Publié le 3 janvier 2020 à 20:48

Crédit Photo : Le Petit Lillois
La reprise approche, le LOSC va affronter dès dimanche (14h15) l’Union Sportive Raonnaise à l’occasion des 32èmes de finale de la Coupe de France. C’est donc l’occasion de se replonger dans un 32ème de finale cocasse, face à Colmar, il y a exactement dix ans.
Un report tardif pour débuter la décennie
La première rencontre lilloise de la décennie devait se jouer dès le week-end du 9 et 10 janvier 2010, comme tous les autres 32èmes de finale de cette 93ème édition de Coupe de France. Néanmoins, les conditions météorologiques faisaient craindre un report et malgré les alertes des dirigeants lillois, la FFF resta silencieuse, ce qui obligea la délégation losciste à se déplacer dans le Haut-Rhin. Malheureusement, comme pressenti, la neige empêchera la rencontre de se tenir, et les joueurs firent donc un voyage inutile de 24h, et ont été contraints de passer par les aéroports de Zurich à l’aller et de Mulhouse au retour.
Devant ce manque de réactivité des instances (8 rencontres sur 32 finalement reportées ce week-end là), Frédéric Paquet, directeur général du LOSC de 2009 à 2015 dira : « On veut que la Coupe de France soit respectée, il faut que les organisateurs en fasse quelque chose de respectable ». Michel Seydoux devra d’ailleurs s’excuser (à sa manière) devant la commission d’éthique : « si on ne peut plus rien dire, on est dans un régime stalinien »
Une équipe B envoyée fin janvier
La rencontre est finalement remise au samedi 23 janvier, calée entre un match de championnat face au FC Sochaux et un quart de finale de Coupe de la Ligue au Vélodrome de Marseille. Le SR Colmar joue alors les premiers rôles en CFA, dans le même groupe que la réserve du LOSC. Les deux équipes se sont affrontées à l’automne 2009 (LOSC B 1-1 Colmar).
Les lillois sont encore en lice dans quatre compétitions (Championnat, Coupe de la Ligue, Coupe de France et Europa League) et quelques joueurs africains sont à la CAN (Aubameyang, Chedjou, Gervinho). Afin de ménager ses troupes, Rudi Garcia fait alors le choix d’emmener une équipe bis pour ce deuxième voyage à Colmar. Et choisit de donner une chance à plusieurs nouveaux visages. Dans le onze de départ, qui ne pèse que 22 ans de moyenne d’âge, plus de la moitié n’a pas encore cinq matchs professionnels dans les jambes : Pape Souaré, Idrissa Gueye ou Jonathan Rivierez n’ont jamais porté le maillot lillois avec l’équipe première (le dernier listé ne le reportera d’ailleurs pas), Yannis Salibur ne compte qu’un match de Coupe de France jouée la saison précédente, Arnaud Souquet deux bouts de matchs et Jerry Vandam cinq. Larsen Touré ou Ludovic Butelle, chacun une vingtaine de matchs avec Lille, et Robert Vittek font figures d’anciens. Tout comme Obraniak (120 matchs à ce moment là), et Stéphane Dumont (capitaine du jour, qui culmine à plus de 150 rencontres).
Sur le banc des remplaçants, pas de Landreau, Rami, Balmont, Cabaye, Mavuba ou Frau… puisque s’assiéront sur le bord du terrain : Barel Mouko, Mathieu Debuchy, Matthieu Sauvage, Marko Maric, Eden Hazard, Emil Lyng et Tulio De Melo. Lucas Digne, à peine 16 ans, est aussi convoqué mais sera 19e homme.
La composition lilloise du jour :

Un match (vraiment) nul
La rencontre accouche d’un score nul et vierge au bout des 90 minutes réglementaires et des 30 minutes de prolongation. Pourtant l’attaque lilloise a enflammé le mois de décembre (3.8 buts/match sur les 5 dernières journées en 2009). La présence de De Melo ou Hazard entrés en jeu, cumulée à la réduction à dix des amateurs dès la 93e minute (expulsion de Cédric Faivre pour une tentative de but avec l’aide de la main) auraient dû permettre aux pensionnaires de Ligue 1 de faire la différence. Pourtant ce sont bien les jeunes professionnels qui vont se faire sortir dès leur entrée en lice.
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Les amateurs ont fait leur match, et c’est d’ailleurs les plus expérimentés qui vont flancher lors d’une séance de tirs au but interminable. Une séance de 22 tirs qui aura d’ailleurs obligé les deux gardiens à tirer (Ludovic Butelle a marqué). C’est l’attaquant vedette, Tulio De Melo qui est coupable du premier échec lillois (frappe stoppée). Puis Stéphane Dumont, qui avait pourtant réussi sa première tentative, voit sa deuxième terminer sur le poteau à 9-9, permettant alors à Colmar de l’emporter dans la foulée (10-9 sur un dernier essai de Mezriche).
A l’inverse Rivierez, Souaré, Gueye et Souquet, les 4 novices avaient tous marqués. Rudi Garcia, qui a clairement favorisé la suite en championnat, estime que « ce genre de résultat fait partie de la Coupe. On a peut-être manqué de maîtrise pour passer sur les côtés mais je ne peux pas en demander trop à mes jeunes joueurs. Après, les tirs au but, c’est de la loterie. Je n’ai pas pu aligner la vraie équipe parce que les échéances sont proches »
Colmar sera finalement éliminé 4 jours plus tard en 16ème de finale, face à l’USBCO de Boulogne (pensionnaire de Ligue 1 en 2010).
Une revanche dès la saison suivante
Le LOSC ne mettra pas longtemps à se remettre de cette élimination prématurée. Dès la saison suivante, les lillois réparent une anomalie vieille de 56 ans et remportent la sixième Coupe de France de leur histoire. Souhaitons que la 7e intervienne rapidement.
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Rédacteur : Matt.G






