Publié le 30 septembre 2026 à 19:46

Photo by Matt McNulty/Getty Images
Manchester City a été reconnu coupable de 114 infractions financières aux règles de la Premier League. Le nouveau club d’Ayyoub Bouaddi (ex-LOSC) devrait sans doute faire appel, mais il s’expose à de lourdes sanctions.
C’est le média britannique The Athletic qui a révélé que 114 des 115 accusations portant sur des infractions aux règles de la Premier League ont été retenues. Un véritable séisme sur la planète football. Le départ de feu provient du journal allemand Der Spiegel, qui a révélé en 2018 des documents financiers confidentiels du club. Le club avait alors été sanctionné à hauteur de 30M€, mais le Tribunal arbitral du sport (TAS) avait accepté son appel et allégé la sanction à 10M€.
De quoi s’agit-il ?
Concrètement, Manchester City est accusé de plusieurs choses. Premièrement, d’avoir artificiellement gonflé les recettes du club pour contourner le fair-play financier. En effet, les clubs de Premier League sont autorisés à afficher un déficit de 105 millions de livres sur une période de trois ans, soit à peu près 40M€ par an. Le club, dirigé par des Emiratis, a donc surfacturé les revenus de ses sponsors pour masquer l’argent injecté par les propriétaires.
Le deuxième type d’infraction concerne la rémunération de salariés en dehors des circuits prévus par la Premier League. L’exemple de Roberto Mancini est cité : le coach italien avait un contrat de consultant avec le club d’Al Jazira, pour lequel il devait travailler quatre jours par an et touchait 2M£, en plus des 2M£ versés pour son poste d’entraîneur de Manchester City. Ainsi, la masse salariale du club était nettement diminuée, ce qui permettait d’annoncer des déficits plus faibles et de contourner le fair-play financier.
Le dernier chef d’inculpation est de ne pas avoir coopéré avec la Premier League lors de cette enquête. En ne livrant pas les documents demandés par les instances du football anglais et européen, ce pour quoi le club avait déjà été sanctionné par le TAS en 2020, Manchester City conclut une longue série d’infractions.
Le détail des 115 infractions initiales :
- 54 pour ne pas avoir fourni d’informations financières, de 2009 à 2018 ;
- 14 pour ne pas avoir détaillé les versements des salaires des joueurs et entraîneurs, sur la même période ;
- 5 pour avoir enfreint des règles de l’UEFA, de 2013 à 2018 ;
- 7 pour avoir enfreint des règles de la Premier League sur la « rentabilité et la durabilité », de 2015 à 2018 ;
- 35 pour ne pas avoir coopéré avec les enquêteurs, de 2018 à 2023.
Quelles sanctions pour le club ?
Manchester City s’expose à de lourdes sanctions financières et sportives, allant du simple rappel à l’ordre à l’exclusion de la Premier League, en passant par des retraits de points, des amendes et le retrait des titres gagnés sur la période. En effet, City a beaucoup gagné sur cette période : trois Premier League, deux FA Cup, quatre League Cup et un Community Shield.
Par ailleurs, les autres clubs de Premier League, ou ayant évolué en première division anglaise de 2009 à 2018, réclament des dommages et intérêts : ceux qui ont respecté les règles sur cette période estiment subir un manque à gagner. Rio Ferdinand et David De Gea aimeraient récupérer le titre de champion d’Angleterre 2011-2012, saison où Manchester United avait terminé juste derrière son rival, Manchester City. À cette heure, le club attend toujours la décision sur ses sanctions et pourra faire appel. De son côté, Ayyoub Bouaddi continue d’éclabousser de son talent sur les terrains, en attendant les sanctions définitives de son club.






