotions dans ce métier de coach.

À quel moment vous avez senti que ce match basculait un peu dans la folie, que finalement plus rien n’allait se dépriser ?

On a eu énormément de mal à entamer la deuxième mi-temps. Je pense que le tournant, c’est lorsqu’on a eu l’égalité numérique. Parce que là, même s’ils ont marqué, il y avait 2-1, je pense qu’on sentait qu’on avait à la fois la qualité, l’énergie pour revenir dans un premier temps. Je me dis sur le banc à mon staff, quand on a égalisé, on va aller la chercher parce que je sentais que quelque chose se dégageait de cette équipe. Ceux qui étaient sur le terrain, ceux qui allaient rentrer, ça s’est confirmé. Il y a un truc qui tourne aussi pour nous. Ce n’était pas le cas jeudi, ça l’a été ce soir. En tout cas, on est content de revenir avec une victoire de ce déplacement difficile. Surtout dans la lutte qui nous intéresse pour le podium après la trêve.

Un petit mot sur le premier but en pro de Soriba Diaoune. C’est un moment ultradécisif dans le match. Et ce que vous avez pensé de sa rentrée ?

Il confirme. On le voit tous les jours à l’entraînement. On voit ce qu’il fait. On voit les progrès qu’il effectue. Il a encore des choses, bien sûr, à travailler. Mais comme je dis toujours, lorsque vous avez déjà l’état d’esprit de vouloir progresser, de vouloir écouter des plus anciens et de mettre en œuvre ce qu’il faut pour avancer, on est souvent récompensés. Ça a été le cas ce soir pour lui. C’est un but très important qu’il marque. Quand on voit la réaction des autres joueurs, c’est aussi très révélateur. Le comportement des autres joueurs avec lui, même s’il y a une voix collective, on voit qu’il y a aussi quelque chose entre les autres joueurs et lui. Les joueurs sont des spécialistes. Ils voient ce qu’il se passe tous les jours à l’entraînement. Et ils sont contents pour lui aussi de voir ça.

Vous vous êtes demandé où il partait avec le ballon quand il rentrait dans la surface ou vous saviez qu’il allait faire ce geste ?

Non, je ne savais pas. Même lui, je ne sais pas si au départ il sait qu’il va faire ça. Moi, j’aurais aimé qu’il frappe même avant. Je pense qu’il peut frapper avant. Mais voilà, à la causerie, je leur ai dit : « Ce qui se passe dans les 16 mètres offensivement, ça vous appartient. Je ne vais pas vous demander de faire ci, de faire ça, à quel moment parce que toutes les situations sont différentes. » C’est ce qu’il a fait. Il a fait un choix, il a assumé, il a pris un risque, il a réussi et tant mieux. Parfois, ça ne réussira pas. Mais l’important, c’est de tenter et de prendre le risque de réussir.

Vous avez concédé un quatrième et un cinquième rouge en déplacement. Comment corriger ce défaut ?

Sur le premier, on peut toujours dire interprétation. Mais on ne peut pas non plus plaider au scandale. Il n’y a pas grand-chose à dire sur le premier concernant Nathan. Par contre, je pense que le deuxième sur Romain est très sévère. J’ai revu les images. Après, comment corriger ça ? C’est difficile, peut-être encore un peu plus de concentration pour éviter de se retrouver en un contre un comme Nathan l’a été. Peut-être, sur le deuxième, être encore plus malin parce qu’il y a faute pour nous. Et du coup, on n’a aucun intérêt à envenimer les choses et à payer cher. Mais, encore une fois, on parlait tout à l’heure d’émotion. C’est facile à dire maintenant, après le match, quand on est sur le banc, quand on est en tribunes. Mais quand vous êtes sur le terrain, avec tout ce qui se passe, avec la fatigue, avec la tension, avec tout ce qui se passe, c’est parfois plus difficile.

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