Publié le 11 décembre 2025 à 22:04

Crédit Photo : Le Petit Lillois / Victor Orgaer
A l’issue de la défaite du LOSC contre le BSC Young Boys (1-0), Bruno Genesio a partagé sa réaction à chaud lors de la conférence de presse d’après-match.
Bruno, quel sentiment ressort d’un match comme ça, où finalement il y a cette fameuse double sanction qui change tout, qui change beaucoup de choses en tout cas ?
Oui, ça change beaucoup de choses parce que je pense qu’on avait plutôt bien entamé le match, avec une domination et de la maîtrise, beaucoup de maîtrise. Une ou deux situations sur une frappe d’Ayyoub et le centre d’Ayyoub pour Olivier. Ce n’était pas des grosses occasions, mais en tout cas c’était des situations. Après il y a ce carton rouge, c’est l’application de la règle, donc il n’y a rien d’autre à dire. Après c’est vrai qu’à 10 contre 11 pendant une heure c’est beaucoup plus difficile, même si finalement on a très peu concédé d’occasions. Quand on regarde bien, nous on s’en est pas procuré suffisamment, je trouve aussi, il y avait peut-être mieux à faire dans l’utilisation du ballon. Mais en tout cas c’était un match un petit peu bizarre et on en sort un petit peu frustrés comme souvent, parce qu’on cède sur quasiment la seule occasion qu’ils ont du match. En infériorité numérique, on a fait beaucoup d’efforts. On a essayé, on a beaucoup tenté en deuxième mi-temps. Ceux qui sont rentrés ont essayé d’amener aussi du dynamisme, de la fraîcheur. On n’a pas su trouver la solution, on n’a pas su faire le bon dernier geste.
« Ayyoub Bouaddi ? Peut-être qu’on aurait dû le protéger davantage »
Sur les derniers matchs on avait loué justement cette solidité défensive, mais on ne s’était pas forcément attardé au fait que ce soit 1-0 et 1-0 à chaque fois. Ce soir il y a eu des difficultés quand même sur le plan offensif. Les deux plus actifs, presque offensivement, c’étaient Ayyoub Bouaddi avant son carton et Benjamin André qui est sur deux actions. Est-ce qu’il y a un peu de fatigue ? Comment on explique le fait qu’offensivement il y ait moins d’occasions, car ça vous inquiétait moins quand il y en avait, mais que ça ne rentrait pas, mais là, il y a presque moins d’occasions.
Il y en a moins mais on a joué à dix aussi. On a un jeu qui est porté sur le pressing haut, sur une récupération haute pour se projeter et je trouve qu’à 11 contre 11 il y a eu quand même pas mal de bonnes choses de faites avec ballon. Après, à dix, on a dû s’adapter, on a fait un bloc un peu plus bas et on a essayé d’utiliser les possibilités de contre qu’on a eues. On a eu 2-3 situations qu’on n’a peut-être pas suffisamment bien jouées pour être plus dangereuses, mais on aurait pu aussi ouvrir le score à 0-0. C’est comme ça, ça fait partie du football. Il y a des soirs où beaucoup de choses réussissent, d’autres soirs où beaucoup de choses sont contre vous. Ce soir c’était un soir comme ça et il faut l’accepter, il faut vite récupérer, repasser à autre chose, parce qu’on a un match très difficile qui nous attend dimanche.
Avec ce résultat, forcément, le top 8 semble compliqué, peut-être pas impossible, mais il faudra vraiment un bon scénario pour vous ?
On verra, parce que les pronostics à 15 points disent qu’on veut être dans le top 8. Ça peut jouer aussi au goal avérage, donc il est un peu trop tôt pour parler de ça. Maintenant le plus important est aussi de se qualifier, parce qu’avec 9 points je ne suis pas sûr que ça soit suffisant, donc il faudra prendre des points déjà pour être qualifié, et puis on verra si on peut faire mieux plus tard.
C’est hélas anecdotique dans le résultat de ce soir, mais Berke Ozer, c’est six pénaltys sortis sur sept subis. Qu’est-ce que vous inspire cette statistique ?
C’est assez exceptionnel, il est très très bon dans cet exercice. Mais il faut aussi souligner que Nicolas Dehon, prépare bien cet exercice sur chaque match. Bon, il ne faut pas trop que je le dise, car nos adversaires vont le savoir. Il y a une étude qui est faite avant chaque match de la part de Nicolas, qui donne beaucoup d’infos sur les tireurs éventuels de l’équipe adverse. Donc c’est un travail collectif et puis il y a aussi du talent de Berke qui a une prédisposition sur cet exercice. Parce qu’il fait aussi l’arrêt sur la deuxième chance.
Après Le Havre, c’est un deuxième carton rouge consécutif pour Ayyoub Bouaddi. Comment vous expliquez que ce soit encore lui, malheureusement ? Et comment est-ce que vous l’avez trouvé après le match ? Parce que je suppose qu’il doit être très, très touché.
Oui, il était abattu à la mi-temps et après le match. J’ai dit que ça faisait partie de l’apprentissage de sa jeune carrière. Après, il a vécu une semaine pleine d’émotions avec sa prolongation et vous avez vu ce matin un article dans le journal, c’est jamais très bon signe, le jour du match.
Ça se vérifie de nouveau, donc c’est aussi peut-être notre responsabilité et peut-être qu’on aurait dû le protéger davantage. Parce que prolongation de contrat, il a 18 ans et il y a beaucoup de choses qui se disent autour de lui. Peut-être qu’il aurait été plus opportun de le protéger. Mais voilà, c’est facile à dire, après c’est comme ça. Mais oui, le fait que ce soit le deuxième… Sur le premier au Havre, il s’est un petit peu sacrifié pour l’équipe. Et là, ce soir, c’est difficile de voir parce qu’on a un plan qui est très large, on ne voit pas très bien ce qui se passe avant. Mais en tout cas, ce sont des choses qui doivent le faire avancer. Je dis souvent que c’est aussi dans les erreurs ou dans l’échec qu’on apprend beaucoup, si on est capable d’en tirer les leçons. Je sais qu’il le fera, puisque c’est un garçon qui est très intelligent, mais c’est sûr que ce soir, pour lui, c’était difficile dans le vestiaire de vivre ce qu’il a vécu, mais on va l’accompagner et on va le soutenir.
Vous étiez sur une série de quatre succès de suite. Est-ce que, peut-être inconsciemment, ça a pu jouer dans l’approche de ce match ?
Non, je ne pense pas. Ce n’est pas ce que j’ai ressenti dans la préparation. Ce n’est pas non plus ce que j’ai vu dans nos débuts de match, qui était plutôt cohérent, même s’il est vrai qu’on n’a pas eu beaucoup d’occasions très nettes pendant notre confrontation 11 contre 11. Mais on a eu la maîtrise et il y a eu des choses intéressantes. Je ne pense pas que, contrairement peut-être au match du PAOK, notamment à la première mi-temps, où on avait peut-être fait un complexe de supériorité, ce soir, je n’ai pas du tout eu cette impression-là.






