Publié le 21 juillet 2020 à 00:00

Ils n’ont pas leur mot à dire, mais pourtant les supporters mouscronnois sont forcément impactés par le rachat de Mouscron par Lille. Comment envisagent-ils le futur de leur club de cœur ? C’est ce que nous allons voir avec François, Nicolas et Riquier, tous trois de grands supporters de l’Excel.
Les premières réactions
Globalement, les premières rumeurs concernant la reprise ont été accueillies avec optimisme du côté des supporters mouscronnois. « J’ai réagi de façon très positive par rapport aux rumeurs de rapprochement entre les deux clubs. Car je pense que Mouscron avait besoin d’une nouvelle dynamique » nous dit François, supporter depuis de nombreuses années. Car Mouscron rencontrait des problèmes pour recevoir sa licence, et Gérard Lopez, le président lillois, est arrivé avec des garanties financières. « Je pense que sans ça, Mouscron aurait pu courir à sa perte dans le sens où l’investisseur thaïlandais ne voulait plus du tout investir » explique Nicolas, bénévole depuis plus de 20 ans au club et également supporter du LOSC. « Sans son arrivée, je ne pense pas que Mouscron aurait périclité, mais je pense qu’on aurait été toujours dans la même sphère nébuleuse d’agents et que notre licence aurait toujours été en péril » rajoute Riquier, abonné de longue date, qui a même jadis travaillé comme kiné au sein du club. Certains parlaient de potentiels repreneurs anglais, mais ceux-ci ne présentaient pas l’atout d’une proximité géographique, comme le pointent François et Riquier.
Les ingrédients d’un partenariat efficace
Il est évident que les joueurs du centre de formation du LOSC auront une belle opportunité de se mettre en avant avec ce partenariat. Riquier : « C’est une belle possibilité pour eux, car jouer en nationale ce n’est pas très intéressant ». Ce partenariat pourrait également représenter une aubaine pour les jeunes pousses hurlues : « les jeunes du Futorosport ont donc maintenant deux vitrines, à savoir celle de Mouscron et peut-être même celle de Lille » ajoute le même homme. François propose même de mettre en place un schéma de jeu commun au sein des équipes premières et du centre de formation, pour faciliter l’intégration dans les deux sens.
Cependant, les supporters insistent sur un point, comme nous le montre Riquier : « Il faut garder une identité moucronnoise, ça c’est important ! ». « La seule erreur que Lille a faite lors du premier partenariat, c’est d’aller envoyer l’équipe première s’entraîner à Luchin. C’est ce qui a créé la tension avec les supporters. Cette fois-ci, le LOSC devrait laisser l’équipe première s’entraîner à Mouscron pour que les supporters puissent s’identifier plus à leur équipe » insiste Nicolas.
Car mis à part ce problème d’identité, le premier partenariat s’était plutôt bien déroulé : nos interlocuteurs ayant tous les trois mentionné l’aide précieuse du LOSC pour l’accession en D1 et le prêt de très bons joueurs, comme Abdoulaye Diaby et Anice Badri.
« De même, Mouscron ne doit pas être un club de transit. Il faudra aussi veiller à garder une place aux jeunes du Futurosport au sein de l’effectif ainsi qu’à des joueurs qui connaissent bien la D1 belge. Ce sont des éléments dont le partenariat précédent n’avait pas pu tirer le maximum » estime François. Riquier met le doigt là-dessus également : « je crois que c’est important aussi de pouvoir trouver la bonne balance entre le nombre de joueurs français et le nombre de belges. »
Un futur intérêt pour le LOSC ?
Si les supporters mouscronnois s’intéressent plus que logiquement à leur club, la question est de savoir s’ils pourraient également se tourner dorénavant vers Lille. De son côté, Riquier s’est intéressé au mercato lillois et aux joueurs qu’ils pourraient prêter à Mouscron. D’autres pourraient même à terme venir garnir les tribunes lilloises, à l’image de Nicolas, qui suivait déjà les Dogues : « Je me suis déjà rendu à Grimonprez, au Stadium et plus récemment au Stade Pierre-Mauroy. Déjà avant le rachat je suivais le LOSC. Mouscron et le LOSC, ce sont mes deux clubs de cœur ». Attention cependant à ne pas dégarnir les tribunes du Canonnier, déjà peu remplies. « Et si ce rachat pouvait aussi apporter un public, ça serait pas mal. Car à Mouscron, le public manque, et c’est dommage ». « Il est important également de développer une image positive de façon à garnir le stade qui s’est vidé en partie à la fin de la première période lilloise », concluent Riquier puis François.






