Publié le 15 août 2023 à 08:00

Crédit Photo : Le Petit Lillois

Par - Catégories : Football, LOSC-

« Votre argent arrivera dégoulinant du sang des enfants », c’est avec ces mots forts, et par le biais d’un communiqué, que Paulo Fonseca tente de se dresser face aux vices du marché des transferts, alors que des négociations ont récemment débuté entre des formations portugaises et russes.

Le 24 février 2022 marquait le début de l’invasion russe en Ukraine. Une date qui laissera une trace indélébile dans l’esprit de Paulo Fonseca, entraîneur du LOSC, obligé de fuir la capitale du pays, Kiev, avec sa famille, après y avoir été bloqué. Le Portugais a rencontré sa femme, Katerina Ostroushko, alors qu’elle travaillait comme porte-parole de Rinat Akhmetov, propriétaire du Shakhtar Donetsk, à l’époque où le technicien était à sa tête. Ukrainienne, ce départ soudain a été un véritable déchirement pour son épouse, qui avait alors, quelques jours plus tard, tenu à écrire et diffuser un message lourd de sens : « Je parle à tous les peuples d’Europe, d’Amérique, de Russie et du monde entier. Il y a une guerre en cours en Ukraine. Ce n’est pas une « opération spéciale », mais une guerre cynique et cruelle. Les villes et les villages sont en flammes alors que les bombes tombent du ciel. […] Tant que les bombes continuent de tomber et que les Ukrainiens continuent de mourir, ce n’est pas suffisant. S’il vous plaît, nous ne voulons pas la guerre. Arrêtez cette guerre folle. Arrêtez-vous maintenant ! », déclarait elle, dans un appel à l’aide diffusé dans les colonnes du journal italien, Il Tempo, lors de ce fameux mois de février.

Plus d’un an après l’entame de ces funestes événements, rien n’a pourtant changé, à l’exception que ces conflits incessants tombent parfois dans l’anonymat, entremêlés avec d’autres sujets à débats. A son échelle, Paulo Fonseca, tente de poursuivre son combat. Intiment lié à l’Ukraine, c’est avec le cœur qu’il a récemment fait part de son indignation lorsqu’il a vu que des clubs en Europe, et notamment au Portugal, discutaient avec des formations russes sur le marché des transferts. Des négociations qu’ils dénoncent par le biais d’un communiqué et de mots particulièrement puissants : « Votre argent arrivera dégoulinant du sang des enfants qui meurent tous les jours en Ukraine. Beaucoup de ces enfants aimaient pourtant le football », lance-t-il notamment.

S’il a passé trois saisons sur le banc en Ukraine, à la tête du Shakhtar Donetsk, c’est contre le Portugal, et des clubs qu’il a entraînés par le passé comme Braga (2015-2016), qu’il s’insurge : « Au cours de la semaine, j’ai lu que Benfica, et mon SC Braga, envisageaient de vendre des joueurs à des clubs russes. […] JE NE VEUX PAS LE CROIRE. Je refuse de le faire », dénonce-t-il avant de se tourner vers des alternatives, et des formations capables de faire obstacle à ce genre de pratique.

L’exemple à suivre serait celui de Sassuolo, en Italie, qui a décliné les approches formulées par des écuries russes vis-à-vis de Rogério, latéral brésilien. Un motif d’espoir pour Paulo Fonseca, qui espère désormais que les Portugais feront de même : « Pour des raisons éthiques, le club italien a refusé d’entamer des négociations. J’étais fier de penser que ‘mon monde’ continuait d’être un exemple. Je lance donc un appel pour que Benfica et mon Braga suivent cet exemple », ajoute-t-il, tentant ainsi de lutter pour une juste cause.

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