Publié le 28 mai 2021 à 00:00

Dans un entretien exclusif réalisé par So Foot, l’économiste du sport Jérémie Bastien, analyse la situation financière du LOSC et la stabilité du club. Décryptage d’un environnement complexe et du noyau du football moderne : l’argent.
Le football est un domaine où très peu de clubs sont rentables, c’est un secteur risqué et réputé déficitaire. Toutefois, de nombreux fonds d’investissements entrent sur le marché pour faire une plus-value à la revente. Jérémie Bastien n’est donc pas surpris de voir le LOSC changer soudainement de propriétaire. Tout comme Lille, de nombreux clubs sont endettés, mais l’économiste du sport explique que la dette du club nordiste ne date pas de la période Lopez : « Attention, le problème lié à la dette du club date d’avant la période Lopez, même si ce dernier a lourdement accentué les déséquilibres financiers des Dogues. L’endettement total était déjà très élevé avant qu’il ne reprenne le club (la dette financière du club avait atteint un montant record de près de 60 millions d’euros lors de la dernière année de la présidence de Michel Seydoux, en 2016, N.D.L.R.). Ensuite, on constate effectivement une explosion de la dette sous le mandat de Lopez. Le club est confronté à un déficit qui se creuse les saisons qui suivent, avec une perte de 142 millions d’euros et une dette financière de 242 millions d’euros à l’issue de la saison 2017-2018. On observe un petit rétablissement par la suite, avec un résultat net déficitaire de 66 millions d’euros en 2018-2019, et un endettement qui diminue, autour de 200 millions d’euros au total. Ça reste néanmoins très élevé, et le LOSC fait partie des moins bons élèves de la Ligue 1 en matière d’équilibre financier. »
Le LOSC reste endetté donc, mais selon Jérémie Bastien, l’endettement fait partie du système financier des clubs de football, et les faillites restent très rares. Interrogé sur le risque de potentielle faillite du LOSC, il témoigne : « Je ne le pense pas. Les faillites sont quand même extrêmement rares dans le foot. On le sait, c’est un secteur atypique, déficitaire, ultra-endetté, et l’immense majorité des clubs ont survécu, alors qu’ils ont tous ou presque été confrontés à ce type de problématique. Je ne perçois pas de risque de faillite à court terme pour le LOSC. »






