Publié le 10 novembre 2025 à 19:38

Crédit Photo : Le Petit Lillois / Quentin Delcourt
Trois jours après son revers à Belgrade (1-0), le LOSC s’est de nouveau incliné ce dimanche face au RC Strasbourg, concurrent direct dans la course à l’Europe. Ce résultat a évidemment été peu apprécié par les supporters lillois.
Le début de rencontre pouvait laisser entrevoir de belles promesses. Sur un corner parfaitement tiré par Romain Perraud, Nathan Ngoy trouvait Mike Penders, dont la déviation heurtait le poteau (16’). Mais après une première demi-heure maîtrisée, les hommes de Bruno Genesio se sabordaient eux-mêmes. Sur un centre de Diego Moreira, une incompréhension entre Ngoy et Berke Özer offrait un but tout fait à Emmanuel Emegha (33ᵉ, 1-0). Jamais vraiment remis de cette ouverture du score, les Lillois offraient également le deuxième but aux Strasbourgeois. Discret jusque-là, Olivier Giroud se transformait en passeur décisif pour le Néerlandais, qui inscrivait un doublé en ajustant tranquillement Özer (2-0).
Après la désillusion européenne, cette nouvelle défaite fait glisser le LOSC au cinquième rang en Ligue 1. À l’issue de la rencontre, Arthur, Paolo et Maxime sont revenus sur cette contre-performance et ont partagé leurs impressions.
Une question de ressenti
Bien que la déception soit évidemment au rendez-vous à l’issue de la partie, le début de match des Lillois avait pourtant de quoi donner de l’espoir aux yeux de Maxime : « On a super bien démarré les cinq premières minutes, avec un pressing haut où on a complètement asphyxié les Strasbourgeois », souligne-t-il, avant de vite tempérer son enthousiasme. « Après ça, c’était le néant : pas d’envie, des courses à contretemps, personne dans le même timing, et encore des erreurs individuelles qui nous coûtent un match. »
Aux yeux du supporter lillois, la déception dépasse le seul cadre de cette rencontre. « C’est un match qui ressemble à tous les autres qu’on joue depuis l’année dernière. On ne compte que sur les individualités. Je n’arrive pas à dégager un style de jeu, il n’y a pas de combinaisons, pas de rythme… Même le pressing, ce n’est jamais tous ensemble. »
« Je ne sais pas quelle est notre tactique, rien ne ressort de nos matchs »
Quand vient le moment d’évoquer les performances individuelles, Maxime ne mâche pas ses mots. « Pour le flop, je dirais Giroud, car en plus de ne rien apporter offensivement depuis septembre, il nous coûte un but avec sa passe en retrait. » L’attaquant n’est toutefois pas le seul visé par le supporter des Dogues. « J’aurais aussi pu citer Genesio, car, comme déjà dit, je ne sais pas quelle est notre tactique : il n’y a rien qui ressort de nos matchs. » Mais tout n’est pas à jeter selon lui, car comme depuis plusieurs matchs, un homme survole le collectif. « Pour le top, je dirais Mandi. L’année dernière, c’était vraiment compliqué, mais cette saison, en l’absence d’Alexsandro, il s’adapte à un coéquipier différent à chaque fois. Ce n’est pas un top sur ce match en particulier, mais sur la durée, où il s’impose comme le patron de la défense. »
C’est également dans cette lignée que s’inscrit Paolo, fataliste sur le manque de créativité des Dogues. « À part avant le premier but strasbourgeois, j’ai eu l’impression qu’on aurait pu jouer un match de quatre mi-temps sans jamais marquer« , confie-t-il, lucide sur l’impuissance offensive du LOSC. Un problème récurrent à ses yeux. « Cela fait plusieurs rencontres que je nous trouve trop prévisibles, sans vraiment avoir de grosses occasions dans le jeu.«
Et puis, les Dogues se sabordent seuls avec des erreurs grossières. « On savait que Strasbourg était une équipe très forte, et faire deux cadeaux comme ça à une formation pareille, c’est la défaite assurée. C’est d’autant plus frustrant qu’on a le potentiel d’être meilleur, ou au minimum de faire jeu égal. » Quand vient le moment d’évoquer les performances individuelles, Paolo ne cache pas sa déception. « Malheureusement, et on peut s’y attendre, je n’ai pas de top« , avoue-t-il, avant d’enchaîner sur les flops qui, eux, n’ont pas manqué à l’appel : « Concernant les flops, il y a pas mal de candidats, mais je mettrais Giroud, qui a, je pense, atteint ses limites, et Berke, en qui j’ai beaucoup cru mais qui déçoit encore une fois aujourd’hui. »
Pour Arthur, qui était du déplacement, la principale déception provient du manque d’audace dans le jeu lillois. « On a clairement manqué de folie offensive, car comme contre Belgrade, il ne s’est presque rien passé. On n’a pas eu de vraies occasions franches dans le jeu. » Rageant, voilà le mot qui pourrait résumer sa pensée lorsqu’on lui évoque l’animation offensive lilloise qui, à ses yeux, est pétrie de talents. « C’est frustrant, car on sait que les joueurs ont tous de la qualité, mais ils donnent l’impression de jouer avec le frein à main, sans exploiter pleinement leurs capacités. »
« Il faut arrêter de donner autant d’importance à Giroud. »
Au terme de cette copie blanche, Arthur tient à souligner que certaines individualités ont mis les ingrédients pour l’emporter. « Je ne sais pas vraiment si on peut mettre de top sur ce match, mais à l’image de son début de saison, Aïssa Mandi reste rassurant et constant, même si ce n’était pas son meilleur match hier. Benjamin André aussi a été important, on sent que sa présence change beaucoup de choses par rapport à Belgrade.« . Mais les points faibles dominent selon lui. « En flop, je mettrais Giroud, qui passe à côté de ses rencontres depuis un moment et a un impact très faible sur notre jeu. Fernandez Pardo et Correia n’ont pas été assez tranchants ni provocateurs, ce qui rend aussi les choses plus compliquées pour Giroud. »
Dans son débrief d’après-match, Arthur n’épargne personne, Bruno Genesio en prend aussi pour son grade. « Je mettrais aussi Genesio en flop, car je pense qu’il faut arrêter de donner autant d’importance à Giroud. Il serait sûrement plus utile en sortie de banc, et il faut maintenant prioriser Igamane. »
Une équipe sans réaction ?
Si les Dogues démarrent souvent bien leurs matchs, un constat revient fréquemment chez les supporters lillois : dès que l’équipe encaisse, elle peine à réagir. Dans ces moments-là, la rencontre paraît déjà jouée, même lorsqu’elle vient à peine de commencer.
Ce constat, Maxime le partage, et pour lui, ce manque de réaction s’explique par la difficulté que les hommes de Bruno Genesio ont à manœuvrer les « blocs bas ». « Dès qu’on prend un but, forcément, les équipes en face reculent et jouent plus bas et honnêtement, on a du mal face aux blocs bas », explique-t-il, lucide sur les limites actuelles de son équipe.
Le supporter souligne pourtant que les Dogues savent se montrer plus dangereux face à des adversaires qui laissent des espaces. « Dès qu’on affronte des équipes qui jouent, ça va un peu mieux », reconnaît-il, avant de citer les atouts offensifs de cet effectif lillois « On a de la vitesse devant, avec Matias Fernandez Pardo, Igamane ou Sahraoui. » Et , pour illustrer son propos, Maxime prend l’exemple de deux rencontres de ce début de saison. « On a su débloquer les matchs contre Lorient et Metz grâce à un but rapide. Ces équipes se sont alors découvertes pour tenter d’égaliser, ce qui a permis qu’on déroule notre jeu. »
Pour Paolo, le scénario du match n’a malheureusement surpris personne. Le supporter lillois confie avoir perdu toute confiance dès l’ouverture du score strasbourgeoise. « Dès que nous sommes menés, je sais d’avance que ce sera un match perdu, lâche-t-il, fataliste. Je ne retrouve plus cette envie de renverser la situation. J’ai l’impression que nos joueurs baissent les bras immédiatement. » Un constat qui, selon lui, s’explique aussi par un manque criant de variété dans le jeu offensif. « Il n’y a jamais de changement de rythme, ni de véritables variations dans nos attaques. On joue de la même manière de la première à la 90e minute, sans jamais prendre de risques, » regrette-t-il en concluant.
Arthur s’inscrit dans la lignée de ses prédécesseurs, insistant même sur la dimension pluriannuelle et structurelle du problème. « Je pense que le manque de réaction de l’équipe est un symptôme qu’on traîne depuis quelques années. C’était déjà présent par moments sous Fonseca. » Ce manque de révolte inquiète le supporter, qui pointe un contraste entre le profil des joueurs et leur attitude. « C’est frustrant de voir qu’on est incapables de réagir lorsqu’on est menés, alors qu’on a des joueurs de caractère et des leaders censés insuffler un nouveau souffle à l’équipe pendant le match ou à la mi-temps. »
Alarmisme ou confiance ?
Chez les supporters lillois, l’alarmisme est de mise. Si des supporters s’inquiètent des derniers résultats, d’autres sont beaucoup plus intransigeants, estimant que le LOSC est en panne depuis le début de saison.
Pour Maxime, le problème du LOSC ne réside pas uniquement dans les deux dernières défaites, mais dans la tendance globale observée depuis le début de saison. « Je ne pense pas que les deux défaites d’affilée soient alarmantes en soi, mais plutôt tout le début de saison », analyse-t-il. « Quand on regarde les résultats, on voit qu’on gagne contre les faibles et qu’on perd contre les forts. Il n’y a que la victoire à Rome qui sort un peu de ce schéma. » Le supporter appelle à des changements forts dans le onze de départ. « Pour moi, il doit y avoir de gros ajustements. Giroud, Haraldsson, Matias Fernandez Pardo, Correia : grosso modo, nos quatre offensifs ne sont pas décisifs, alors que quand Sahraoui, Igamane ou même Broholm jouent, comme en Europa, il y a plus de jeu, de créativité, d’occasions. »
« Avoir une coupure de deux semaines dans ce contexte, je ne trouve pas ça idéal »
Un constat revient souvent chez lui : les remplaçants semblent plus décisifs que les titulaires. « Peu importe le onze de départ, ce sont très souvent les entrants qui font la différence. D’où ça vient, je ne sais pas, mais c’est récurrent. » Enfin, il se montre réservé quant à la trêve internationale à venir. « Beaucoup disent que ça va faire du bien, mais je ne suis pas de cet avis. On sent un gros manque d’automatismes dans l’équipe, comme si elle ne se connaissait pas. Avoir une coupure de deux semaines dans ce contexte, je ne trouve pas ça idéal.«
Le pessimisme ? Paolo laisse ce sentiment aux autres malgré cette période compliquée. « Je n’irai pas jusqu’à dire qu’on est en crise, c’est simplement une phase plus délicate, dans un calendrier très énergivore ». Le supporter lillois pointe avant tout une usure physique et mentale au sein du groupe. « J’ai l’impression que les joueurs sont fatigués, aussi bien physiquement que mentalement. La trêve arrive vraiment au meilleur moment, elle va nous éviter de tomber dans une spirale plus négative encore. »
Malgré tout, Paolo préfère voir le verre à moitié plein. « Restons positifs : nous sommes toujours bien placés en championnat et encore en course pour le top 8 en Europa League. Un peu de repos et de remise en question de la part de chacun, et on pourra repartir sur de bonnes bases après la trêve. »
Arthur, qui était présent à La Meinau, est déçu, mais il veut croire à un rebond. « Je pense que la trêve arrive au bon moment. J’espère qu’elle permettra de créer une nouvelle dynamique et de remettre les idées en place. » Le supporter veut rester lucide mais optimiste. « Malgré tout, on peut s’estimer heureux de ne pas être trop distancés au classement. Être encore cinquièmes nous permet de rester dans la course à l’Europe malgré nos récentes performances. » C’est sur une note d’espoir qu’Arthur conclut et laisse place à la trêve internationale. « Je ne suis pas confiant pour le moment, mais j’y crois toujours. L’équipe est capable de se relever et de réagir. »
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