Publié le 11 mai 2026 à 12:48

Nathan Ngoy, Ngal'ayel Mukau et Félix Correia posent avec le Bâton de Bourbotte dans le vestiaire lillois après AS Monaco - LOSC.

Crédit Photo : LOSC Médias

Par - Catégories : Football, LOSC-

Tenter de vous faire rentrer dans les coulisses, voici l’objectif de cette rubrique qui perdure autour du LOSC. Le Petit Lillois vous liste ainsi les choses que vous n’avez peut-être pas vues au stade ou à la télévision lors de la victoire lilloise (0-1) à Monaco.

Un périple à Monaco, c’est toute une organisation, encore plus lorsque prendre l’avion nous paraît ubuesque pour aller d’un bout à l’autre de la France, ou presque. Le transport fait néanmoins partie du voyage et il apporte souvent son lot de belles anecdotes.

Ce périple, il s’est, celui-ci, déroulé sous le signe de l’innocence. Celle de jeunes enfants qui animaient par leurs cris et leurs voix des wagons remplis de fans du grand écran, tous prêts en avance pour descendre rapidement à Cannes et assister à la 79e édition de son festival (du 12 au 23 mai). Du feutre sur le visage, une hache en mousse dans la main, une batterie de console épuisée ou encore de petites remontrances – « Dis maman, on pourra sortir un peu quand on sera à la maison » – sous le regard étonné autant qu’amusé d’une jeune mère, les préoccupations n’étaient pas les mêmes pour cette jeunesse.

Sans elle, le trajet aurait été bien plus long, bien moins joyeux, d’autant plus quand c’est la pluie niçoise, une nouvelle fois, qui vous accueille à bras ouverts à votre arrivée. Le Rocher aura heureusement été bien plus chaleureux, surtout avec les trois points de la victoire (0-1) et le podium pour présents luxueux.

Un avant-match à hommages

Débarquer dans l’enceinte du Stade Louis-II, voilà qui est loin d’être une tâche complexe. Oubliez les bouchons habituels aux alentours de la Decathlon Arena – Stade Pierre-Mauroy, que ce soit en voiture ou lors de queues parfois interminables à ses entrées, vous n’aurez besoin que d’une poignée de minutes pour atteindre votre siège. Tout paraissait si calme aux alentours, à tel point que supporters lillois et monégasques pouvaient se mélanger sans souci. Certains des premiers nommés ont ainsi eu tout le loisir d’attendre le bus des joueurs du LOSC, qu’ils ont, on l’espère, réussi à saluer.

Des salutations aux félicitations, il n’y avait qu’un pas des Lillois aux Monégasques, eux qui ont rendu hommage à Yaya Touré, ancien de la maison (30 matchs lors de la saison 2006-2007) qui aura donné le coup d’envoi fictif de la rencontre, ainsi qu’à Karim Rmaiti et Marwan Chahhou, vainqueurs de l’eLigue 1 pour le compte du club de la Principauté.

Ces succès n’ont néanmoins pas inspiré les hommes de Sébastien Pocognoli, maîtrisés pendant l’ensemble du match par le pressing imposé par le LOSC. Les Dogues étaient portés par une énergie, qu’ils n’ont jamais été capables de museler. Cet état de fait a eu le don d’agacer le public monégasque. Des noms d’oiseaux finissaient par fuser des tribunes lors des dernières minutes, jusqu’à ce que les sifflets pleuvent à l’encontre du collectif au coup de sifflet final. L’AS Monaco s’était incliné (0-1) et même sans avoir suivi la rencontre, il était ainsi aisément possible de le comprendre.

De la distance avec Félix Correia

L’ambiance était bien différente dans le parcage lillois, garni de 400 supporters particulièrement bruyants. Ces derniers ont largement su se faire entendre, et ce, de la première à la dernière minute. Malgré la victoire, la joie s’exprimait d’abord de façon retenue, cachée par une certaine tension. Les yeux étaient rivés sur Toulouse, là où l’Olympique Lyonnais tombait (2-1) à la surprise générale. C’est là, lorsque la victoire des Violets était assurée, que les Lillois pouvaient exulter.

Ils ont, avec le parcage visiteurs, fêté cette victoire comme il se doit. Tous ? Pas vraiment. Conspué par les supporters lillois une semaine plus tôt, lors du nul (1-1) concédé face au Havre AC à Pierre-Mauroy, Félix Correia était d’abord à l’écart. Ce n’est qu’à la fin des célébrations qu’il s’approchait pour applaudir quelques instants. Benjamin André percevait ce malaise et prenait le Portugais sous son aile jusqu’aux vestiaires. Il a sans doute tout fait, on ne peut que le supposer, pour le réconforter.

Le dédale monégasque

Le Stade Louis-II, enceinte dont une partie est actuellement en rénovation (la première phase des travaux doit s’achever pour les Jeux des Petits Etats d’Europe en mai 2027, le tout, ce sera pour 2035), accueille l’AS Monaco depuis le 25 janvier 1985, ce qui se ressent dans la disposition de ses aménagements. Outre le fait que ses coulisses s’apparentent aux couloirs d’un hôpital, le défi au coup de sifflet final est de ne surtout pas se perdre dans ce dédale.

Pour atteindre la zone mixte, littéralement installée dans un escalier, et la salle de conférence de presse, disposée tout en longueur, comptez cinq bonnes minutes de marche si votre sens de l’orientation est parfaitement aiguisée, plus du double si vous manquez un changement de direction. Comment s’y retrouver ? Suivre les plus expérimentés, les habitués du coin et donc, en quelque sorte, parier sur le bon cheval.

Le LOSC en joie, conséquence directe d’un succès retentissant, ses hommes prenaient logiquement leur temps pour le fêter dignement. Thomas Meunier, presque buteur, était à l’honneur pour entonner le cri de guerre au cœur du vestiaire lillois, là où les Dogues ont une nouvelle fois pu poser avec le fameux Bâton de Bourbotte, conservé depuis la victoire empochée sur le Paris FC (0-1).

Deux salles, deux ambiances

Dans l’attente d’une première individualité, ce sont les médias locaux qui ont été servis. Lukáš Hrádecký, portier monégasque, faisait son apparition. L’air abattu, il enchaînait les déclarations cinglantes les unes après les autres, dont voici un petit florilège.

« Le match de ce soir nous a montré que nous n’avions pas notre place en Ligue des Champions. […] Je ne sais pas si c’est un manque de qualité individuelle, mais nous n’avons pas été assez forts. […] Une sixième ou septième place, ce n’est pas pour ça que je suis venu jouer ici », déclarait-il par exemple avec une voix forte. Celle-ci portait loin, dans tous les couloirs aux alentours, jusqu’à faire sourire Thomas Meunier à son arrivée et gêner quelque peu certains enregistrements.

Gênée ? C’est surtout la cellule de communication de l’AS Monaco qui l’était, en difficulté au moment de retranscrire les propos de leur gardien sur leur site officiel. Il fallait sélectionner avec minutie les bonnes déclarations, tout en évitant les punchlines trop salées. Les Monégasques passaient ensuite un à un devant les journalistes, la tête basse, sans jamais leur adresser ne serait-ce qu’un seul regard. L’ambiance était pesante chez les locaux et on comprend bien le pourquoi du comment.

Dans l’autre camp, c’est avec le sourire que Thomas Meunier débarquait en zone mixte. Il n’avait même pas besoin de dévaler les escaliers que les Nordistes l’attendaient au pied levé sur un étage surélevé, Lukáš Hrádecký en contrebas. Le Belge a d’abord salué d’une poignée de main les journalistes qu’il a pris l’habitude de côtoyer depuis deux ans, avant de débriefer pendant près de six minutes les 90 écoulées sur les deux dernières heures.

Thomas Meunier représentait le vestiaire lillois, plus réticent ensuite à s’arrêter. Romain Perraud, Thomas Sajous (troisième avec l’équipe A en Ligue 1, premier avec l’équipe réserve en National 3) et Gaëtan Perrin échangeaient très brièvement avec les visages connus, le dernier nommé pleinement satisfait de sa rentrée et de sa « belle » passe décisive, quand les autres défilaient un à un. C’est finalement Ngal’ayel Mukau qui cédait, répondant au tac au tac, de façon brève et concise, aux interrogations de ses interlocuteurs. Les retardataires valorisaient ensuite un timing serré pour s’enfuir rapidement loin des caméras. Une excuse qui fonctionne toujours.

Des contraintes logistiques

Le retard, ce sont les équipes en charge de la logistique qui devaient absolument l’éviter. Habituées à trimballer des caisses du vestiaire aux bus, elles devaient cette fois-ci manœuvrer avec une difficulté supplémentaire : des escaliers bien raides. Chaque individualité était ainsi mobilisée, à l’exception près des dirigeants et des joueurs.

Aïssa Mandi a bien tenté de leur apporter un coup de main, insistant à deux reprises sans qu’on ne lui donne néanmoins l’autorisation de conclure sa soirée par un ultime effort. L’international algérien se doit d’être au top de sa forme dans une semaine, lors de la réception de l’AJ Auxerre (dimanche, 21h) dans le cadre de la trente-quatrième et dernière journée de Ligue 1. Le LOSC aura bien besoin de tous ses tauliers.

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