Publié le 3 février 2026 à 12:19

Crédit Photo : Le Petit Lillois / Quentin Delcourt
Le LOSC sort du mercato d’hiver sans s’être attaché les services d’un buteur, ce qui semblait pourtant être la priorité pour son entraîneur, Bruno Genesio. Si cela nous donne l’impression d’un retour dans le passé, les Dogues n’ont pas le temps de s’apitoyer sur leur sort. Des solutions vont tout de même devoir être trouvées.
Le contexte lillois est particulièrement défavorable en ce début d’année 2026. Après une très belle série de novembre à décembre (6 victoires en 7 matchs), même si certaines copies rendues n’étaient pas brillantes, son mois de janvier a été marqué par une série de blessures importantes — Hamza Igamane (ligaments croisés, fin de saison), Thomas Meunier (ischio-jambiers, 1 mois), Nabil Bentaleb (clavicule), Osame Sahraoui (pubalgie, au moins 2 mois), Ethan Mbappé (ischio-jambiers, potentielle fin de saison) — qui ont considérablement réduit les options dont pouvaient jusqu’ici disposer Bruno Genesio, que ce soit en quantité ou en qualité.
Additionnés à la Coupe d’Afrique des Nations, qui a privé la défense nordiste de son leader (Aïssa Mandi) ou poussé les Lillois à réaliser des choix moins judicieux que d’autres (les titularisations précoces, par exemple, d’Alexsandro), ces manques ont évidemment eu des conséquences sur le terrain. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Lille reste sur une séquence inquiétante avec six défaites lors de ses sept derniers matchs, une spirale négative qui s’est accompagnée de grosses difficultés offensives : seulement quatre buts inscrits sur cette période, contre quatorze encaissés. Au-delà des résultats, c’est l’impression d’impuissance qui frappe. Le LOSC reste séduisant dans son pressing, dans ses ressorties (notamment depuis le retour de Benjamin André), mais crée moins, pèse moins, et semble devoir dépendre d’exploits isolés pour exister offensivement dans les trente derniers mètres. Le hic est que ses individualités, en cruel manque de confiance, n’arrivent plus à réaliser ce genre de différences.
Dans ce contexte, le marché hivernal des transferts pouvait être un levier correctif, ce qui ne semble, sur le papier, pas avoir été totalement le cas. Il s’est refermé ce lundi 02 février (20 heures) sur un constat brutal : le LOSC n’a pas été capable de recruter le moindre buteur.
Besoin identifié… besoin non satisfait
Bruno Genesio n’a de son côté jamais entretenu le flou. À chacune de ses conférences de presse, le message était clair : le recrutement d’un buteur constituait une nécessité pour pallier l’absence longue durée de Hamza Igamane, qui était initialement censé être ton homme fort après 6 premiers mois d’adaptation plus que prometteurs.
Ces prises de parole rappelaient inévitablement celles de Paulo Fonseca entre 2022 et 2024 : même diagnostic, même attente, même frustration latente. À l’époque déjà, le technicien portugais insistait sur le besoin d’un renfort offensif pour équilibrer un collectif qui s’appuyait trop sur Jonathan David, atout majeur dont ne dispose plus Bruno Genesio cette saison. L’histoire semble ainsi se répéter, comme si le LOSC était coincé dans une boucle après avoir pourtant rectifié le tir l’été dernier : Olivier Giroud et Hamza Igamane, une belle doublette, avaient été enrôlés.
Une impression de déjà-vu
Le LOSC semble ainsi avoir fait un retour en arrière, vers une époque où Jonathan David était le seul capable d’occuper durablement la pointe de l’attaque. Cette responsabilité repose aujourd’hui sur Olivier Giroud. La comparaison ne tient cependant qu’au poste. À 39 ans, l’attaquant français possède des statistiques avec 7 buts en 28 matchs, un apport honorable mais insuffisant pour porter à lui seul le poids de l’attaque lilloise. Cela n’était d’ailleurs pas le but recherché derrière son arrivée, puisqu’il n’offre pas la régularité physique ni la capacité d’enchaînement que symbolisait Jonathan David (logique).
Le LOSC le savait, mais malgré son activité sur le marché, n’a pas été capable de dénicher une alternative crédible au vétéran tricolore. Olivier Giroud est ainsi le numéro 1, au sommet de la hiérarchie des buteurs lillois ensuite constituée de Matias Fernandez-Pardo, plutôt considéré comme un ailier gauche, et Soriba Diaoune, jeune joueur du centre de formation.
Responsabilité partagée, des solutions à inventer
L’absence de recrutement met en lumière les limites du LOSC sur le marché des transferts. Certaines lui sont imputables : manque d’anticipation, marges financières réduites. D’autres relèvent du contexte inhérent à un mercato hivernal : un club affaibli par les blessures et le besoin d’un n°1, des prix qui flambent à l’approche de la deadline, des formations réticentes à céder leurs attaquants à mi-saison… Ces contraintes ne peuvent cependant pas tout expliquer, puisque d’autres formations en France ont réussi à s’attacher les services de buteurs (que leur profil colle ou non au LOSC n’est pas la question) : Ciro Immobile au Paris FC, Endrick à l’OL, Elye Wahi à l’OGC Nice, Jacen Russell-Rowe au Toulouse FC…
Pour autant, réduire les difficultés offensives du LOSC à la seule absence d’un numéro 9 serait simpliste. Un attaquant, aussi performant soit-il, n’aurait pas tout réglé. Le malaise est plus profond. Il concerne l’animation offensive dans sa globalité, la confiance collective, la capacité à se projeter avec justesse. À ce titre, le staff lillois — entraîneur compris — doit désormais trouver des solutions internes, envisager des ajustements tactiques, redistribuer les responsabilités… Sa direction apporte malgré tout de la fraîcheur à son effectif avec les arrivées de deux ailiers droits, l’un à potentiel (Noah Edjouma) quand l’autre, Gaëtan Perrin, peut apparaître comme une valeur sûre après une saison 2024-2025 sous le signe de la maturité (10 buts et 11 passes décisives).
Là encore, l’exemple lyonnais (cité précédemment avec le cas Endrick) rappelle qu’il est possible de performer plusieurs mois sans véritable attaquant de métier (Corentin Tolisso a longtemps occupé une position de faux n°9). Ce n’est pas l’idéal, mais c’est possible. Il faut s’adapter.
Le LOSC n’a pas recruté de buteur. C’est le constat. Reste désormais à déterminer, ce que le temps fera, si cette absence sera compensée par l’ingéniosité collective… ou si elle s’imposera comme l’un des tournants négatifs de la saison lilloise. Celle-ci reprend de plus belle dès vendredi avec le déplacement du LOSC à Metz, une belle opportunité pour repartir de l’avant.






